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Ajaccio : mille personnes défilent pour dire non à la violence faite aux femmes


Rédigé par Vincent Marcelli le Dimanche 10 Mars 2019 à 18:11

A l'appel de Mylène Jacquet, responsable de l'Association "Savannah" et de l'antenne locale de "Femmes Solidaires", un millier de personnes, parmi lesquels de nombreux élus, ont défilé en fin d'après-midi à Ajaccio en soutien à Julie Douib, assassinée par son ex-compagnon le Week-end dernier à Isula Rossa. Parti de la Place Foch, le cortège s'est rendu devant le banc rouge situé aux abords du lycée Laetitia et inauguré en novembre 2017 en mémoire des femmes victimes de violence. Après deux discours particulièrement émouvants de Mylène Jacquet et Mattea Casalta, élue territoriale, demandant plus de mesures et de fermeté de la part du Gouvernement, la manifestation s'est dissipée dans le calme




(Photo Michel Luccioni)
(Photo Michel Luccioni)
Un millier de personnes massées sur la place Foch. Quelques dizaines de roses blanches dans la main, de nombreux élus parmi lesquels Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio, accompagné d'adjoints (François Filoni, Isabelle Feliciaggi…), Jean-Jacques Ferrara, député de la 1ère circonscription d'Ajaccio mais aussi des maires et/ou élus de la Collectivité de Corse (Pierre Poli, Jean-Baptiste Luccioni, Mattea Casalta, Romain Colonna, Catherine Riera), des responsables d'association (Laetitia Cucchi présidente d'Inseme), des Ajacciens...Il y avait foule vers dix-sept heures au cœur d'Ajaccio et à l'appel de Mylène Jacquet, présidente de l'association "Savannah", laquelle s'était mobilisée après le drame d'Isula Rossa la semaine dernière. "On aurait souhaité un peu plus de monde, souligne-t-elle, mais je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont répondu présent. Notamment les élus car il est important que le message soit relayé pour qu'il remonte au plus haut sommet de l'Etat." 

Le gouvernement pointé du doigt
Arborant deux bannières, l'une marquée d'un "Stop à la violence faite aux femmes, dénonçons et agissons" avec la photo de Julie Douib sur les côtés, l'autre de l'inscription "Quitter un homme violent est aussi dangereux que de vivre avec. Julie en est la preuve. Il faut protéger ces femmes en danger", Mylène Jacquet et quelques autre femmes ont précédé le cortège qui a pris le chemin de la rue Fesch avant de monter l'avenue Pasquale Paoli puis l'avenue Beverini pour se retrouver, symboliquement devant le banc rouge situé aux abords du lycée Laetitia et inauguré en novembre 2017 à la mémoire des femmes victimes de violence.
Avec émotion, Mylène Jacquet a pris la parole: "Ce qui est arrivé la semaine dernière est intolérable, inconcevable. Ensemble, nous devons dire non et stop à cette escalade de la violence. Cette marche est une communion et un soutien envers cette famille meurtrie à jamais.  Personne ne pourra imaginer l'ampleur de leur souffrance autant que ceux qui l'on vécue eux-mêmes. Ce drame me ramène au 1er mai 2016  et au décès de ma fille Savannah. J'au aussi une pensée pour Julie, Joannah, Jennifer, Frédérique, toutes décédées dans des conditions similaires sur cette terre corse…"

Une plus grande fermeté
C'est avec la même émotion et un appel au gouvernement que l'élue territoriale Mattea Casalta s'est, elle aussi, adressée à la foule: "Il n'y a  pas de mots pour traduire à quel point nous sommes tous traumatisés, c'est choquant, pour un pays tel que la France, le pays des Droits de l'Homme, un pays qui dédie généreusement une journée aux droits de la femme et qui n'entend pas l'une d'entre elle qui a eu le courage de parler et de dire autour d'elle, à la police, ce qu'elle vivait. Et pourtant, on en est arrivé là. Une femme est morte. Tous les jours des femmes sont battues. Peu importe le nombre. Il n'y en aurait qu'une, ce serait une de trop. Au sein de la Collectivité de Corse, nous travaillons pour faire en sorte que l'on entende le cri de ces femmes…On respecte toutes les femmes et ici plus qu'ailleurs.  "
Deux discours poignants mais une plus grande fermeté et la volonté, cette fois, celle d'aller de l'avant et de faire remonter cette colère jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.
A cet effet, Mattea Casalta a évoqué la motion déposée par Pierre Poli et relative  à la création  d'un observatoire des violences faites aux femmes, une motion votée à l'unanimité au sein de l'hémicycle… "Le départ de quelque chose de plus fort. L'Etat doit se remettre en questions et il faut  que la police ait un autre regard sur les femmes…."
De son côté, Mylène Jacquet a énuméré toutes les propositions qui seront soumises à l'approbation d'élus, citoyens et personnalités de la vie civile afin qu'elles soient transmises à Marlène Schiappa, Secrétaire d'Etat en charge de l'égalité entre les hommes et les femmes: 


Prise en compte immédiate et efficace par la police et la justice, de la parole des femmes victimes de violence, mise en place de modules spécifiques sur la gestion de ces violences dans la formation des métiers de la sécurité, mise en place d'une éducation non violente et on sexiste par une formation spécifique des enseignants, arsenal répressif plus important envers les agresseurs et augmentation des hébergements d'urgence…
Au-delà des marches silencieuses et autres hommages au demeurant indispensables, la nécessité de durcir le ton et de monter d'un cran dans les revendications, semble s'imposer...
Pour que ce fléau cesse. Enfin...




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