Sans surprise, mais non sans débats, le conseil municipal d’Ajaccio a validé ce jeudi 23 avril son budget primitif pour l’année 2026. Un budget qui s’établit précisément à 169,9 millions d’euros, en progression de 5,4 % par rapport à l’an dernier, et qui s’inscrit dans une stratégie de stabilisation financière engagée depuis plusieurs exercices. Dans un contexte jugé « contraint », entre inflation persistante, hausse des charges et recul des aides publiques, la municipalité assume une ligne de conduite claire : contenir les dépenses tout en maintenant le cap des investissements. « Ce budget constitue le socle d’un projet de territoire », souligne l’adjoint aux finances Pierre Pugliesi, mettant en avant une vision tournée vers l’avenir.
Dans le détail, le budget se répartit entre 124,5 millions d’euros de fonctionnement et 45,5 millions d’euros d’investissement. « La Ville d’Ajaccio maintient ainsi un effort significatif avec 45,5 millions d’euros consacrés aux projets structurants. Les priorités affichées : modernisation des équipements publics, amélioration du cadre de vie, développement des mobilités douces ou encore valorisation du patrimoine. Sur la dernière décennie, Ajaccio a investi plus de 250 millions d’euros, témoignant d’une dynamique que la majorité entend poursuivre, malgré un contexte financier moins favorable » ajoute l’adjoint aux finances.
La baisse de la base fiscale de la THRS ? « Un coup de grâce » selon Pierre Pugliesi
Pour autant, certains indicateurs restent sous surveillance : « l’épargne brute s’établit à 7,23 millions d’euros, soit un taux de 5,87 %, en dessous du seuil d’alerte fixé à 7 %. Quant à la capacité de désendettement, elle atteint 12,7 ans, légèrement au-dessus des standards de référence ». Une situation jugée « fragile mais maîtrisée » par l’exécutif municipal. Une situation rendue encore plus difficile par la baisse de la base fiscale de la Taxe d’Habitation des Résidences Secondaires depuis 2025, qui va faire perdre à la Ville « près de 1,5 millions d’euros par an. Un véritable coup de grâce » pour Pierre Pugliesi.
Pour remédier à ces difficultés, la majorité municipale assume ses choix dévoilés lors du débat d’orientation budgétaire : la hausse des impôts locaux avec une augmentation de 19 % soit +5,8 points d’indice sur la taxe foncière. « Pour un propriétaire, cela va représenter en moyenne 139 euros supplémentaires par an ». Une décision présentée comme nécessaire pour compenser la baisse des financements extérieurs et préserver la capacité d’investissement de la ville. Cette hausse de fiscalité locale devrait ainsi générer 61,1 millions d’euros en 2026, en hausse de près de 11 %.
« Il va falloir s’attaquer aux dépenses » estime François Filoni
Une décision qui, sans surprise, a provoqué de vives critiques émanant de l’opposition, notamment de Danielle Antonini (Aiacciu Vivu) : « C’est un budget qui traduit une situation financière fragilisée et qui repose uniquement sur une hausse massive de la pression fiscale. Les impôts augmentent fortement, les dépenses progressent également, et la capacité d’investissement devient contrainte. Ce n’est pas un budget d’ajustement mais un budget d’équilibre sous pression fiscale, et sans ambition ».
François Filoni, le chef de file RN lui emboîte le pas : « La crise n’est pas derrière nous mais devant nous. Elle est nationale, l’économie à sec, les collectivités locales sont à secs. Vous n’êtes pas responsables de tout cela mais il faut une baisse des dépenses impérative. Trop d’impôts tuent le contribuable. L’Ajaccien n’y arrive plus. C’est toujours la faute à quelqu’un d’autre. Il faut essayer de réduire la masse salariale et mutualiser. Il va falloir s’attaquer aux dépenses et peut-être qu’on ne pourra plus offrir certains services à la population ».
Pour Joseph-Marie Burelli, élu nationaliste d’opposition, les chiffres concernant la hausse de la taxe foncière ne sont pas les bons : « Vous nous avez dit que cela représenterait une hausse de 139 euros par foyer. Quand je fais les calculs, avec la hausse de la CAPA, on avoisine les 200 euros par an. En prenant plusieurs exemples concrets dans plusieurs quartiers de la Ville (Albert 1er, St Jean ou Noël Franchini) on n’arrive à des hausses bien plus significatives. Je propose plutôt une hausse moins importante ainsi qu’une baisse des investissements pour équilibrer le budget et éviter ainsi de ne faire payer la note qu’aux seuls contribuables Ajacciens ».
