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Affaire Lyhanna : la justice corse affiche son soutien aux associations et appelle à une réflexion collective


MP le Mercredi 10 Juin 2026 à 18:22

La Cour d'appel de Bastia a reçu ce mercredi les représentants de trois associations engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants afin d' "échanger sur le drame de la jeune Lyhanna". Dans un communiqué, les magistrats disent partager "la profonde émotion" suscitée par cette affaire, réaffirment leur engagement auprès des victimes et appellent à une réflexion collective sur la prise en charge des mineurs victimes de violences.



Affaire Lyhanna : la justice corse affiche son soutien aux associations et appelle à une réflexion collective
« La justice sur le territoire corse est totalement engagée et à l’écoute des associations ». C’est le message que tient à faire passer la Cour d'appel de Bastia alors que l’affaire du meurtre de la jeune Lyhanna secoue la France. Dans cette optique, une réunion a eu lieu ce mercredi matin avec plusieurs associations engagées dans la défense des droits des femmes et des enfants victimes de violences, afin d’écouter leurs préoccupations mais aussi à réaffirmer l'engagement des magistrats face à ce type de dossiers.
 
Autour de la Première présidente de la Cour d'appel, Hélène Davo, du procureur général Jean-Jacques Fagni, du président du tribunal judiciaire de Bastia Régis France et du procureur de la République Jean-Philippe Navarre, plusieurs magistrats ont reçu Laetizia Costantini, présidente de Donne di Corsica, Rosy Sarrola, présidente de Femmes solidaires, et Guillaume Pronesti, fondateur de A Scopa.
 
Dans un communiqué, les magistrats indiquent partager « la profonde émotion provoquée par le décès de la jeune Lyhanna ». « Les magistrats sont confrontés quotidiennement aux affaires impliquant des enfants victimes », écrivent-ils en rappelant que ce sont « les procureurs de la République et leurs équipes, les présidents des tribunaux correctionnels, les juges d’instruction, les juges des enfants, les juges aux affaires familiales » qui « recueillent quotidiennement la parole des victimes ».  « Toutes et tous imaginent et définissent des bonnes pratiques destinées à renforcer écoute et empathie. Toutes et tous sont d’autant plus impliqués qu’ils sont eux-mêmes bien souvent pères ou mères de famille », insistent-ils en concédant que « cet engagement ne suffit pas toujours, comme le démontre, hélas, les circonstances du décès de la jeune Lyhanna ».
 
Une phénomène de grande ampleur
 
Les chefs de juridiction prennent également acte de la décision du ministre de la Justice et du ministre de l'Intérieur de lancer deux inspections, confiées respectivement à l'Inspection générale de la Justice (IGJ) et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), afin de faire toute la lumière sur le traitement de cette affaire.
 
Pour les magistrats, la recherche de responsabilités individuelles ne doit toutefois pas occulter une réflexion plus large sur la prise en charge des mineurs victimes. Ils rappellent que les violences faites aux enfants constituent un phénomène de grande ampleur : en 2024, 71 085 mineurs ont été déclarés victimes de violences sexuelles et 103 748 de violences physiques, des chiffres mis en évidence par les travaux de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise).