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58e Tour de Corse Automobile : Le bilan avec David Serieys


Rédigé par José Fanchi le Jeudi 15 Octobre 2015 à 21:27 | Modifié le Jeudi 15 Octobre 2015 - 21:40


Retour gagnant pour le Tour. La Corse retrouve son épreuve plus belle que jamais, son public, ses aficionados et la qualité de ses spéciales en même temps que son large public, enthousiaste comme aux plus beaux jours. Le succès a été total, les pilotes ravis et les constructeurs tout autant, notamment le vainqueur, V.W. champion du monde des marques, qui retrouve un peu de ciel bleu dans la grisaille… Avec le patron du Tour de Corse, David Serieys, nous avons effectué un tour d’horizon de cette 58e édition, rappelons-le, organisée en 5 mois seulement


David Serieys, "patron" du Tour  et Nicolas Deschaux, président de la FFSA
David Serieys, "patron" du Tour et Nicolas Deschaux, président de la FFSA
- La Corse a retrouvé son épreuve dans l’enthousiasme général, est-ce votre avis ?
- C’est vrai, on s’en est rendu compte tout au long du parcours et surtout sur ce que l’on a pu voir sur le nombre d’engagés, qui témoigne de la ferveur, du fort engouement des participants, des teams, des constructeurs, et bien sur des amateurs qui constituent la majorité du plateau (70%). D’entrée, nous avons fait tout ce qu’il fallait pour que les amateurs soient présents, en termes de coût d’engagement pour les licenciés FFSA, pour les licenciés insulaires, avec des efforts supplémentaires. Comme vous l’avez constaté, tous ont répondu présent. La première satisfaction est venue de là. Retour en fanfare donc, sans doute parce que nous sommes sur un format atypique qui a été apprécié dans son ensemble. Il y aura toujours les pour et les contre certes, mais dans la globalité, la formule a plu à tout le monde. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer beaucoup au cours des quatre jours, il m’a été facile de faire la moyenne. Nous avons répondu largement à la demande avec la remise au goût du jour des classiques, la spéciale de Francardo, dantesque, malgré la tempête qui a secoué la Corse, sans oublier la longueur des spéciales, endurantes, qui, sportivement créent un enjeu tellement différent de ce que l’on a l’habitude de voir. Tout cet ensemble a été grandement apprécié par les pilotes autant que par certains constructeurs et le public. Certes, certains ont moins aimé la nouvelle formule, mais avec les arrangements que nous apporterons au fil des années, je demeure persuadé que tout le monde adhèrera. 
 
- Les faits marquant de cette édition 2015 semblent être le retour aux fondamentaux de l’épreuve dans l’intérieur et sur le pourtour et l’enthousiasme des pilotes locaux ?
-Incontestablement. Il y a eu un engouement à tous les niveaux. Les pilotes continentaux qui n’avaient jamais pu disputer le Tour de Corse et qui avaient décidé de ne pas le faire simplement parce qu’ils n’aimaient pas le format, sont revenus en force. Tous ont été unanimes : « profitons d’un vrai Tour de Corse, il ne faut pas manquer ça… 
 
- L’édition 2016 est programmée, vous allez vous atteler à la tâche très vite, mais vous avez 11 moins contre 5 cette année ?
- Pour le moment nous sommes à l’heure du rangement, des bilans, mais c’est vrai, on commence d’ores et déjà à travailler sur de nouvelles idées, à commencer par le format que nous allons certainement garder, l’adapter aux conditions météo du moment, réfléchir sur les nouvelles épreuves et incursions dans d’autres microrégions comme le Cap et la Balagne. On va le faire évoluer, le rendre plus attrayant, faire disputer plus de spéciales au quotidien pour que le rallye ne soit pas décimé, avec sans doute deux épreuves chronométrées le matin, deux autres l’après-midi. En trois ans, il faut que nous ayons fait le tour de toutes les principales villes de l’île. 
 
