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Port-Toga : Le rouge est mis...


Rédigé par le Mercredi 19 Septembre 2018 à 22:54 | Modifié le Mercredi 19 Septembre 2018 - 23:27


Une première bagarre vendredi avec un blessé grave - un homme de 22 ans, qui victime d'une fracture du Rocher est depuis dans le coma - une seconde, générale, le lendemain pour un tout autre motif et où près de 80 personnes sont impliquées avec là encore, au moins un blessé : le rouge est mis à Port-Toga où cette violence hebdomadaire va crescendo. Aujourd'hui il est bien évident qu'il convient d'agir rapidement afin d'éviter que de nouveaux drames ne viennent endeuiller ces soirées que l'on veut festives mais qui peuvent, à tout coup, verser dans le sang et les larmes.


C'était dimanche au petit matin sur le parking de Port-Toga
C'était dimanche au petit matin sur le parking de Port-Toga
Une bagarre qui, après un différend, s'achève dramatiquement pour une homme d'un peu plus de 22 ans - un policier qui se trouvait, à titre privé,  dans un établissement - victime d'une fracture du Rocher.
Une seconde, le lendemain, qui prend une plus grande ampleur et à laquelle se trouvent mêlés de jeunes footballeurs de couleur de l'AS Furiani-Agliani, fait un blessé selon les services de secours - une luxation de l'épaule.
Mais il aurait été plus lourd - on avance un total de 6 blessés, dont des policiers, légèrement atteints, selon le Parquet de Bastia qui annonçait mardi soir qu'une enquête avait été confiée à la direction départementale de la Sécurité publique pour "participation à un attroupement armé", "dégradations de biens d'utilité publique", "violence volontaire en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique" et "violences en réunion à caractère raciste".
C’est dire si les faits qui se sont produits à cet endroit en l'espace de quelques heures sont graves.
Aujourd’hui ils ne laissent plus personne indifférent.


Les problèmes qui se posent ici ne sont certes pas nouveaux. Cela fait des années, en effet, que la préfecture et les collectivités concernées -Ville-di-Pietrabugno et Bastia - se penchent à intervalles réguliers, mais en vain, sur les soubresauts qui agitent régulièrement la nuit venue, le site de Port-Toga. Ce n'est pas pour autant que les choses avancent.
Aujourd"hui pourtant l'on a pris conscience qu'il convient d'agir.
Et vite.
Gérard Gavory le rappelait mercredi matin un peu avant l'inauguration du premier point multi-accueil de Port-Toga.
"Port-Toga est, déjà, sous surveillance les fins de semaine. Nous allons la renforcer bien sûr. Pour faire de la prévention. Et de la répression quand cela s'imposera. Nous avons déjà, fait fermer nombre d' établissements dans le passé. Nous sommes prêts à le refaire mais faudrait-il encore parvenir à établir un lien entre ce qui se passe à l'extérieur et l'établissement".
Mais pour le préfet de Haute-Corse une des solutions les plus dissuasives passe par l'instauration d'un véritable système de vidéo-surveillance. "Je vais reprendre avec les municipalités les travaux que nous avons mené en commun pour sécuriser les lieux, mais il ne faut pas perdre de vue que nous sommes sur un site qui appartient à une SEM (société d'économie mixte)."

Michel Rossi, le maire de Ville-di-Pietrabugno et président de la SEM de Port-Toga abondait lui aussi dans ce sens.
"Toute la partie Sud du site est mail éclairée, le réseau routier est truffé de nids de poules et le parking mal organisé. Dans quelques heures va se tenir une réunion de la SEM. Je vais proposer que des travaux d'urgence soient engagés pour réhabiliter le site. Par ailleurs je n'ai rien contre les établissements de nuit, mais il faut que tous ceux qui les gèrent fassent tout qui est en leur pouvoir pour éviter des débordements du genre de ceux que nous venons de connaître. Sinon il finiront par s'exposer à des sanctions comparables à  celles qui ont déjà frappé quelques-uns d'entre eux."
Michel Rossi est par ailleurs "totalement favorable" à l'instauration d'un système de video surveillance. Une proposition qu'il fera à la faveur d'une prochaine réunion à Pierre Savelli le maire de la ville de Bastia qui fait elle aussi partie de SEM.

Bref, on l'a bien compris à Port-Toga, aujourd'hui, le rouge est mis.
Il est temps de rendre à l'endroit la tranquillité, la paix et la sérénité qu'avaient imaginé ses concepteurs : la fête oui, mais pas n'importe comment  et surtout pas à n'importe quel prix !



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