Baisse de certaines recettes fiscales et de dotations à l’investissement, hausse des cotisations retraite, la Ville d’Ajaccio fait face à un contexte économique morose en ce début de nouvelle mandature. Pour remédier à ce manque à gagner estimé à 5,5 millions d’euros, Stéphane Sbraggia et son équipe ont fait le choix d’activer le levier fiscal en augmentant la part communale de sa taxe foncière, qui passe ainsi de 30,65% à 36,47%. Une hausse de 6 points d’indice (soit 19%) qui va représenter en moyenne, une hausse de 139 euros par an soit 11,60 € par mois pour chaque propriétaire. Une décision qui a été annoncée ce jeudi soir en séance du conseil municipal dédiée au débat d’orientation budgétaire.
Pierre Pugliesi, l’adjoint aux finances, détaille : « Depuis 2014, la Ville n’a pas eu recours au levier fiscal, tout en soutenant un effort d’investissement constant. Dans le même temps, elle a absorbé des chocs financiers majeurs : baisse des dotations de l’État, hausse imposée des charges salariales liée notamment à la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, à l’évolution des régimes indemnitaires et à l’augmentation des cotisations retraites, ainsi que diverses évolutions réglementaires. L’Etat nous assène un dernier coup de grâce en 2025. Malgré la maitrise de nos dépenses de fonctionnement depuis plus de 10 ans ainsi que l’augmentation de nos recettes, nous sommes donc contraints d’agir ».
« Ajaccio présente désormais un taux de fiscalité se situant dans la moyenne de celui des communes de même strate »
Pierre Pugliesi, l’adjoint aux finances, détaille : « Depuis 2014, la Ville n’a pas eu recours au levier fiscal, tout en soutenant un effort d’investissement constant. Dans le même temps, elle a absorbé des chocs financiers majeurs : baisse des dotations de l’État, hausse imposée des charges salariales liée notamment à la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, à l’évolution des régimes indemnitaires et à l’augmentation des cotisations retraites, ainsi que diverses évolutions réglementaires. L’Etat nous assène un dernier coup de grâce en 2025. Malgré la maitrise de nos dépenses de fonctionnement depuis plus de 10 ans ainsi que l’augmentation de nos recettes, nous sommes donc contraints d’agir ».
« Ajaccio présente désormais un taux de fiscalité se situant dans la moyenne de celui des communes de même strate »
Cet ajustement permet en outre de préserver l’éligibilité à certaines dotations de l’État, notamment le FPIC et la DNP, dont le maintien est conditionné à l’effort fiscal. À défaut, la Ville s’exposait à une perte de recettes pouvant atteindre 2,5 M€ à l’horizon 2028, qui aurait nécessité d’augmenter la fiscalité pour compenser de telles pertes. « Avec cette hausse, Ajaccio présente désormais un taux de fiscalité se situant dans la moyenne de celui des communes de même strate » ajoute l’élu.
L’adjoint aux finances énonce également d’autres pistes pour présenter un budget à l’équilibre pour la période 2026-2032 avec notamment « des dépenses de fonctionnement contenues sous l’inflation ; une adaptation des effectifs, avec un non-remplacement partiel des départs à la retraite, quand la situation le permet, sans diminution de la qualité du service ; une priorisation des politiques publiques pour préserver les services essentiels ».
Sans surprise, l’opposition dégaine et fait ses propositions pour réduire les coûts et essayer d'éviter cette hausse d'impôts : « C’est un rapport d’orientation catastrophique » assène Jean-André Miniconi (Aiacciu Vivu). « Nous savions que la trajectoire était difficile. Dès qu’il y a des baisses de dotations, on est dedans. On ne peut pas nier les difficultés mais on l’avait déjà dit depuis plusieurs années. En 6 ans, l’effort n’a pas été fait pour inverser la trajectoire. On en vient donc à augmenter les taxes. Avant d’augmenter les impôts, il faut peut-être essayer de travailler sur les charges de fonctionnement. C’est la première chose à faire, travailler sur les cost-killing (NDLR maîtrise de coûts) », tonne-t-il en demandant à la majorité de prendre des mesures fortes : « Concernant la masse salariale, vous allez essayer de ne pas remplacer 30% des départs à la retraite. Peut-être monter ce chiffre à 50%. Mais aussi, renégocier certains emprunts en l’étalant et mutualiser un peu plus avec la CAPA. Il y a autre chose à faire plutôt que d’augmenter les impôts ».
« Un matraquage fiscal » selon Romain Colonna
François Filoni, le leader du RN poursuit et dénonce des embauches « de campagne électorale qui plombe le budget » et ajoute : « Nous sommes à près de 130 millions d’euros de dettes car nous sommes également comptables de la dette de SPL. Ce n’est pas l’Etat qui crée toutes ces embauches, comme on a pu le voir ces six derniers mois. On se doit de faire des économies pour nos enfants, pour diminuer nos frais. Il faut du courage politique et sortir de ce schéma des embauches. Il y a un problème de nombre, pas de qualité ».
Les débats s’animent mais restent courtois, malgré quelques passes d’armes notamment entre Julia Tiberi et Laetitia Maroccu concernant l’absence d’un rapport que l'égalité homme/femme réclamé par l’opposition. Romain Colonna, nouveau venu dans l’hémicycle enfonce le clou : « On a été assommés de chiffres qui pourraient nous faire croire que vous n’êtes responsables de rien. Cela fait 12 ans que vous êtes là. Tout se dégrade. Vous n’êtes responsables de rien. Il n’y aucune remise en cause de votre part et aucune perspective. Le seul choix c’est hypothétiquement de ne pas remplacer les départs à la retraite. On assiste à un matraquage fiscal. On ne peut pas dire que la Corse est la région la plus pauvre de France et augmenter dans la foulée les impôts. Je pense que les Ajacciens apprécieront ».
