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Pollution, particules, déchets fioul lourd, chaîne gazière… : Les écologistes corses tancent Nicolas Hulot


Rédigé par José Fanchi le Jeudi 12 Juillet 2018 à 18:06 | Modifié le Jeudi 12 Juillet 2018 - 18:15


A Sentinella, Aria linda, Global Earth Keeper, La Ligue Contre le Cancer, Le Garde, u Levante, Zeru Frazu, tous haussent le ton et dénoncent la récente venue de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, qui préfigure une marche arrière du gouvernement au niveau de la chaîne gazière qui devait desservir la Corse en gaz naturel. Ils critiquent également sa déclaration en faveur des incinérateurs à ordures ménagères, dont certains acteurs politiques locaux évoquent curieusement aujourd'hui les mérites


(Photos ML)
(Photos ML)
Les associations écologistes se sont unies pour organiser une conférence de presse et faire état de toutes ces problématiques qui enfoncent un peu plus la Corse dans une dangereuse pollution. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont tiré à boulets rouges pour dénoncer tout cela en s’adressant au ministre de l’Ecologie mais aussi sur les élus corses qui, estiment-ils « tentent de contourner les lois. »
Il faut tenir compte également d’autres problèmes, ceux qui se posent à la Corse concernant le non-respect des PLU (Girtec, propriétés soit disant trop nombreuses) et du rôle de certains élus et de l'Etat, au regard du non-respect ou du contournement de la loi, ont conduit les principales associations de défense de l'environnement en Corse à hausser le ton à travers une conférence de presse commune.
Donner de la voix à l’unisson, c’est sans doute la meilleure solution pour mener le combat contre les pollutions. C’est la raison pour laquelle toutes ces associations de défense de l’environnement et de la santé veulent dénoncer fortement les déclarations de Nicolas Hulot, l’alimentation de l’île en gaz et plus encore l’incinération pour régler le problème des déchets.


La marche arrière du gouvernement…
Cette véritable marche-arrière du gouvernement, ils n’en veulent pas et montent au créneau pour la dénoncer. Dominique Lanfranchi, d’A Sentinella, est revenu en arrière pour rappeler que si des victoires ont été acquises depuis 2008 « nous sommes encore loin du compte… »Il a notamment rappelé la non construction de la centrale -  avec Aria Linda -  de Bastelicaccia et sans doute une immense catastrophe de se produire, sans oublier l’ouverture, en 2013, de la centrale thermique de Lucciana au gasoil en remplacement du fioul lourd, avec cette réflexion : « Nous étions néanmoins conscients que l’appellation fioul léger masquait mal une pollution mortifère qui perdure ! »
Qualité de l’air et centrales thermiques, le recul de l’Etat sur ce dossier, le problème des incinérateurs  et les déchets ménagers, ont été autant de sujets évoqués par les différents intervenants des associations de défense de l’environnement et de la santé.
Dominique Lanfranchi : « Nous avons commencé un combat avec Aria Linda en 2008. C’est grâce à la persévérance et aux actions concertées d’un certain nombre d’acteurs que nous avons proposé pour que l’alternative gazière soit prise en compte et officialisée comme solution de substitution aux fiouls dont les méfaits sanitaires sur la population ne sont plus à démontrer. En 2016 comme cela avait été dit en 2010, on nous a certifié que la nouvelle centrale démarrerait au gaz (déclaration du préfet Bouillon en 2010). Ces mêmes propos ont été tenus par Mme Ségolène Royal en décembre 2016 et le dossier de la chaîne gazière semblait alors avoir fait un bond considérable après cette longue stagnation.


