Thon rouge, dorade rose, dorade coryphène… Depuis le 12 février, les pêcheurs de loisir en mer doivent se plier à de nouvelles obligations. En cause : la mise en place, à l’échelle européenne, d’un système de déclaration numérique pour certaines espèces. Une évolution réglementaire destinée à mieux encadrer la pêche récréative, pratiquée par 2,5 millions de personnes en France selon le ministère chargé de la Mer et de la Pêche.
Si les pêcheurs de loisir devaient déjà respecter certaines règles, comme la taille minimale des captures, les périodes de fermeture de pêche ou l’utilisation de certaines techniques, de nouvelles obligations européennes sont désormais ajoutées. Ainsi, « il est demandé aux pêcheurs de loisir de 16 ans et plus de s’enregistrer chaque 12 mois et de déclarer de manière journalière leur capture lorsqu’ils pêchent des espèces sensibles », précise le ministère sur son site Internet. En Méditerranée, trois espèces sont visées par cette obligation : le thon rouge, la dorade rose et la dorade coryphène.
Pour se conformer à ces nouvelles obligations, les pêcheurs de loisir doivent télécharger une application dédiée et s’enregistrer avant toute sortie en mer. L’inscription est valable un an et permet de déclarer au jour le jour les captures des espèces sensibles. Le ministère précise également que dans les parcs naturels marins, où une obligation de déclaration existait déjà, Catchmachine reste la seule application requise, et « aucune double déclaration n’est nécessaire ». En dehors des parcs, les pêcheurs peuvent utiliser l’application RecFishing, ou Catchmachine, selon leur préférence.
Le ministère précise que « les données recueillies auprès des pêcheurs de loisir permettent d'améliorer la connaissance sur les pratiques de pêche et sur l’état des ressources de poissons » afin de « lutter contre les pratiques illégales et garantir une protection renforcée des espèces et des milieux marins ». En cas de non-respect des règles, le ministère indique que les pêcheurs « seront sanctionnés d’une amende » et que « chaque infraction peut être punie séparément, donc plusieurs oublis ou fautes peuvent entraîner plusieurs amendes ».
Une réglementation contestée par les pêcheurs de loisir
À l’approche de la mise en œuvre des nouvelles obligations, de nombreux pêcheurs avaient réagi sur les réseaux sociaux. Alors que certains s’inquiétaient des contraintes liées à la déclaration quotidienne ou au fonctionnement des applications, d’autres allaient jusqu’à appeler au boycott du système. Un mois après sa mise en place, Philippe Piccoli, vice-président de la Fédération corse des pêches récréatives, dénonce « une pression de plus en plus forte sur la pêche de loisir ». « On a déjà une obligation de déclaration pour le thon rouge, puisqu’on doit avoir une autorisation nationale, donc ça fait double emploi avec le système européen. »
Du côté des deux autres espèces, il explique que « pas grand monde ne pêche de la dorade rose parce qu’elle se trouve en profondeur ». « En ce qui concerne la dorade coryphène, on peut se poser la question de savoir pourquoi cette mesure est mise en place, dans le sens où c'est une espèce étrangère à la Méditerranée, qui remonte le long des côtes africaines et vers Gibraltar et qui est plutôt en très bonne santé, puisqu'on en prend en Corse depuis très longtemps, mais surtout on en prend qui font maintenant jusqu'à 25 kilos. »
Pour le vice-président de la fédération, cette obligation déclarative pose surtout un problème de cohérence. « L’obligation doit être faite avant 23h59, mais si je vais pêcher demain matin, que je remonte une coryphène mais que je rentre déjeuner chez moi à midi et que je la consomme, je n’en ai plus rien à faire de la déclaration. À part en cas de contrôle en mer, c’est une règle qui ne tient pas. Je pense qu'il y avait d'autres choses plus intelligentes à faire pour la protection des espèces que les déclarations de capture. »
La fédération redoute enfin une extension du système à d’autres espèces. « On se demande pourquoi il faudrait déclarer des espèces qui ne sont pas soumises à un danger particulier, en tout cas selon les normes de l'Institut de conservation des espèces, ou qui sont déjà soumises à une réglementation nationale. C’est la porte ouverte, et c'est annoncé officiellement, à la déclaration de capture d'autres espèces, et ce jusqu'en 2029. Ça peut être le denti, le maquereau, le bar… sans compter d'autres choses qui sont en train d'arriver comme la taxe sur les moteurs des bateaux à partir d'une certaine puissance. La pêche de loisir est de plus en plus ciblée par les autorités et ça finit par nous harceler réellement. On redoute un peu ce que l'Europe va nous pondre sur les autres espèces. »
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