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Législatives : Christophe Canioni per un "avvene Corsu" dans la première circonscription de Haute-Corse


Rédigé par le Vendredi 9 Juin 2017 à 13:04 | Modifié le Vendredi 9 Juin 2017 - 21:59


Engagé au FN « en 2014 à la demande du parti pour réorganiser le mouvement », Christophe Canioni crée « Per un Avvene Corsu » en 2015, qui représentait ce qu’il considère comme étant « le courant régionaliste au sein du FN dans le cadre des départementales ». Elu par la suite Conseiller territorial, il quitte finalement le Front National en janvier 2017, mais continue de siéger en tant que non-inscrit. Il crée par la suite « Avvene Corsu », qu’il se veut être aujourd’hui un parti à part entière. Interview du candidat de la 1ère circo de Haute-Corse.


Pourquoi cet engagement aujourd’hui pour ces législatives ?
 
C’est un engagement qui nous donne de la visibilité. Il était clair que si nous ne partions pas au législatives, ce n’était pas un bon signal. Il fallait dans un premier temps, affirmer notre existence et notre programme. Cela nous a permis aussi de faire du recrutement, et beaucoup de gens nous rejoignent aujourd’hui, donc plusieurs facteurs font que ces législatives étaient pour nous importantes.
 
Quels sont les grandes lignes de votre programme ?
 
Avvene Corsu est fondé sur deux piliers : l’économie et la lutte contre l’immigration. L’immigration est un problème crucial, qui fait partie du corpus politique et idéologique d’Avvene Corsu. On a vu le score du FN aux dernières présidentielles, qui est un réel appel au secours des Corses. On a en Corse 66.000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté, on ne peut pas continuer à faire venir des gens eux aussi précarisé. Peu importe d’où ils viennent, nous n’avons pas les moyens de subvenir à leurs besoins, et il faut avant tout prendre en charge les nôtres.
L’immigration n’est pas le seul dossier que nous défendons : il y a donc bien évidemment et vous l’aurez compris la question sociale, avec une précarité qui grandit dans l’île. La question économique est elle aussi très importante : nous pensons qu’il faut aujourd’hui réformer la structure économique de l’île. Ça ne veut pas dire tout changer, ça signifie aider les entreprises, tout en développant d’autres filières, à travers la formation, l’investissement, la promotion de la Corse. L’A.T.C. a d’ailleurs un rôle très important à jouer, qu’elle occupe très bien mais il faudra selon faire beaucoup plus d’effort dans les années qui viennent. On dit que la Corse est la plus belle île du monde, je pense que nous avons des atouts dont on ne tire pas correctement profits. Ensuite, si nous avons des besoins que nous ne trouvons pas ici, il faut se tourner vers l’extérieur : il ne s’agit pas de se couper, bien au contraire, et favoriser l’exportation aussi.
Personnellement, à travers le Schéma de développement voté par l’Assemblée – je l’ai moi-même voté à l’époque alors que je siégeais toujours pour le Front National – j’ai trouvé que le travail réalisé par le président de l’ADEC était intéressant, même si nous avions émis quelques réserves, concernant notamment l’aide aux T.P.E. qui était insuffisante selon moi. Bref, ce sont aussi des dossiers très importants pour nous.
 
Quels sont vos objectifs concernant ces législatives ?
 
Pour nous c’est une entrée en scène : nous partons de zéro. Quel que soit le score il sera bon ! Plus sérieusement, nous espérons quand même réaliser un score correct. Il est vrai que dans ma circonscription je suis relativement connu, donc ce devrait être moins difficile pour moi que pour Corinne (Corinne Bucchini, candidate avvene corsu 1ère circo. 2a, ndlr) qui démarre sur la scène politique ajaccienne. Cela étant, je pense qu’elle a des atouts, et pourrait bien réaliser elle aussi un bon score. Nous y travaillons en tout cas.
Quoi qu’il en soit, je ne peux pas vous donner d’estimations, ce qui est important c’est d’être présent et de participer aux débats, en espérant que nos compatriotes seront sensibles à nos propositions.
                             
Un mot peut-être sur les autres candidats dans votre circonscription ?
 
J’en connais quelques-uns très bien. Ils ont leurs qualités et leurs défauts, comme moi d’ailleurs. Cela étant, il y a des anomalies, comme la présence de deux candidats de la majorité présidentielle par exemple, ça fait cafouillage. A droite, Sauveur Gandolfi a fait on dira… une campagne assez « pépère », pour employer un terme un peu trivial. Il a essayé de mettre en avant ses réalisations, notamment lors du premier débat public et, de l’avis général, n’a pas vraiment réussi. Quant aux autres, je n’ai pas trouvé en face de moi des candidats exceptionnels, alors que j’ai quand même un député et un président du Conseil départemental. J’ai trouvé quand même qu’ils manquaient de pugnacité, de fraicheur et de vision. Ce qui est inquiétant, c’est surtout les jeunes : j’ai trouvé que parmi les plus jeunes, il y avait un genre de mimétisme. On reprend ce qu’ont fait les anciens, et ça c’est quand même assez triste, j’aurais préféré une cassure. Je pense à M. Morganti par exemple, qui reste sur des positions que je considère archaïques : quand il dit par exemple « je vais créer des emplois », c’est typique d’un politicien qui raconte des histoires. Quand je dis que j’ai un projet, un dossier qui est ficelé et que je vais bientôt présenter à l’Assemblée, je ne raconte pas d’histoires.
Aujourd’hui un homme politique doit aussi être porteur de projets. Je ne suis pas là pour créer des emplois, et cette façon de faire de la politique ne me convient pas. C’est tout ça qui fait que les gens s’en désintéressent, et bientôt, l’homme politique, décrédibilisé, va finir par disparaître. C’est désolant.
 
Une dernière question, concernant des rumeurs qui circulent dans l’île, vis-à-vis d’un rapprochement, depuis votre séparation avec le FN, avec Leia Naziunale, en vue des territoriales à venir ?
 
Je ne vais pas faire la langue de bois : j’ai des amitiés anciennes et très fortes, à titre personnel, avec des personnes faisant partie de Leia Naziunale. LN a son parcours, qui est antérieur à celui d’Avvene Corsu. Nous n’avons que trois mois d’existence. Leia Naziunale n’est pas un parti politique déclaré, c’est une mouvance qui a sa vision. Ce n’est pas forcément la même que la nôtre, même s’il y a de nombreux points de convergence. Lors du premier débat à Bastia, je les avais invités. Pour le reste, Avvene Corsu est un mouvement existant, déclaré, avec un représentant à l’Assemblée de Corse et qui fait un travail politique et institutionnel. Leia a une autre façon de faire de la politique, et ça les regarde. Nous sommes bien deux entités différentes. Maintenant, je n’exclue pas qu’il y ait dans le futur quelques rapprochements ou des accords, mais je ne peux pas vous dire de quoi sera fait demain.

Par exemple en vue des territoriales ?
 
Par exemple, encore une fois à l’heure actuelle, nous n’en sommes pas là, mais c’est de l’ordre du possible. Il y a des sujets où nous sommes toujours en divergence : ils voient la Corse comme une nation, tandis que nous insistons beaucoup sur le principe d’autonomie. Je crois qu’il ne faut pas bruler les étapes, et aujourd’hui tout le monde se dit autonomiste, ce n’est plus un gros mot. Maintenant pour ce qui est de la nation corse, on est sur quelque chose de plus compliqué, on verra : dans un premier temps il faut commencer à travailler, pour être indépendant, sur le plan économique, social, culturel, et il faut que les Corses soient le plus soudés possible.
 
Un dernier mot ?
 
En effet, sans revenir sur la question de l’immigration : depuis plusieurs semaines, nous avons des remontées d’informations concernant ces femmes voilées de confession musulmane. Ces dernières, qui sont souvent nées ici, sont contraintes par leur famille et leurs proches de pratiquer un Islam « rigoriste ». Ce sont des femmes qui veulent vivre leur vie de manière plus libres, et se retrouvent dans la souffrance la plus totale. Elles sont menacées, violentées, car elles refusent de subir ce type de pressions. Nous voulons mettre un point d’honneur à dire à ces femmes qu’elles ne sont pas seules. Elles sont nées en Corse, se sentent Corses, pleinement et entièrement intégrées à notre société, et il ne faut pas les laisser tomber. Fermer les yeux est inacceptable, et Avvene Corsu va présenter une motion à ce sujet lors de la prochaine session de l’Assemblée de Corse. 




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