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Marc Fratani : "Pour Tapie, je n'ai pas fait que franchir la ligne jaune, j'ai parfois roulé à contre sens"


Rédigé par Jacques RENUCCI le Mercredi 6 Mars 2019 à 13:57

Trahi par celui pour qui il s'est dévoué, l'ancien homme de confiance de Bernard Tapie dénonce sans ménagement les pratiques de celui-ci en politique et dans le domaine sportif




- Près d'un quart de siècle après, vous revenez sur la période marseillaise de Bernard Tapie. Pourquoi si tard ? A quel moment le lien entre vous s'est-il définitivement rompu ?
À l’occasion de la candidature de Bernard Tapie à l’élection législative de 1988 à Marseille, des engagements ont été pris avec lui et un certain nombre de mes amis, et ces accords n’étaient pas financiers. J’ai toujours tenu mes engagements, il a renié les siens en 2016. Cela a été une grande déception, elle a fait naître une volonté, lui rappeler tout ce qui a été réalisé à son unique profit pendant un quart de siècle. Aucune autre considération n’a motivé ma résolution. Toute ma vie j’ai respecté ma parole.  


- Avez-vous eu l'ambition de mettre la main sur La Provence, comme cela a été évoqué ?
- Il n’en a jamais été question. Bernard Tapie est un génie dans la pratique du mensonge. Mettre la main sur La Provence, pourquoi faire ? Si notre intention avait été de le racketter, on l’aurait fait dès le 8 juillet 2008, le lendemain du jour où un tribunal arbitral lui a accordé la fortune. Et pour pouvoir la conserver il aurait payé.

 

- Vous avez dit que Tapie avait le soutien et l'assistance du « milieu corso-marseillais ». Que recouvre cette appellation assez ambiguë ?
Cela fait 74 ans que je vis à Marseille. Je n’ai quitté la ville que 18 mois pour effectuer mon service militaire. J’interviens dans la vie politique depuis 1966. J’ai eu suffisamment de temps pour lier des amitiés et des relations, y compris avec des personnes membre du milieu marseillais. Je suis corse ; à Marseille certain de mes compatriotes ont fait et font partie du milieu. Je ne me suis jamais occupé de leurs affaires et ils ne se sont jamais occupé des miennes, mais l’amitié entre nous est forte. J’ai eu une activité salariée dès mon retour du service militaire, aujourd’hui je touche ma retraite depuis 2006. Mes revenus sont plus proches de ceux de certains gilets jaunes que de ceux d’un cadre supérieur. Nous avons pris avec Bernard Tapie un engagement, l’aider à être élu député à Marseille, il était sans contrepartie - ni financière, ni commerciale.

 

- Aussi bien avec l'affaire Le Pen (une visite que le fondateur du FN a confirmée) qu'avec les matches truqués et les sédatifs dans les boissons de l'équipe adverse, le portait de Tapie qui se dégage de tout cela n'est pas très reluisant. Pourtant, vous lui avez accordé une amitié indéfectible. N'est-ce pas contradictoire ?
- Toutes les pratiques que Bernard Tapie a utilisées, y compris celles relatives au football, étaient destinées à favoriser ses ambitions politiques. L’unique objectif que je m’étais fixé était de l’aider pour qu’il y arrive, c’était un engagement fondamental. Pour lui, je n’ai pas fait que franchir la ligne jaune, j'ai parfois roulé à contre sens. J’ai agi volontairement, en connaissance des causes et des conséquences. Je ne regrette pas de l’avoir fait et je ne cherche pas le pardon.

 

- Votre description des méthodes Tapie vient-elle toujours d'une expérience directe ou avez-vous relevé des témoignages ?
- Je ne parle pas de ce que l’on m’a raconté à son sujet, je parle de ce que j’ai vécu.

 

- Bernard Tapie a dit qu'il vous poursuivrait en justice. Pensez-vous qu'il ira jusqu'au bout ? Êtes-Vous inquiet ?
- Aucunement ! Si comme il l’a déclaré, il me fait convoquer par les instances du football, je demanderai à Noël Le Graët, l’ami de Jean-Pierre Bernès, le plus grand corrupteur que le football ait jamais connu, de m’accompagner. Dans tous les cas, je ne gâcherai pas la fin de la vie d’un arbitre en le dénonçant, qu’il se rassure.


- Vous êtes-vous interrogé sur l'opportunité de ces révélations ?
- Deux circonstances auraient pu m’interdire de parler  de Bernard Tapie. Si pour satisfaire ses nombreuses sollicitations j’avais bénéficié de retombées financières. Si mes propos devaient le faire condamner à une peine de prison ferme. Les événements dont je fais état sont judiciairement prescrits, et la mise en scène de sa maladie ne permettra pas à la justice de le priver de sa liberté.




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