- On a vu beaucoup de monde sur ce Tour, notamment dans les villes étapes et sur l’ensemble du parcours, ce qui signifie en clair que l’impact économique est plus que jamais présent et que l’arrière saison touristique se prolonge forcément ?
- De cela, j’en suis sûr. Hôtels, restaurants, bars, il était difficile de trouver des places partout où s’est déplacé le Tour. Sur Corte par exemple, des équipes de journalistes, des producteurs, ont été logés sur Ghisonaccia. Il devenait très difficile de trouver de la place. C’est effectivement un signe car les gites ruraux, les chambres d’hôtes, tout a été occupé par les membres de la caravane. On ne trouvait aucune chambre dans un rayon de plus de 30 km. Il est important que nous restions sur cette période de l’année. Tous les acteurs économiques nous ont dit que c’était la bonne date. Donc, à quelques jours près, nous conserverons cette formule de l’automne. 
 
- Comment a réagi les F.I.A. ?
- Très bien. Le format de la nouvelle épreuve a beaucoup plu à Jean Todt, le président, qui est venu sur place et effectué un tour d’horizon de l’épreuve, des spéciale. Il s’est très vite rendu compte de la popularité du Tour 2016, même s’il connaissait tout ou presque de l’épreuve. Enchanté, il a été convaincu que le format de Tour devait être celui-là. Nous avons son soutien total pour la suite. A nous d’améliorer tout cela, d’éviter les soucis que nous avons connu cette année avec les conditions climatiques. Il faut adapter le Tour à ce genre d’accident. 
 
- Que dire des candidats au championnat de France des rallyes qui, économie oblige, ont fait l’impasse sur le Tour, pour pouvoir disputer les deux dernières épreuves ?
- Je dirai simplement que les absents ont eu tort ! Certes, le Tour de Corse, de par son kilométrage est plus couteux, il faut donc faire un choix et ça se comprend.  En termes d’engagement, nous avons fait les mêmes conditions qu’en championnat de France. C’est une histoire de choix, d’autant que le rallye s’annonçait difficile, l’économie se jouant au plus au niveau de la voiture que du reste. C’est bien dommage qu’ils ne soient pas venus. Je le répète, les absents ont eu tort.
 
- Un bilan rapide de l’épreuve, de sa popularité ?
- Très satisfaisant. J’ai connu les épreuves par le passé et j’ai travaillé pour certaines équipes, mais cette année, pour avoir survolé l’épreuve à diverses reprises, j’ai constaté une forte présence de spectateurs partout sur le parcours, même dans les endroits les plus reculés. Un exemple, de Noceto jusqu’à Vezzani, il y avait des voitures garées tout le long. Pas une place de disponible sur le tracé. Incroyable, il faut le voir pour le croire sur sept ou huit kilomètres. Le public a été présent à tous les niveaux de l’épreuve, notamment sur l’ensemble des villes étapes mais aussi ailleurs et cela est réconfortant pour la popularité de l’épreuve. Petit détail, partout le public s’est montré d’une grande discipline. J’ai été agréablement surpris de voir les spectateurs dans les zones que nous leur avons désignées. »
 
- Et au niveau des pilotes, amateurs et professionnels ?
- Il est certain que les pilotes professionnels habitués à tout avoir sur un rayon de 25 km, avec le confort et tout le reste, préfèrent ce genre de formule. Compte tenu des conditions climatiques, je veux bien comprendre certains mécontentements, après, je suis convaincu que VW est pleinement satisfait d’avoir vu deux de ses pilotes l’emporter et sur un podium. Ils savent mieux que personne que la Corse fait partie des épreuves mythiques du championnat du monde, et ce genre de palmarès plait à tout le monde. Les conditions ont fait que certains avis sont mitigés, au fond d’eux-mêmes, ils sont enchantés du résultat. L’ensemble de la caravane a grandement apprécié. Posez la question à Latvala et vous comprendrez mieux son état d’esprit… 
 

David Serieys a raison. Lorsque les Finlandais sont venus pour la première fois en Corse, ils ont tiré à boulets rouges sur l’épreuve. Ari vatanen a même de mauvais souvenirs en Corse, mais il est revenu pour changer d’avis, cela à diverses reprises. Que dire alors de Marku Alen, deux fois vainqueur de l’épreuve ?
Le Tour a véritablement retrouvé sa place dans le calendrier et surtout dans le cœur des insulaires !
J. F.   





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