Forcément, l’élu nationaliste, qui siège également à la Collectivité de Corse ranime les rancoeurs existantes avec le Cours Grandval et se faire reprendre de volée par Pierre-Laurent Audisio, adjoint au maire d’Ajaccio : « Comment pouvez-vous tenir de tels propos ici alors même que la Collectivité de Corse que vous gérez présente un milliard d’euros de dette et que vous avez été obligé récemment d’augmenter les taxes sur la carte grise ? ». Le conseiller territorial nationaliste lui répond : « Visiblement, il y a quelque chose d’obsessionnel avec la Collectivité de Corse, il y a quelque chose à purger. Dès qu’on débat, on en revient à la CdC. Faisons une session avec le Président de l’Exécutif et les services pour montrer ce qui a été fait pour Ajaccio ».
Stéphane Sbraggia, le maire d’Ajaccio, assume et ne se dérobe pas : « Finalement, il y a des points où l’on se retrouve avec l’opposition, c’est celui des torpeurs de l’Etat en matière de fiscalité, et les difficultés qui en découlent pour nos collectivités. Quand la CdC va mal, comme tous les Corses, je vais mal. Concernant la Ville, quel que soit le contexte, le maire est responsable de tout. Actionner le levier fiscal c’est très désagréable (…) Concernant les ressources humaines, on va essayer de rééquilibrer les effectifs, nous avons trop de personnel administratif par rapport au nombre de postes techniques : les départs à la retraire se feront en fonction des besoins identifiés de la Collectivité. Mais on aura toujours besoin de plus de policiers municipaux, de jardiniers, des personnels dans les crèches. Nous proposons donc une méthode combinatoire pour optimiser nos recettes et diminuer nos dépenses sans impacter les services publics de la ville, où je le sais, les besoins sont nombreux ».
Face aux difficultés, la CAPA pourrait également décider d'augmenter la part intercommunale de la taxe foncière (6% actuellement) pour faire face aux mêmes difficultés budgétaires.
« Un matraquage fiscal » selon Romain Colonna
François Filoni, le leader du RN poursuit et dénonce des embauches « de campagne électorale qui plombe le budget » et ajoute : « Nous sommes à près de 130 millions d’euros de dettes car nous sommes également comptables de la dette de SPL. Ce n’est pas l’Etat qui crée toutes ces embauches, comme on a pu le voir ces six derniers mois. On se doit de faire des économies pour nos enfants, pour diminuer nos frais. Il faut du courage politique et sortir de ce schéma des embauches. Il y a un problème de nombre, pas de qualité ».
Les débats s’animent mais restent courtois, malgré quelques passes d’armes notamment entre Julia Tiberi et Laetitia Maroccu concernant l’absence d’un rapport que l'égalité homme/femme réclamé par l’opposition. Romain Colonna, nouveau venu dans l’hémicycle enfonce le clou : « On a été assommés de chiffres qui pourraient nous faire croire que vous n’êtes responsables de rien. Cela fait 12 ans que vous êtes là. Tout se dégrade. Vous n’êtes responsables de rien. Il n’y aucune remise en cause de votre part et aucune perspective. Le seul choix c’est hypothétiquement de ne pas remplacer les départs à la retraite. On assiste à un matraquage fiscal. On ne peut pas dire que la Corse est la région la plus pauvre de France et augmenter dans la foulée les impôts. Je pense que les Ajacciens apprécieront ».
Forcément, l’élu nationaliste, qui siège également à la Collectivité de Corse ranime les rancoeurs existantes avec le Cours Grandval et se faire reprendre de volée par Pierre-Laurent Audisio, adjoint au maire d’Ajaccio : « Comment pouvez-vous tenir de tels propos ici alors même que la Collectivité de Corse que vous gérez présente un milliard d’euros de dette et que vous avez été obligé récemment d’augmenter les taxes sur la carte grise ? ». Le conseiller territorial nationaliste lui répond : « Visiblement, il y a quelque chose d’obsessionnel avec la Collectivité de Corse, il y a quelque chose à purger. Dès qu’on débat, on en revient à la CdC. Faisons une session avec le Président de l’Exécutif et les services pour montrer ce qui a été fait pour Ajaccio ».
Stéphane Sbraggia, le maire d’Ajaccio, assume et ne se dérobe pas : « Finalement, il y a des points où l’on se retrouve avec l’opposition, c’est celui des torpeurs de l’Etat en matière de fiscalité, et les difficultés qui en découlent pour nos collectivités. Quand la CdC va mal, comme tous les Corses, je vais mal. Concernant la Ville, quel que soit le contexte, le maire est responsable de tout. Actionner le levier fiscal c’est très désagréable (…) Concernant les ressources humaines, on va essayer de rééquilibrer les effectifs, nous avons trop de personnel administratif par rapport au nombre de postes techniques : les départs à la retraire se feront en fonction des besoins identifiés de la Collectivité. Mais on aura toujours besoin de plus de policiers municipaux, de jardiniers, des personnels dans les crèches. Nous proposons donc une méthode combinatoire pour optimiser nos recettes et diminuer nos dépenses sans impacter les services publics de la ville, où je le sais, les besoins sont nombreux ».
Face aux difficultés, la CAPA pourrait également décider d'augmenter la part intercommunale de la taxe foncière (6% actuellement) pour faire face aux mêmes difficultés budgétaires.













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