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Ajaccio : « La manière noire », trois expressions pour un dessein commun


Rédigé par Antoine Astima le Jeudi 10 Novembre 2016 à 22:39 | Modifié le Vendredi 11 Novembre 2016 - 00:47


Mario Sepulcre, Jean Corti et André Subrero, trois artistes peintres renommés ont donné ce jeudi à l’espace Locu Teatrale, sur fond, justement, de présentation théâtralisée, les trois coups d’une exposition qui va se dérouler jusqu’au 29 novembre. Le thème « la manière noire » y est évoqué à travers un parcours de 22 toiles (un hasard ?) allant de l’abstrait au figuratif. Un vernissage particulièrement réussi…


Malgré le froid et les interminables embouteillages, le public avait répondu présent, ce jeudi soir pour le vernissage de l’exposition baptisée « La manière noire », dans les locaux de l’espace culturel « Locu Teatrale ». Parents, amis, passionnés d’art pictural ou curieux ont été servis. En guise de préambule, un « scénario » concocté par le trio d’artistes peintres, des textes lus par Marianna Nativi précédés d’un chant empruntée à la mélodie « Senti Figliolu » et modelé de façon à coller au thème. Sur un fond d’obscurité, on entendra, ainsi, évoquer le thème du noir sous différents aspects : la mystique chrétienne, le shivaïsme, le Soufisme, l’Hermétisme, la pensée grecque, égyptienne et jusqu’à la Science « Un trou noir est la porte vers un autre Univers (Stephen Hawking). Au chapitre des auteurs, nous citerons Saint-Jean de la Croix, Saint-Augustin, Kabir (« l’artiste révèle l’âme suprême partout où s’attache l’esprit »). Un chevalet, une main qui s’amuse sur une toile vierge, et là où les mots inspirent l’écrivain, les notes le musicien, le langage des couleurs  inonde d’une beauté ineffable le peintre.
A la baguette, ou plutôt au pinceau, trois artistes au parcours différent :
Jean Corti, peintre-décorateur spécialisé dans la restauration et les peintures murales. Un artiste issu de la famille (et de la fibre) Bassoul, du vieil Ajaccio. Il a choisi, par désir de créativité, de s’orienter vers la peinture et a travaillé à Strasbourg, Fréjus, Novella, San Lurenzu,  Quercitella, Mosoléo, Afà. Jean Corti se caractérise par l’abstrait même s’il considère le terme comme un grand mot. « De Staël disait qu’il n’existe pas de peinture abstraite, ironise-t-il.
André Subrero. Connu pour sa passion pour la course à pied, le vélo…et la cueillette des champignons, il l’est tout autant, et c’est même là qu’il excelle le mieux, pour l’art pictural qu’il pratique depuis plus de 40 ans. La rencontre avec Toussaint Mufraggi, en 2000, lui permet de franchir un palier important. « J’ai compris l’univers de l’art… » André Subrero a exposé à Ajaccio, Bastia et dans quelques villes de Corse. En 2010, il a remporté l’un des prix du concours des peintres amateurs. Il définit sa peinture comme « expressive de l’âme humaine dans son universalité. »
Mario Sepulcre. Le maitre des lieux peint, lui, depuis 35 ans. Fresquiste renommé, il a travaillé en Italie, Espagne, Allemagne, Canada, France mais aussi dans l’île (Murzu, Ajaccio, Ulmetu, Curbara, Poggio d’Oletta…). Spécialisé dans le figuratif, Mario, également chanteur polyphonique de talent, travaille sur la renaissance occidentale et la tradition des maîtres anciens. Son art laisse toutefois apparaître une importante dimension spirituelle « dans une réflexion universelle » insiste-t-il.

Universalité et Lumière

C’est à partir de cette universalité que les trois artistes, qui ont déjà exposé ensemble, ont décidé, sur les conseils de Mario, de proposer un thème commun : « la manière noire ». « Une technique de gravure où l’on part du noir absolu pour aller chercher les clairs et la lumière. »
L’exposition part des peintures abstraites de Jean Corti, se poursuivent d’un personnage et d’une toile qui lui est liée, d’André Subrero sur un thème emprunt de spiritualité, et se termine par les citrons et les draps de Mario Sepulcre sur fond noir, dans une approche plus figurative. Trois expressions pour exprimer la part identique du Divin qui est en chacun de nous. L’aspect théâtral initié par Marianna Nativi aura contribué à placer le public en situation de « voir » plutôt que de regarder. Une exposition qui vaut très largement le détour. Ne serait-ce que par ce qu’elle interpelle en nous…




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