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Transport maritime : le SAMMM de la Corsica Linea estime que « le temps des discussions est passé »


Christophe Giudicelli le Samedi 31 Janvier 2026 à 13:37

Les marins du Syndicat des Marins de la Marine Marchande (SAMMM) de la Corsica Linea ont haussé le ton ce samedi 31 janvier à Bastia. Insatisfaits de leur entretien au ministère de l’Intérieur, ils dénoncent le dumping social et la fiscalité écologique et menacent de passer à l’action si les discussions n’aboutissent pas, même si, pour l’instant, le syndicat ne dépose pas de préavis de grève.



Transport maritime : le SAMMM de la Corsica Linea estime que « le temps des discussions est passé »
Transport maritime : le SAMMM de la Corsica Linea estime que « le temps des discussions est passé »
Fiscalité écologique, dumping social : le Syndicat des Marins de la Marine Marchande (SAMMM) de la Corsica Linea se dit insatisfait de son entretien au ministère de l’Intérieur et agite la menace de passer à l’action. Si, pour l’heure, le SAMMM ne rejoindra pas le préavis de grève déposé par la CGT à partir du lundi 2 février, pour des questions « de positions et de manière de voir les choses », son porte-parole, Antoine Sisco, estime « que le temps de la diplomatie et des discussions est passé », avant de dévoiler les options envisagées par son syndicat : « On ne parle pas de blocage de nos navires dans l’immédiat. En ce qui concerne le SAMMM, on voit les choses différemment. On ne va pas se tirer une balle dans le pied à chaque fois en bloquant nos compagnies. Si on doit faire des choses, on bloquera les infrastructures portuaires ».

Un coup de pression pour ramener tout le monde autour de la table, en terminer avec les « réunionites » et passer aux actes : « Suite à notre rendez-vous, on attendait un retour concret sur une date de réunion avec l’ensemble des acteurs de cette situation : les deux régions, le ministère des Transports, les directions des deux compagnies régionales et les syndicats. Aujourd’hui, on veut accélérer le processus. On a l’impression qu’on veut jouer la montre, et le temps joue contre nous ».

Concrètement, les marins du SAMMM souhaitent que les politiques prennent conscience de leurs revendications : « C’est un sujet prégnant pour l’avenir des transports et de la Corse ».
Deux revendications. La première : une meilleure défense des compagnies maritimes battant pavillon français en premier registre. Autrement dit, lutter contre le dumping social qui déséquilibre les entreprises : « Ce n’est pas la concurrence qui nous fait peur, c’est qu’on ne se bat pas à armes égales. Aujourd’hui, on nous demande de vivre français, de manger français, de faire vivre la France, et les mêmes personnes tuent l’emploi français. Les gens sont payés entre 800 et 1 000 dollars à bord pour le même travail que nous, avec plusieurs tâches sur le même navire ».

La seconde concerne les ETS sur le transport du fret : « Cette fiscalité écologique va rajouter une taxe supplémentaire : «5 euros sur Bastia et Ajaccio et 8,50 euros par mètre linéaire sur Porto Vecchio. Les compagnies les répercutent sur les transporteurs, qui vont les répercuter sur les Corses ». C'est une aberration pour Antoine Sisco : « Ils se cachent derrière une Europe qui vient nous étouffer avec des normes qui viennent se rajouter aux normes. On a fait de lourds investissements sur nos navires, avec plus de 12 millions d’euros de travaux pour la Corsica Linea, pour rendre les bateaux vertueux. Et à côté de ça, on voit des compagnies arriver avec des navires qui ont 40 ans ».

Pour le SAMMM, les leviers existent, au gouvernement de prendre ses responsabilités : « Les politiques nous demandent d’être vertueux, ils feraient mieux de l’être eux. L’Italie protège mieux ses navires et ses compagnies que le gouvernement français. L’Italie a porté des solutions comme l’exonération de certaines taxes ».