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Municipales Bastia : Gilles Simeoni largement en tête et en pôle position pour le 2nd tour


Nicole Mari le Dimanche 15 Mars 2026 à 20:03

Sans surprise, le président de l’Exécutif sortant, Gilles Simeoni, arrive largement en tête du 1er tour des élections municipales à Bastia. Avec 35,33% des suffrages contre 25,48% pour Julien Morganti, il confirme son assise et se trouve en pôle position pour remporter cette élection. Nicolas Battini fait une forte percée avec 16,65%. Avec 11,16%, Jean-Martin Mondoloni tire son épingle du jeu. Sacha Bastelica recueille 6,44%. Déception pour Francis Riolacci et Jean-Michel Lamberti avec respectivement 3,91% et 1,03%. Le taux de participation atteint 63,26%, soit 14 669 votants, 10% de plus qu’en 2020 sous Covid, mais bien inférieur à 2014.



Le leader nationaliste, Gilles Simeoni, largement en tête du 1er tour des élections municipales à Bastia.
Le leader nationaliste, Gilles Simeoni, largement en tête du 1er tour des élections municipales à Bastia.
Pari gagné pour Gilles Simeoni qui voulait arriver largement en tête au soir du 1er tour. Le président de l’Exécutif comptait creuser l’écart avec une opposition qui l’estimait déjà fini. Avec 35,33 % des suffrages exprimés et 5032 voix, le score est sans appel. Une avance conséquente de plus de 10 points, soit 1402 voix d’écart, le place en pôle position pour le 2nd tour face à son principal challenger, Julien Morganti qui ne recueille que 25,48 % de suffrages, soit 3630 voix. Très loin de la déroute annoncée par l'opposition, Gilles Simeoni, allié notamment à Core in Fronte et au Parti socialiste, caracole en tête dans tous les bureaux de la ville, que ce soit du centre-ville qui lui sont traditionnellement favorables, mais aussi, fait notable, dans les Quartiers Sud. A titre de comparaison, en 2020, lors d’un scrutin à faible taux de participation pour cause de Covid, le maire sortant Pierre Savelli avait recueilli 30,43 % des suffrages exprimés et la même avance de plus de 10 %. Gilles Simeoni dépasse aussi son score des territoriales de 2021 où il avait engrangé 4183 voix. « Je suis globalement très satisfait, très heureux. C’est un très bon premier tour. Nous sommes en tête dans tous les bureaux, et largement, notamment dans les Quartiers sud de Bastia. C’est un signe politique important, un signe de confiance », réagit-il. Même s’il espérait un score un peu plus élevé, il se dit très serein pour le 2nd tour : « Nous sommes en tête avec 10 points d’avance. L’écart est très largement creusé. Nous allons aborder le deuxième tour dans les meilleures conditions et je m'en réjouis. Maintenant, il va falloir travailler, élargir encore la mobilisation pour l’emporter définitivement dimanche prochain ».
 
L’union de l’opposition 
Julien Morganti espérait talonner Gilles Simeoni, mais, avec 25,48 %, soit 3630 voix, il est loin derrière. Il se place néanmoins comme chef de file de l'opposition bastiaise. Macroniste, il avait fédéré derrière lui le libéral Sylvain Fanti et l’ex-candidat Jean-Sébastien De Casalta. Il avait, pendant la campagne, balayé les appels à la fusion, mais il lui sera difficile de s’y soustraire s’il veut avoir une chance de faire tomber la majorité sortante. Il appelle désormais à l’union : « On fait une très belle élection. On est dans une situation de ballottage favorable qui nous met en position de vouloir rassembler ceux qui veulent le changement. C’est ça qui est important, c’est le message à faire passer. Ce soir, clairement les Bastiais ont fait un vote sanction contre la majorité sortante, cela va permettre de définir un périmètre pour déclencher une alternative et cet espoir de changement pour aller à la victoire dimanche prochain ». Avec 11,16 %, soit 1589 voix, le libéral Jean-Martin Mondoloni, allié au radical Jean Zuccarelli, s’octroie la quatrième place et se qualifie pour le second tour. Il a, pour sa part, immédiatement, et sans état d’âme, appelé, lui, à la fusion avec Julien Morganti. « C’est un résultat que nous aurions naturellement espéré bien meilleur. Si j’analyse la somme de ceux qui souhaitent l’alternance, je pense que le deuxième tour va être ouvert et j’appelle les candidats qui veulent cette alternance de façon responsable de discuter, s’unir et de créer les conditions du changement ». Rappelons que les deux candidats, qui, malgré de longues tractations, n’ont pas réussi à se mettre d’accord au premier tour ont vu leurs relations se dégrader fortement pendant la campagne. Une telle fusion les mettrait statistiquement au niveau de Gilles Simeoni. Le communiste Francis Riolacci avait, lui, dès le début de la campagne, appelé à l’union, mais, avec 3,91% des suffrages, soit 557 voix, il ne passe pas la barre des 5%. Avec 6,44% des suffrages, soit 917 voix, Sacha Bastelica, à la tête d’une liste regroupant Ecologia Sulidaria, Europe Écologie-Les Verts, Inseme à Manca, Ghjuventù di Manca et le Parti animaliste, passe la barre des 5%.
 
La surprise Battini
La vraie surprise vient de l’excellent score du candidat d’Extrême-droite, Nicolas Battini, qui, pour sa première participation à une municipale à Bastia, s’octroie la troisième place avec 16,65% des suffrages, soit 2372 voix, et se qualifie pour le second tour. S’il a bénéficié de la dynamique RN qui s’ancre depuis les dernières législatives, sa campagne très active, tant sur le terrain que sur les réseaux sociaux, a visiblement payé, notamment dans les Quartiers Sud où il réalise ses meilleurs scores. Pas vraiment étonné, le candidat d’Extrême droite s’attendait à un tel score. « C’est une immense victoire. Nous sommes parfaitement satisfaits après seulement quatre mois de campagne. Nous sommes parvenus à représenter un pôle de contestation qui sera un pôle de construction. Je pense que c’est une aventure qui ne fait que commencer ». Pas question pour lui de fusionner avec les autres forces d’opposition au 2nd tour : « Notre position est très claire. Elle est de faire la promotion et d’opérer la consolidation du message qui est le nôtre. Par conséquent, nous devons observer une fidélité sans faille vis-à-vis de nos électeurs qui nous ont mandaté pour défendre notre message tel qu’il est présenté depuis le début de cette campagne, et certainement pas pour nous livrer à la pulitichella ou à un jeu de soupe avec un certain nombre d’autres listes qui n’ont pas les mêmes revendications politiques que nous. Par conséquent, je le dis très clairement aux Bastiais, ils peuvent compter sur nous à ce second tour pour porter la voix que nous portons depuis quatre mois, sans aucun changement sur notre ligne doctrinale et sur nos propositions ». On s’avance, donc, sans surprise, vers une triangulaire. Reste à savoir comment se répartiront les électeurs de Jean-Michel Lamberti du parti Reconquête et de Sacha Bastelica.

Nicole Mari.