(Photos Paule Santoni)
Il est près de 17 heures lorsque les portes de la préfecture d’Ajaccio s’ouvrent enfin. Après plus de deux heures de discussions, les visages sont partagés entre soulagement prudent et frustration contenue. « On a le sourire mais on n’est pas satisfait », résume Jean-Pierre Luciani, secrétaire national du STC Éducation, à la sortie de la réunion consacrée à l’avenir de Scola Corsa.
Autour de la table figuraient des représentants de l’État, parmi lesquels le préfet de Corse-du-Sud, le recteur Rémy Paolini, le président du conseil exécutif Gilles Giovanangeli, ainsi que les responsables de Scola Corsa menés par leur président Ghjiseppu Turchini. Le préfet de Haute-Corse, le maire de Bastia Gilles Simeoni, et le député Michel Castellani participaient quant à eux en visioconférence depuis Bastia. Tous étaient réunis pour tenter de sortir d’une impasse qui menace aujourd’hui l’équilibre du réseau scolaire immersif.
Une avancée jugée insuffisante
À l’issue des échanges, l’État a accepté la contractualisation de six postes supplémentaires dès cette année. Une accélération notable selon le préfet Éric Jalon. « La contractualisation a été faite avec un an d’avance par rapport à ce qui se fait habituellement. L’année dernière, il y a eu deux postes contractualisés au bout de quatre ans. La logique aurait été de faire la même chose. Ce n’est pas ce qui va être fait puisque c’est six postes en plus », souligne-t-il.
Mais pour les responsables de Scola Corsa, cette avancée ne répond pas pleinement aux besoins exprimés. Le réseau réclamait onze postes afin d’assurer durablement son fonctionnement. « Six postes acquis dès cette année et cinq postes promis pour la rentrée 2027-2028. Nous avions demandé onze postes, nous sommes à mi-chemin. Pour nous, le compte n’y est pas », tranche Ghjiseppu Turchini.
Le président de Scola Corsa refuse d’ailleurs de considérer les cinq postes annoncés pour l’année suivante comme une garantie suffisante. « C’est ce qui nous inquiète. On nous parle de continuité de l’État mais il y a aussi le principe de l’annualité budgétaire. Qui nous dit que l’année prochaine, avec la perspective des présidentielles, les gouvernants en place seront en mesure de tenir la promesse engagée ? »
L’État veut clarifier le cadre juridique
Au cœur des discussions se trouve une question hautement sensible : celle du financement du réseau immersif et du rôle que peut légalement jouer la Collectivité de Corse. L’État souhaite désormais examiner précisément les dépenses afin de déterminer ce qui peut être financé dans le cadre légal actuel. « Il faut que l’on ait un travail très précis, très analytique (…) pour que l’on puisse voir, ligne à ligne, qui peut financer quoi », explique Éric Jalon.
Le préfet rappelle que cette interrogation est au centre du recours engagé devant le tribunal administratif. « Qu’est-ce que la Collectivité peut ou non financer ? Qu’est-ce qui peut être fait en termes de forfait communal pour les communes ? »
Pour l’État, l’objectif affiché est double : préparer sereinement la prochaine rentrée scolaire tout en sécurisant juridiquement le modèle économique de Scola Corsa. « Ce travail technique est indispensable (…) il faut répondre aux inquiétudes des parents sur ce qui va se passer. »
Une bataille sur la nature du financement
Du côté de l’exécutif corse, on insiste également sur la nécessité de trouver une solution juridiquement stable. « Les propositions qui ont été faites sont globalement insatisfaisantes même si on note un pas en avant », reconnaît Gilles Giovanangeli.
Mais au-delà du nombre de postes, c’est bien la mécanique de financement qui cristallise les débats. « Ce que considère l’État, c’est que le financement de la Collectivité de Corse du poste des enseignants n’est aujourd’hui pas permis. Donc on essaye de discuter dessus pour faire en sorte que le financement repose sur d’autres besoins que seulement les salaires des enseignants. »
Autrement dit : trouver une solution juridique permettant de préserver le modèle sans mettre la Collectivité de Corse en difficulté face à la justice administrative.
« Notre avenir est en jeu »
Avant même l’ouverture des discussions, Ghjiseppu Turchini avait donné le ton. « Notre avenir est en jeu », avertissait-il devant la préfecture. Le président de Scola Corsa réclame non seulement la contractualisation complète des onze postes, mais aussi « une sécurisation définitive du réseau dans un cadre juridique pérenne ».
Pour lui, les discussions engagées ce jeudi constituent malgré tout une évolution notable. « Les propos de monsieur le préfet ont été rassurants dans l’optique d’un processus constructif », reconnaît-il. Le responsable associatif veut croire à une sortie de crise négociée. « Nous allons jouer le jeu », assure-t-il, tout en rappelant que la confiance dépendra désormais des actes.
Au terme de cette journée, les responsables de Scola Corsa retiennent malgré tout un élément politique majeur : l’enseignement immersif n’est plus frontalement remis en cause. « Tout le monde autour de la table a convenu aujourd’hui que le modèle immersif, la défense de la langue, ne constitue pas une agression », souligne Ghjiseppu Turchini. Une nouvelle réunion technique doit désormais se tenir mercredi prochain pour tenter de bâtir un cadre juridique pérenne autour du réseau immersif.
Du côté de l’exécutif corse, on insiste également sur la nécessité de trouver une solution juridiquement stable. « Les propositions qui ont été faites sont globalement insatisfaisantes même si on note un pas en avant », reconnaît Gilles Giovanangeli.
Mais au-delà du nombre de postes, c’est bien la mécanique de financement qui cristallise les débats. « Ce que considère l’État, c’est que le financement de la Collectivité de Corse du poste des enseignants n’est aujourd’hui pas permis. Donc on essaye de discuter dessus pour faire en sorte que le financement repose sur d’autres besoins que seulement les salaires des enseignants. »
Autrement dit : trouver une solution juridique permettant de préserver le modèle sans mettre la Collectivité de Corse en difficulté face à la justice administrative.
« Notre avenir est en jeu »
Avant même l’ouverture des discussions, Ghjiseppu Turchini avait donné le ton. « Notre avenir est en jeu », avertissait-il devant la préfecture. Le président de Scola Corsa réclame non seulement la contractualisation complète des onze postes, mais aussi « une sécurisation définitive du réseau dans un cadre juridique pérenne ».
Pour lui, les discussions engagées ce jeudi constituent malgré tout une évolution notable. « Les propos de monsieur le préfet ont été rassurants dans l’optique d’un processus constructif », reconnaît-il. Le responsable associatif veut croire à une sortie de crise négociée. « Nous allons jouer le jeu », assure-t-il, tout en rappelant que la confiance dépendra désormais des actes.
Au terme de cette journée, les responsables de Scola Corsa retiennent malgré tout un élément politique majeur : l’enseignement immersif n’est plus frontalement remis en cause. « Tout le monde autour de la table a convenu aujourd’hui que le modèle immersif, la défense de la langue, ne constitue pas une agression », souligne Ghjiseppu Turchini. Une nouvelle réunion technique doit désormais se tenir mercredi prochain pour tenter de bâtir un cadre juridique pérenne autour du réseau immersif.
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