Corse Net Infos - Pure player corse

75e anniversaire de la libération de la Corse : L’indispensable devoir de mémoire


Rédigé par Vincent Marcelli le Mercredi 3 Octobre 2018 à 22:37 | Modifié le Mercredi 3 Octobre 2018 - 23:06


Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées, étaient à Ajaccio ce matin afin de commémorer le 75e anniversaire de la libération de la Corse. Auprès d’autorités civiles, politiques et militaires, elle s’est, tout d’abords rendue à la Citadelle afin d’honorer la mémoire de Fred Scamaroni, figure importante de la résistance corse, mort dans sa cellule, le 19 mars 1943. La secrétaire d’Etat a, ensuite, rencontré des élèves des classes de 5e, 3e et seconde du lycée Fesch, parmi lesquels les vainqueurs d’un concours national, avant de déposer une gerbe à la mémoire du Général De Gaulle, sur la place où une plaque lui est dédiée…


(Photo Michel Luccioni)
(Photo Michel Luccioni)
La citadelle d’Ajaccio a abrité, ce mercredi, une cérémonie particulièrement émouvante à l’occasion du 75e anniversaire de la libération de la Corse. Aux côtés de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat de la ministre des armées, Josiane Chevalier, préfète de Corse, Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio, Jean-Jacques Ferrara, député de la première circonscription de la Corse-du-Sud ainsi que les autorités militaires de la caserne Miollis. Dans l’allée qui conduit à la cellule où, le 19 mars 1943 Fred Scamaroni s’était donné la mort, des porte-drapeaux, associations d’anciens combattants, la famille du résistant, les représentants de la Collectivité de Corse (Paul Leonetti et Muriel Fagni), des autorités civiles ainsi qu’une vingtaine de collégiens et lycéens accompagnés de Jean-Baptiste Torre, leur professeur d’histoire. Avant de procéder à une allocation où elle tressera des éloges au «premier département libéré », la secrétaire d’Etat se rend, en compagnie de la famille de Fred Scamaroni, dans la cellule où il choisit la mort pour ne pas parler en mars 1943. S’en suivra une très longue discussion sur la vie du résistant, son implication dans la tentative d’unification dans l’île, les conditions de son arrestation, sa mort et surtout le message de paix qu’il a laissé aux générations futures…


` « C’est ici, à Ajaccio, précise Geneviève Darrieussecq, que le 9 septembre 1943, la libération de la France a commencé. La libération de la Corse en fut le premier acte. Dramatique et victorieux. La Corse a pris son destin en main à Ajaccio il y a 75 ans…Je veux célébrer la mémoire des combattants de la liberté. Ceux qui, dans l’ombre, ont préparé la victoire.  On se souvient de tous ces résistants. Mon premier hommage est pour Fred Scamaroni, ce héros corse, de la France libre. Son engagement fut celui du refus de la défaite et du rejet de la collaboration. Il  a rassemblé les volontés dans la perspective d’un combat commun. Tombé aux mains des Italiens, il choisit la mort plutôt que le déshonneur. Ce Jean Moulin corse est un symbole d’unité…La France veut aussi, à travers cette cérémonie, rendre hommage à tous les résistants de Corse… »


Après avoir cité, un à un, les résistants corses tombés dans ces années noires, la secrétaire d’Etat s’entretient avec les personnes présentes. Avant de poursuivre sa visite par la rencontre des élèves du lycée Fesch…
« Nous sommes le premier département libéré, précise, pour sa part, Paul Leonetti, élu de la majorité territoriale, ce fait historique existe depuis 75 ans…mais nous n’en avons connaissance que depuis dix ans…Pendant 65 ans, on a oublié que la Corse s’était libérée par elle-même, avec les Corses et pour les Corses… »


« Gaston a mangé le saucisson et son ami ira manger la coppa… »
Non loin de là, Christiane Devaux-Scamaroni, nièce par alliance du résistant évoque sa mémoire : « Je participe à un devoir de mémoire. Aujourd’hui, il est important de valoriser autant la mémoire de Fred Scamaroni. Il a été en contact avec Jean Moulin, et en tant que Corse, il a, lui-même, souhaité venir ici, pour unifier la résistance. Il a fait un travail important mais il faut savoir que la résistance corse n’est unifiée après la libération, soit en octobre 1943. Fred Scamaroni devait aussi établir le lien entre l’Angleterre et la Corse. À ce titre, le dernier message de la BBC chargée d’annoncer cette mission baptisée « See Urcheen » (les oursins de la mer) fut caractérisée par le message suivant : « À nos amis les Corses, nous disons confiance ! La Corse restera française. Gaston a mangé le saucisson et son ami ira manger la coppa…Il a donné sa vie pour la liberté… »
Au terme d’une cérémonie émouvante, la délégation s’est retrouvée place De Gaulle pour un dépôt de gerbe, au nom de la Collectivité de Corse et de l’Etat, à l’endroit même où, du 5 au 8 octobre 1943, le Général De Gaulle était venu saluer la libération de la Corse…




A la une | L'actu régionale | Faits divers | Société | Justice | Economie