Sur l’estrade, la scène se joue avec une intensité saisissante. Marie, Joseph, Marie-Madeleine entourent le Christ. La Vierge, figure centrale, incarne une mère en deuil, chantant sa douleur en corse. Une plainte qui traverse l’église et vient toucher chacun au plus intime. « C’est une célébration chantée, et la ferveur y est… «on le sent tout de suite », confie un confrère présent.
Au cœur du rituel, un élément rare, une statue du Christ articulée, de taille humaine, descendue de sa croix selon un protocole précis et exigeant. Une scène impressionnante, rendue possible par un dispositif minutieux qui mobilise plusieurs hommes. « Il faut être une dizaine pour descendre la croix, tout est organisé avec un système de poulies. C’est quelque chose de très technique, mais surtout très symbolique », explique Jacques Martelli.
Chef d’orchestre et metteur en scène de cette célébration, il est à l’origine de sa renaissance. Car la « Schjudazione » avait disparu pendant près de 80 ans. « La première fois qu’on l’a refaite, c’était le 3 avril 2015. Elle avait été abandonnée faute de combattants. Entre les départs, la guerre, il n’y avait plus personne pour la porter », raconte-t-il sans détour.
Pour reconstruire fidèlement ce moment, Jacques Martelli s’est appuyé sur la mémoire précieuse d’Antoine Graziani, ancien magistrat, qui en avait été témoin enfant. « Il avait cinq ans quand il l’a vue. Il nous a raconté, on a pris des notes, on a fait ce qu’il nous a dit. Sans lui, on n’aurait pas pu». À ses côtés, d’autres bénévoles se sont investis pour redonner corps à cette tradition. Restauration du Christ, reconstruction de la croix, fabrication des éléments de décor, organisation des rôles.
« Quand je suis arrivé ici en 2011, j’ai fait restaurer ce Christ. Et après je me suis dit, qu’est-ce qu’on en fait ? On ne pouvait pas le laisser là sans vie. Alors on a décidé de relancer la Schjudazione. Même si certains étaient réticents au début».
Depuis, chaque année, la célébration reprend vie, portée par une ferveur renouvelée et une implication collective. « On voit des gens de tous les âges, des confréries d’ailleurs viennent nous aider, et nous on fait pareil chez eux. C’est un échange, une transmission».
Mais rien n’est laissé au hasard. La préparation s’étale sur plusieurs jours, entre répétitions, organisation des chants et mise en place technique. « Il faut tout anticiper. Descendre la croix, préparer le Christ, sécuriser la scène, c’est un travail précis».
Au-delà de la performance, c’est bien la mémoire qui est en jeu. Une tradition fragile, qui a déjà failli disparaître. « Aujourd’hui, il faut que les jeunes prennent le relais. Moi, je ne pourrai pas toujours le faire. Si ça doit continuer, ce sera grâce à eux».
À Monticellu, la « Schjudazione » n’est pas qu’une reconstitution. Elle est un acte de transmission, un lien vivant entre les générations. Une manière, aussi, de rappeler que certaines traditions ne tiennent qu’à la volonté de ceux qui refusent de les laisser s’éteindre.
Au cœur du rituel, un élément rare, une statue du Christ articulée, de taille humaine, descendue de sa croix selon un protocole précis et exigeant. Une scène impressionnante, rendue possible par un dispositif minutieux qui mobilise plusieurs hommes. « Il faut être une dizaine pour descendre la croix, tout est organisé avec un système de poulies. C’est quelque chose de très technique, mais surtout très symbolique », explique Jacques Martelli.
Chef d’orchestre et metteur en scène de cette célébration, il est à l’origine de sa renaissance. Car la « Schjudazione » avait disparu pendant près de 80 ans. « La première fois qu’on l’a refaite, c’était le 3 avril 2015. Elle avait été abandonnée faute de combattants. Entre les départs, la guerre, il n’y avait plus personne pour la porter », raconte-t-il sans détour.
Pour reconstruire fidèlement ce moment, Jacques Martelli s’est appuyé sur la mémoire précieuse d’Antoine Graziani, ancien magistrat, qui en avait été témoin enfant. « Il avait cinq ans quand il l’a vue. Il nous a raconté, on a pris des notes, on a fait ce qu’il nous a dit. Sans lui, on n’aurait pas pu». À ses côtés, d’autres bénévoles se sont investis pour redonner corps à cette tradition. Restauration du Christ, reconstruction de la croix, fabrication des éléments de décor, organisation des rôles.
« Quand je suis arrivé ici en 2011, j’ai fait restaurer ce Christ. Et après je me suis dit, qu’est-ce qu’on en fait ? On ne pouvait pas le laisser là sans vie. Alors on a décidé de relancer la Schjudazione. Même si certains étaient réticents au début».
Depuis, chaque année, la célébration reprend vie, portée par une ferveur renouvelée et une implication collective. « On voit des gens de tous les âges, des confréries d’ailleurs viennent nous aider, et nous on fait pareil chez eux. C’est un échange, une transmission».
Mais rien n’est laissé au hasard. La préparation s’étale sur plusieurs jours, entre répétitions, organisation des chants et mise en place technique. « Il faut tout anticiper. Descendre la croix, préparer le Christ, sécuriser la scène, c’est un travail précis».
Au-delà de la performance, c’est bien la mémoire qui est en jeu. Une tradition fragile, qui a déjà failli disparaître. « Aujourd’hui, il faut que les jeunes prennent le relais. Moi, je ne pourrai pas toujours le faire. Si ça doit continuer, ce sera grâce à eux».
À Monticellu, la « Schjudazione » n’est pas qu’une reconstitution. Elle est un acte de transmission, un lien vivant entre les générations. Une manière, aussi, de rappeler que certaines traditions ne tiennent qu’à la volonté de ceux qui refusent de les laisser s’éteindre.
-
EN IMAGES - Revivez le Catenacciu de Sartène
-
Ajaccio : Fidèle à l’esprit de Viollet-le-Duc, la statue de Napoléon et ses frères retrouve son regard vers la mer
-
EN IMAGES - À Ajaccio, la messe chrismale a célébré l’unité du diocèse à l’approche de Pâques
-
Blocage au lycée de Balagne : les élèves réclament le retour de la cohésion et la relance du tournoi
-
À Lumiu, le fiadone se met au service des animaux. Une journée entre tradition, partage et solidarité































Envoyer à un ami
Version imprimable




