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"Tyrannosaur" croque le portrait d’une relation humaine, entre espérance et violence !


le Dimanche 9 Décembre 2012 à 20:16

Ce film sans concessions, sur la ligne d’une œuvre telle que « Gran Torino », met en scène une situation où la rencontre la plus improbable façonne une histoire de vie des plus intensives. Sans jamais tomber dans la facilité ou les clichés, ce « Tyrannosaur » brosse le portrait d’une relation fragile entre deux êtres troublés. Où violence, espérance et dépendance constituent la toile de fond d’un véritable drame humain.



Hannah et Joseph, deux êtres troublés qui vont vivre une relation sauvage sur le mode de la dépendance réciproque. (Photo DR)
Hannah et Joseph, deux êtres troublés qui vont vivre une relation sauvage sur le mode de la dépendance réciproque. (Photo DR)
ON A VU POUR VOUS...  Tyrannosaur (Drame, réalisé par Paddy Considine, 2012, durée : 1h31)

Quand un homme solitaire essaie d’échapper à l’un de ses nombreux coups de sang en se réfugiant dans un commerce, il fait la rencontre d’Hannah. Cette jeune femme très croyante et pourtant éprise d’une douleur indicible va peu à peu ramener Joseph vers la repentance…

Deux histoires douloureuses dans les rues de Glasgow…
« Tyrannosaur » est un drame où l’obscurité engloutit la clarté. En effet la première scène plonge le spectateur dans une ambiance lourde qui le pénètre littéralement. Cet univers sombre relate et rassemble deux histoires douloureuses dans les rues déshéritées de Glasgow. Celle de Joseph (Peter Mullan : Trainspotting, Les fils de l’homme), un homme alcoolique, agressif et rongé par sa violence, qui offre un jeu féroce teinté de remords. Le cloisonnant peu à peu dans la folie.
Mais aussi celle d’Hannah (Olivia Colman : One day, qui apparait également dans la série Skins), en apparence fragile, qui prie pour les autres mais qui semble pourtant avoir arrêté de le faire pour  elle-même.


La violence, même omniprésente tout au long du film, n'est jamais une fin en soi pour les deux protagonistes. Juste une nécessité. (Photo: DR)
La violence, même omniprésente tout au long du film, n'est jamais une fin en soi pour les deux protagonistes. Juste une nécessité. (Photo: DR)
Une relation sauvage sur le mode de la dépendance
Des personnages qui puisent leur forces dans un monde où la violence est soit commise, soit subie. Où les rares moments de bonheur et de pardon se font dans les instants les plus douloureux. Une relation sauvage qui se vit avant tout sur le mode de la dépendance réciproque. Une violence parfois héroïque, qui n’est toutefois jamais une fin en soit et qui s’érige tantôt en lâcheté, tantôt en nécessité.

Ni héros ni anti-héros : juste des êtres humains   
« Tyrannosaur » est un film dur et désespéré. Sa manière de filmer, progressive et dynamique, soutient le rythme d’un bout à l’autre. Le traitement de la violence, loin de la facilité et du cliché, se décline sur des modes bien plus subtils. Il n’y a pas dans ce film de héros ou anti-héros, juste des personnages qui se débattent, avec leurs minces forces et leurs immenses failles. Et cette facette de l’humanité donne à l’ensemble une remarquable crédibilité.
Cette œuvre ne manquera pas de vous prendre aux tripes du début à la fin. A aller voir sans hésiter !
Margaux CANET

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