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« La Corse est la région où le taux d’incidence de diabète de type 1 est le plus élevé »

Pour Marie-Laure Salvi, présidente de l’association Les Diabétiques de Corse, la situation est préoccupante


Julia Sereni le Vendredi 5 Novembre 2021 à 08:32

Le 14 novembre prochain, l’association Les diabétiques de Corse organise le septième salon du diabète, à Borgo, dans le cadre de la journée mondiale dédiée à la maladie. La présidente Marie-Laure Salvi souhaite attirer l’attention du grand public sur un état des lieux préoccupant : la Corse compte 12 000 diabétiques et est la région de France où le taux d’incidence de diabète de type 1 est le plus élevé.



La présidente Marie-Laure Salvi, entourée d'une partie du bureau et d'adhérents de l'association Les diabétiques de Corse. Photo : MLS
La présidente Marie-Laure Salvi, entourée d'une partie du bureau et d'adhérents de l'association Les diabétiques de Corse. Photo : MLS

- Comment est née l’association Les diabétiques de Corse ?

L’association a été fondée en 2012 par deux jeunes femmes diabétiques, Rose-Marie Pasqualaggi et Nathalie Paoletti. C’est leur médecin diabétologue qui les a fait se rencontrer. Elles ont voulu créer une association de patients pour les patients. Aujourd’hui, la structure est affiliée à la fédération française des diabétiques. Elle regroupe des patients comme des accompagnants. Je suis d’ailleurs moi-même maman d’une enfant diabétique. Au printemps dernier, Rose-Marie Pasqualaggi a démissionné de son poste de présidente, et j’ai pris sa succession en mai.

- Quelles sont les missions de l’association ?

D’abord, la prévention. Nous faisons des campagnes dans les entreprises, cette année chez Kyrnolia par exemple. Puis l’accompagnement des patients et de leurs familles, car c’est une maladie très impactante au quotidien. Nous tenons des permanences sur Ajaccio et Bastia, nous essayons de mettre en place des « cafés diabète » et de rayonner dans le rural. Nous faisons de la formation dans les écoles à destination des enseignants et des personnels pour former aux gestes du diabète. Nous organisons aussi la défense de certains patients, car comme il s’agit d’une maladie chronique, parfois pour des démarches telles que des crédits et les assurances, c’est compliqué. Enfin, nous effectuons une veille sur tout ce qui se passe au niveau de la recherche. Au-delà, notre objectif est de créer du lien entre les patients et tous les acteurs en lien avec la maladie. Nous organisons un dimanche par mois des sorties mais aussi des ateliers culinaires en partenariat avec une diététicienne diffusés sur une chaine youtube.

- Pouvez-vous nous expliquer succinctement ce qu’est le diabète ?

Derrière l’appellation de « diabète », il y a en réalité deux maladies bien différentes. Il y a d’abord le diabète type 1, qui est une maladie auto-immune qui s’est attachée au pancréas, chargé de réguler le sucre dans l’organisme. Cette pathologie se déclare en général au moment de l’adolescence. Les patients atteints, dits insulinodépendants, doivent s’administrer de l’insuline. Et puis il y a le diabète de type 2. C’est ce qu’on appelait autrefois le « diabète gras », qui vient avec  l’âge et l’embonpoint. Pour ce type-là, on peut faire de la prévention et le résorber. On compare souvent le pancréas à une serrure pour expliquer la différence : le type 1 a perdu la clé, pour le type 2, elle est rouillée.

- Aujourd’hui, quels sont les chiffres du diabète sur l’île ?

En France, il y a 4 millions de diabétiques, ce qui représente 5% de la population. En Corse, on en compte 12 000, avec 90% de type 2 et 10% de type 1. Ce qui nous alerte en Corse, c’est que nous sommes la région de France où le taux d’incidence de diabète de type 1 est le plus élevé, avec 22 pour 100 000, contre 18 sur le continent. Cela nous interroge et nous voulons prendre le problème à bras le corps car nous ne le comprenons pas. Par ailleurs, on constate un rajeunissement des patients. En Corse, 45% des découvertes de diabète de type 1 se font auprès d’enfants de moins de cinq ans. Les raisons restent encore inconnues. Il y a un terrain génétique mais pas seulement. Pour les médecins, il s’agirait d’une combinaisons de facteurs.

- Vous organisez un salon le 14 novembre prochain à Borgo, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

C’est une création de l’association. Cette année, ce sera la septième édition. Ce salon s’inscrit dans la journée mondiale du diabète, et notre but est d’informer sur la pathologie. Vous y trouverez des médecins, mais aussi un pôle diététique et un pôle activité physique avec des coaches sportifs. Tout cela dans la bonne humeur et la convivialité. Avec deux moments forts : deux tables rondes, une le matin sur le diabète en général et une deuxième dédiée aux parents d’enfants diabétiques. Nous avons d’ailleurs créé, avec le Fablab de Corte, un jeu pour les enfants diabétiques afin de leur apprendre à mieux connaitre leur maladie. Nous invitons tout le monde à venir le découvrir au salon !






















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