La reculade et le blocage !
« Il y avait un bémol, à savoir que le schéma proposé aujourd’hui serait une structure composée d’un cycle combiné gaz d’Ajaccio qui fonctionnera au fioul léger en attendant le gaz…Si d’aucuns ont été optimistes, nous avons été de notre côté assez prudents et réservés…Et soudain, c’est la reculade, avec le changement de gouvernement et de ministre ! »  
En effet, on se rappelle que la procédure prévue en janvier dernier est aujourd’hui au point mort, d’autant que lors de sa visite il y a deux mois, Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la Transition Ecologique et solidaire, a clairement fait montre de sa position en net recul sur ce dossier. On se rappelle sa déclaration :
« J’ai compris qu’il y avait plusieurs scénarios sur la table. Personnellement, je ne suis pas fermé à l’utilisation du gaz mais il faut bien apprécier les choses. Il y a peut-être des solutions médianes à envisager et donc, il s’agit de faire un état des lieux, car ce qui est vrai aujourd’hui ne l’était pas hier… »  
« Il semblerait que ce « roi de l’aventure » ne connaisse pas vraiment ce dossier «  explique Dominique Lanfranchi qui estime que la stratégie du recul est bien engagée et croit plutôt à l’abandon pur et simple du projet de la chaîne gazière :
« Il n’y a qu’un seul scénario, celui de la barge au large de Lucciana avec un gazoduc alimentant les deux centrales thermiques et l’on se pose la question sur les fameuses « solutions médianes » du ministre… »
En clair, il s’agit bien de la remise en cause de la PPE, ce qui a été confirmé à Bastia par la directrice de l’énergie à la DGEC, qui a fait allusion à l’identification de nombreuses parcelles (11 000) par le Girtec alors même qu’il n’y aurait que 2000 de ces parcelles…

Et les particules continuent de tomber !
Toujours selon Dominique Lanfranchi, tout serait fait pour que le gaz naturel n’arrive pas en Corse ni d’ici à 2023 ni après : « Il est déjà certain que la nouvelle centrale démarrera au fioul et que si elle demeure ainsi, elle y restera de nombreuses années, ainsi que la centrale de Lucciana, faisant des Corses, les parias de la transition écologique. »
Tour à tour, les représentants des associations sont intervenus sur les dangers de cette pollution, à l’image du GARDE qui estime que « la crise gouvernementale qui se profile à brève échéance  ne peut plus être ignorée par nos édiles, les événements climatiques violents qui se succèdent et la perte de biodiversité en sont les marqueurs incontestables… »
Mêmes propos de la part de « Zeru Frazu » qui explique que « La Corse aborde la 4e saison de crise de l’enfouissement des déchets. Tous les signaux sont au rouge, les deux sites en exploitation sont quasiment saturés. La Collectivité de Corse a confirmé sa volonté d’impulser la généralisation du tri, de la collecte au porte à porte avec séparation des bio-déchets à la source… »
La Ligue contre le Cancer, représentée par le docteur Sauveur Merlenghi, estime pour sa part que « si la pollution de l’air a diminué au cours des 30 dernières années, elle demeure élevée dans les grandes agglomérations. L’exposition des individus à la pollution de l’air aggrave la morbidité et induit une mortalité prématurée à travers notamment ses effets sur les systèmes respiratoires et cardiovasculaires. Ils peuvent se manifester à court terme suite à un pic de pollution. C’est cette exposition chronique qui constitue aujourd’hui l’enjeu sanitaire le plus important… 
Pour endiguer ce récurrent phénomène des pollutions, on avance des dates mais celles-ci semblent très éloignées par rapport au combat qu’il faut mener au quotidien pour apercevoir une infime amélioration. Des campagnes ont été organisées par nos institutions pour mettre un point final à cette lutte de tous les instants. Toutes les associations continuent de monter au créneau, Tous les élus se sont manifestés afin de juguler les pics de pollution qui empoisonnent régulièrement la Corse. Des dates ont été avancées, des achats de bateaux « propres » sont également à l’ordre du jour, ainsi que des mesures concrètes. En attendant, les particules continuent inlassablement de poursuivre leurs ravages…Compagnies maritimes (La méridionale et Corsica Linea), les Chambres de Commerce et d’Industrie, les associations environnementales ainsi que l’organisme qualitair ont répondu aux institutions. C’est un combat permanent qui manque d’information et inquiète considérablement les associations environnementales autant que les particuliers.
Voilà en tout cas qui est peu rassurant pour l’avenir de nos villes, de nos ports, surtout en Corse dont on espère de nouvelles normes pour les années à venir. Aujourd’hui, entre les paquebots et le Vazziu, entre les promesses et sœur Anne, on ne voit pas comment se sortir de cette situation qui nous mine chaque jour davantage et nous promet de vieux jours assez compliqués pour nos organismes…
J. F.




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