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Meurtre de Julie Douib : "il l'a fait ce con, il l'a fait "


La rédaction avec l'AFP le Lundi 14 Juin 2021 à 21:08

"Une personnalité de type paranoïaque", dont il faut prendre les menaces au sérieux, et qui ne peut être soignée : un expert psychiatre a dressé ce lundi 14 juin un portrait inquiétant de Bruno Garcia-Cruciani, jugé devant les assises de la Haute-Corse, à Bastia, pour le meurtre de son ex-compagne Julie Douib.



(PASCAL POCHARD-CASABIANCA AFP)
(PASCAL POCHARD-CASABIANCA AFP)
"Qu'est-ce que ça veut dire? Sur le plan pénal, ça se traduit par un emprisonnement à vie?", lance à cet expert Me Camille Radot, l'avocat de l'accusé devant les assises.
"Ce n'est pas à moi de juger. Je dis qu'on n'influence pas une personnalité paranoïaque", répond l'expert, ajoutant que seul un "traitement sédatif" était possible mais "pas de traitement curatif". "En cas de condamnation, je recommande une injonction de traitement", poursuit-il devant la cour, assurant vouloir apporter "une note d'espoir" - mais "la psychorigidité va en augmentant avec l'âge", nuance-t-il aussitôt.


Devant la cour, il décrit un homme "sans troubles psychiatriques, extrêmement sûr de lui": "Il estime que sa place n'est pas en prison, il se pose en victime, se sent persécuté".
"Deux persécuteurs" sont désignés par l'accusé: le professeur de sport qui avait une relation avec Julie Douib et le père de la victime.
L'avocate générale Charlotte Beluet évoque les menaces proférées par l'accusé contre le professeur de sport, lors d'une écoute téléphonique: l'accusé indiquait que cette personne "serait sa force pendant les 20 ou 25 ans en prison" et qu'"en sortant, il y aurait droit d'office".
"Faut-il les prendre au sérieux?", interroge la magistrate. "Oui, effectivement, il faut vraiment en tenir compte", assure l'expert, qui exclut aussi "tout trouble amnésique", écartant "le trou noir" évoqué par l'accusé concernant les  les deuxième et troisième tirs visant la victime: "Peut-être qu'il ne veut pas en parler".


Le cri du fils ainé
Devant la cour, les parents et le frère de Julie Douib ont exprimé, eux, leur douleur. "Elle était son otage", souffle sa mère Violetta d'une voix faible. Au début, sa fille était "heureuse" de leur présenter "son prince charmant": "Jamais on n'aurait imaginé qu'il lui ferait autant de mal, qu’il la tuerait, que ce serait son bourreau".
"Il y a 15 ans, quand elle a connu ce monsieur, je lui ai dit je te donne mes yeux. Le 3 mars 2019, il m'a rendu aveugle", confie le père de Julie, Lucien Douib. "Il ne s'en est pris qu'aux femmes. Jamais, jamais, jamais, il ne s'en est pris aux hommes".
Pour Jordan, le frère de Julie, "elle voulait juste vivre" mais elle "avait peur": "Elle me disait Jordan, il est partout, un jour il va me coincer et me mettre une balle". "Et aujourd'hui, il assume, il a aucun regret, il est fier de ce qu'il a fait", lance-t-il, ulcéré.
Une amie du couple qui s'est occupée des fils du couple juste après les faits a relaté, elle, la façon dont on leur a annoncé le drame. "Il s'est passé quelque chose de grave. Papa a tué maman", a-t-elle annoncé difficilement : le cadet des deux enfants a "failli s'étouffer", tandis que l'ainé est parti dans la pièce voisine. "On a entendu son cri. Il était la tête dans le coude et il tapait sur le canapé en disant : il l'a fait ce con, il l'a fait !"


Après les faits, lors de sa détention, M. Bruno Garcia-Cruciani a proféré des menaces sur les réseaux sociaux et lors d'appels téléphoniques placés sur écoute contre cette femme et une autre proche de Julie Douib. Il a été condamné en comparution immédiate à un an d'emprisonnement, a précisé  l'avocate générale.
Le verdict est attendu mercredi. L'accusé encourt la réclusion à perpétuité.
 


















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