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À Ajaccio, le personnel périscolaire dénonce un climat « de plus en plus délétère » et se mobilise


Jeanne Soury le Lundi 30 Mars 2026 à 13:36

À Ajaccio, des agents du périscolaire se sont rassemblés ce lundi matin devant l’école de Pietralba pour dénoncer leurs conditions de travail et des agressions verbales répétées. Ils réclament davantage de protection, tandis que la mairie affirme avoir réagi aux derniers incidents.



Plusieurs dizaines d’agents du périscolaire se sont rassemblés ce lundi 30 mars au petit matin devant l’école de Pietralba, à Ajaccio, pour dénoncer leurs conditions de travail et une série d’agressions verbales survenues ces derniers mois.

À l’appel du STC, agents de restauration, Atsem et animateurs ont exprimé un ras-le-bol généralisé. Le mouvement a été largement suivi : seules deux écoles élémentaires et trois maternelles de la ville ont maintenu leur service périscolaire. Des agents venus de plusieurs établissements, Mezzavia, Loretto, Salines 6 ou encore Simone Veil, ont fait le déplacement pour afficher leur solidarité et alerter sur une situation qu’ils jugent « de plus en plus difficile ».

« Un ras-le-bol général »

« On bloque pour dénoncer un ras-le-bol de l’ensemble du personnel », explique Ange-Marie Bianchini, délégué STC à la mairie d'Ajaccio. Le syndicaliste évoque « de nombreuses agressions verbales » visant les agents périscolaires, avec encore deux incidents signalés cette semaine, dont l’un à l’école de Pietralba mardi dernier.

 « Ce sont des travailleurs qui s’occupent des enfants, de leur bien-être. Ils doivent être respectés au même titre que le personnel de l’Éducation nationale », insiste-t-il, appelant à « une prise de conscience ».

Des agentes « à bout »

Sur le terrain, les témoignages traduisent un profond malaise. « On bloque car ce n’est pas la première fois que ça se produit », confie Allison Segui, agent de restauration scolaire à Pietralba, évoquant les agressions verbales subies par ses collègues la semaine dernière. « On est là pour que tout se passe dans l’apaisement, mais on n’a pas à subir ça. Il faut que les gens apprennent à régler les problèmes en parlant », ajoute-t-elle, pointant également  l’impact de ces scènes sur les enfants.

Même constat pour Patricia Palmas, Atsem à Mezzavia : « Ça devient de plus en plus fréquent. On n’est plus à l’abri et on en a marre. Il faut qu’on soit davantage respectées dans notre travail. » Avec 20 ans d’expérience, elle décrit une évolution inquiétante : « On ne peut pas venir travailler la boule au ventre. J’ai vu une vraie dégradation, aussi bien en maternelle qu’en primaire. »

Des revendications concrètes

Face à cette situation, plusieurs revendications émergent. Le syndicat réclame notamment un renfort de la police municipale aux heures de pointe, afin de sécuriser les entrées et sorties d’école.

Autre demande : la révision du règlement intérieur du périscolaire, afin de permettre des exclusions temporaires ou définitives en cas d’agression. « Il faut pouvoir aller jusque-là », estime Ange-Marie Bianchini. 

Une délégation doit être reçue par la municipalité aujourd’hui. Une première rencontre a déjà eu lieu en milieu de semaine dernière. 

La mairie évoque des mesures immédiates

De son côté, la ville d’Ajaccio indique avoir pris en compte les faits d’agression « dès le jour même » sur le plan administratif. Elle précise que la protection fonctionnelle de l’agent concerné a été mise en place et qu’une plainte a été déposée contre la personne impliquée.

Selon la municipalité, l’accueil périscolaire de l’enfant concerné est, à ce stade, suspendu « jusqu’à nouvel ordre ». L’adjointe aux affaires scolaires, Rose Marie Ottavy Sarrola, s’est rendue sur place ce matin, accompagnée de responsables municipaux.

Cette mobilisation locale intervient dans un climat tendu au niveau insulaire, mais également national. Demain, les enseignants des premier et second degrés sont appelés à se mobiliser partout en France pour dénoncer les suppressions de postes et les fermetures de classes. À Pietralba, les enseignants prendront part à cette grève.