Après l’« acte III » de la mobilisation contre la vie chère qui s’est déroulé samedi 31 octobre dans plusieurs villes de France, les syndicats appellent à une nouvelle manifestation nationale le jeudi 5 novembre.
En Corse, cinq organisations syndicales ont signé un « appel à la mobilisation pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie » : la CFDT, FO, la CGT, l’UNSA et la FSU. Selon elles, « les travailleurs et les travailleuses vivent un déclassement inédit ». « Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité... tout augmente sauf les salaires et les pensions », écrivent-elles dans un communiqué. « Notre pays est au bord de la récession et les plans de licenciements se multiplient dans l’industrie comme dans le commerce ou les services. Le gouvernement [...] baisse aussi les moyens de nos services publics et gèle le salaire des fonctionnaires pourtant en première ligne encore cet été pour sauver des vies et répondre aux besoins de la population face aux canicules et aux mégafeux. Face aux défis climatiques et technologiques qui nous attendent, une politique industrielle n’est plus une option : elle est une nécessité absolue qui fait pourtant toujours cruellement défaut. »
Les syndicats affirment également s’inscrire aux côtés du mouvement lycéen. « Leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération. Les jeunes doivent pouvoir grandir, apprendre, se former, construire leur avenir et dans des conditions dignes. Dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen, nos organisations partagent les revendications pour de meilleures conditions d’étude et davantage d’égalité. Nous soutenons le droit des lycéen·nes et des étudiant·es à se mobiliser, à manifester et à se réunir pacifiquement, librement et en sécurité. » De son côté, Charles Casabianca, secrétaire général de l’UD CGT Haute-Corse, affirme que « tout est convergent » du « pouvoir d'achat aux problèmes éducatifs ».
Avec cette nouvelle mobilisation prévue jeudi, les syndicats portent plusieurs revendications, comme « l’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale femmes - hommes », « l’augmentation des pensions des retraités, pour le régime de base comme pour les retraites complémentaires AGIRC ARRCO », « l’augmentation des moyens de nos services publics pour préparer l’avenir, former les jeunes, soigner et accompagner nos aînés et faire face au dérèglement climatique » ou encore « l'augmentation du SMIC et de toutes les aides sociales (APL, allocations familiales, bourses étudiantes, RSA...) ». « On inclut une spécificité locale au mouvement », précise Charles Casabianca. « Étant donné qu’on est la région la plus chère de France, on demanderait peut-être à bénéficier des mêmes avantages que l’Île-de-France, qui a un salaire un peu plus élevé. Nous avons toutes les caractéristiques de l'Île-de-France comme le tourisme, mais les salaires ne suivent pas. »
Le STC ne participera pas à la mobilisation
Si plusieurs organisations syndicales participeront au mouvement en Corse, le STC a pour sa part annoncé, via un communiqué, qu’il n’y prendrait pas part. S’il affirme que le « prix des carburants, le coût des produits de première nécessité, les difficultés d'accès au logement et la précarité pèsent lourdement sur notre peuple » et que « ces réalités exigent des réponses concrètes, durables et adaptées aux spécificités de notre terre », il estime néanmoins que l’organisation ne peut s’associer à la mobilisation du 5 novembre « dans un souci de cohérence avec ses orientations et les objectifs qu'elle entend défendre ». « Le travail engagé par l’intersyndicale demeure essentiel pour faire avancer les revendications sociales et défendre les intérêts des travailleurs. Toutefois, l'élargissement de cette mobilisation à des partis politiques, associations et collectifs aux sensibilités et aux objectifs très variés pose la question de la lisibilité de la démarche initiale », écrit le syndicat.
Le STC précise également qu’« à l'approche des futures échéances politiques françaises, il nous paraît essentiel de préserver le sens des luttes syndicales et de veiller à ce que les préoccupations sociales exprimées ne se diluent pas dans des mots d'ordre multiples, au risque de reléguer au second plan les enjeux propres à la Corse ». « Notre engagement syndical s’inscrit dans un combat de fond pour les droits des travailleurs corses, la justice sociale et la maîtrise de notre avenir collectif. Ce combat s’inscrit également dans une opposition résolue à l’ultralibéralisme et à toutes les formes d’oppression et de soumission, qui portent atteinte aux droits des travailleurs, à leur dignité et à notre capacité collective à maîtriser notre destin. Cela exige bien évidemment des avancées concrètes, notamment en matière de corsisation des emplois, de rémunérations, de reconnaissance des qualifications, de perspectives de carrière, de conditions de travail et de maintien de services publics accessibles sur l’ensemble de la Corse », poursuit-il avant de conclure : « Fidèle à ses convictions et à ses luttes, le STC poursuivra, dans les jours à venir, son combat avec une détermination sans faille. »
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