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Ajaccio : Jean-François Bernardini, apôtre de la non-violence aux Jardins de l’Empereur


Rédigé par Vincent Marcelli le Lundi 5 Février 2018 à 20:14 | Modifié le Lundi 5 Février 2018 - 22:30


Le leader du groupe « I Muvrini » et de la fondation Umani a répondu à l’invitation de la médiathèque des Jardins de l’Empereur samedi 3 février au soir pour donner une conférence d’une heure et demie sur la non-violence. Avec le charisme qu’on lui connaît, le chanteur a su convaincre un public très attentif à ses propos…


« La violence n’est pas une fatalité. »
C’est à partir des ces mots que Jean-François Bernardini a donné le ton, samedi soir, de la conférence donnée à la Médiathèque des Jardins de l’Empereur à Ajaccio. A partir de sa propre expérience de Taglincu, évoquant, tour à tour la sagesse populaire de nos anciens « Hè megliu à more chè tumbà » ou les rencontres qu’il effectue depuis maintenant près d’une dizaine d’années, il a présenté la non-violence, non pas comme une fatalité, un manque de courage face à l’acte mais au contraire une résistance sans violence marquée par la maîtrise de soi, le contrôle de ses émotions et une autre réponse que la violence, qu’elle soit d’ordre physique, morale ou intellectuelle. Argumentant également celle subie par la Corse depuis une quarantaine d’année.


Pour cela, Jean-François Bernardini propose d’autres solutions à travers les techniques mises en place un peu partout en France et même ailleurs. Avec plusieurs préalables tels qu’écouter la souffrance de l’autre, réhabiliter le conflit, se connaître, ne pas être spectateurs, vaincre l’injustice…
Le public (une soixantaine de personnes parmi lesquelles des enfants, adolescents, adultes, retraités du quartier et d’ailleurs aura été convaincu par ses propos, notamment à travers l’exemple du chacal qui sommeille en chacun de nous auquel nous devons opposer la girafe. Une façon personnelle de traiter de la maîtrise de soi au-delà de tout manichéisme. De transcender la dualité mais surtout de proposer des réponses concrètes aux maux dont souffre notre société.


Un public qui ne sera pas resté passif puisque une dizaine de personnes souhaitent participer à cette belle aventure en adhérant à des formations.
Le chanteur, accompagné de Jean-François Luciani, également membre du groupe, a rejoint la Haute-Corse. Non sans avoir promis de revenir poursuivre sa démarche. Plus qu’une démarche. Une quête.
« Nous sommes tous ravis de cette venue, se réjouit Céline Prévost, responsable de la médiathèque, tout le monde est sorti grandi et enrichi de ce moment d’échange et de partage. »

Jean-François Bernardini : « On ne mène pas une croisade contre la violence. Il s’agit de l’écouter et de la comprendre pour la transformer »

- Quel était l’objectif de cette conférence ?
- J’ai tout d’abord répondu à la demande de la médiathèque des Jardins de l’Empereur. Dans l’inconscient des Corses, les Jardins de l’Empereur ressemblent à un territoire inaccessible. Et voir qu’il émane, aujourd’hui, un tel désir de ces quartiers, c’est une récompense extraordinaire. Et un espoir merveilleux pour demain. On était dans une réunion de famille où l’on vient butiner quelque chose de bien. L’objectif c’est de mettre à disposition de chacun ce droit à l’éducation à la non-violence.


- Comment peut-on prendre conscience de tels bienfaits dans une société malade ?
- Il faut, tout d’abord, comprendre comment nous fonctionnons. Comprendre que la violence est un piège. Comprendre que nous pouvons mieux nous équiper face au conflit. Gérer nos émotions. C’est en lien étroit avec la vie familiale et professionnelle, la société politique. C’est un outil qui ouvre des voies, on le constate tous les jours auprès des jeunes, dans les associations, des universités…Contrairement à ce que l’on fait croire, ce n’est pas une croisade contre la violence. Il s’agit d’écouter, de comprendre et de transformer cette énergie. Tu peux être plus efficace avec des moyens nobles pour défendre des causes nobles.


- Une démarche encore peu médiatisée ?
- Les choses commencent à bouger. Pour preuve, 40 000 personnes sont touchées et consacrent deux heures de leur temps à cette démarche. Il est évident que la violence bénéficie de beaucoup plus de « pub », de « prestige », elle est sacralisée, banalisée et se répand partout. A l’inverse, la non-violence, que l’on considère comme une utopie s’apparentant aux « Bisounours » ou au Père Noël, va montrer dans les années à venir, combien elle est forte, subversive, insolente et combien elle peut nous aider à renverser l’injustice, le mensonge et les peurs qui traversent nos sociétés.





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