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Scola Corsa : « L'État ne respecte pas ses engagements »


Christophe Giudicelli le Vendredi 31 Juillet 2026 à 14:27

À un peu plus d'un mois de la rentrée scolaire, Scola Corsa affirme qu'il lui manque 270 000 euros pour boucler son budget et accuse l'État de ne pas avoir respecté les engagements pris en juin dernier pour assurer le financement de son réseau d'écoles immersives.



Ghjiseppu Turchini, président de Scola Corsa (Photo Gérard Baldocchi)
Ghjiseppu Turchini, président de Scola Corsa (Photo Gérard Baldocchi)
Le bras de fer entre la fédération Scola Corsa et l'État se poursuit. Ce vendredi 31 juillet, à l'occasion d'une conférence de presse organisée à Bastia, les représentants de l'école immersive en langue corse ont dénoncé des engagements non tenus par l'État après les négociations de juin dernier concernant la sécurisation financière du réseau.

« Nous avions obtenu un engagement officiel cosigné par le préfet de région et le président du Conseil exécutif de Corse stipulant bien qu'à la suite de l'arbitrage budgétaire ministériel, s'il venait à manquer une somme pour abonder le budget de l'association, les deux parties s'engageaient à mettre ce différentiel », explique Ghjiseppu Turchini, président de Scola Corsa.

Pour lui, la promesse n'est pas tenue. Le budget alloué, issu de ces arbitrages ministériels, est de 970 000 euros, contre les 1,2 million d'euros initialement prévus. « Il nous manque 270 000 euros pour boucler notre budget. »

Problème pour Ghjiseppu Turchini : une partie des 1,2 million d'euros de la Collectivité de Corse destinée à financer Scola Corsa, et examinée aujourd'hui à l'Assemblée de Corse, pourrait de nouveau être déclarée illégale:  « du fait que l'enseignement, le versement des salaires des enseignants et des aides maternelles ne sont pas de sa compétence ».

Le reste du budget de Scola Corsa (1,9 million d'euros au total) est financé par l'autofinancement des parents, les dons, le mécénat, ainsi que par le cofinancement des communes sur lesquelles sont situées les écoles.

Ce trou dans le budget qui reste donc à compenser « remet en cause notre fonctionnement », explique le président de Scola Corsa, avant de poursuivre : « On nous rétorque que trois classes n'étaient pas prévues dans ce qui avait été évoqué lors des discussions. C'est de la mauvaise foi, car notre budget a été présenté en janvier. Et nous avions même revu notre budget à la baisse, à la suite des six contractualisations qui nous ont été accordées sur les onze demandées, en demandant également un effort aux parents. »

Contacté par Corse Net Infos, Éric Jalon, préfet de Corse, indique que : « Les engagements que nous avons pris le 25 juin, c'est d'assurer la pérennité du fonctionnement de Scola Corsa, avec, d'une part, une accélération massive de la contractualisation, puisqu'on avait deux classes contractualisées et qu'il y en aura huit à la prochaine rentrée et, d'autre part, la sécurisation des conditions de financement de Scola Corsa par la Collectivité de Corse, une condition qui était assez fragile. » Avant de conclure : « Le développement de Scola Corsa, je n'ai pas à le remettre en cause. Cela fait partie de sa politique d'association libre, mais, au-delà des conditions légales que j'ai rappelées dans mon écrit du 15 juillet, il n'appelle pas de financement par les collectivités publiques. »

Pour Ghjiseppu Turchini, « L'État fait semblant de découvrir des postes qui avaient été annoncés. » Pour faire simple, explique le président de Scola Corsa : « L'État nous demande de faire rentrer tout cela dans ce qui nous est imparti, au détriment de la qualité scolaire et du fonctionnement », demandant à l'État de tenir ses engagements.

Le président de Scola Corsa rappelle également que les 270 000 euros manquants correspondent « aux cinq postes d'enseignants non contractualisés que nous demandons ».
Le bras de fer autour de Scola Corsa continue donc de plus belle même durant la trêve des longues vacances d’été…