Face aux nombreuses critiques, Stéphane Sbraggia, le Maire d’Ajaccio répond fermement : « Si je vous écoute, il faudrait faire beaucoup plus mais il faudrait aussi diminuer les dépenses et les investissements. Alors oui on demande aux Ajacciens de faire des efforts. Mais on ne va pas seulement actionner le levier fiscal. Oui, on a aussi travaillé sur les réductions de coûts et c’est pour cela qu’il n’y aura pas de carnaval cette année, par exemple. On n’a pas énormément de variables d’ajustements pour équilibrer notre budget » .
L'édile évoque ensuite les hausses de fiscalité votées dans d’autres communes, notamment un peu plus au nord : « Je ne me cache pas derrière ces chiffres. Il y a des mesures exogènes, que nous ne maitrisons pas, et que je me dois de vous expliquer. D’ailleurs, qu’on fait les autres communes en Corse, qui sont soumis à ces mêmes mesures ? Et bien elles ont également augmenté leur fiscalité ! Concernant les emplois, on essaye de développer la Ville et on a besoin d’emplois et j’espère qu’on pourra recruter encore des personnels techniques mais oui il nous faut plus de recettes ». Sans les voix de l’opposition, le budget primitif 2026 sera finalement adopté, sans surprise.
Pour autant, certains indicateurs restent sous surveillance : « l’épargne brute s’établit à 7,23 millions d’euros, soit un taux de 5,87 %, en dessous du seuil d’alerte fixé à 7 %. Quant à la capacité de désendettement, elle atteint 12,7 ans, légèrement au-dessus des standards de référence ». Une situation jugée « fragile mais maîtrisée » par l’exécutif municipal. Une situation rendue encore plus difficile par la baisse de la base fiscale de la Taxe d’Habitation des Résidences Secondaires depuis 2025, qui va faire perdre à la Ville « près de 1,5 millions d’euros par an. Un véritable coup de grâce » pour Pierre Pugliesi.
Pour remédier à ces difficultés, la majorité municipale assume ses choix dévoilés lors du débat d’orientation budgétaire : la hausse des impôts locaux avec une augmentation de 19 % soit +5,8 points d’indice sur la taxe foncière. « Pour un propriétaire, cela va représenter en moyenne 139 euros supplémentaires par an ». Une décision présentée comme nécessaire pour compenser la baisse des financements extérieurs et préserver la capacité d’investissement de la ville. Cette hausse de fiscalité locale devrait ainsi générer 61,1 millions d’euros en 2026, en hausse de près de 11 %.
« Il va falloir s’attaquer aux dépenses » estime François Filoni
Une décision qui, sans surprise, a provoqué de vives critiques émanant de l’opposition, notamment de Danielle Antonini (Aiacciu Vivu) : « C’est un budget qui traduit une situation financière fragilisée et qui repose uniquement sur une hausse massive de la pression fiscale. Les impôts augmentent fortement, les dépenses progressent également, et la capacité d’investissement devient contrainte. Ce n’est pas un budget d’ajustement mais un budget d’équilibre sous pression fiscale, et sans ambition ».
François Filoni, le chef de file RN lui emboîte le pas : « La crise n’est pas derrière nous mais devant nous. Elle est nationale, l’économie à sec, les collectivités locales sont à secs. Vous n’êtes pas responsables de tout cela mais il faut une baisse des dépenses impérative. Trop d’impôts tuent le contribuable. L’Ajaccien n’y arrive plus. C’est toujours la faute à quelqu’un d’autre. Il faut essayer de réduire la masse salariale et mutualiser. Il va falloir s’attaquer aux dépenses et peut-être qu’on ne pourra plus offrir certains services à la population ».
Pour Joseph-Marie Burelli, élu nationaliste d’opposition, les chiffres concernant la hausse de la taxe foncière ne sont pas les bons : « Vous nous avez dit que cela représenterait une hausse de 139 euros par foyer. Quand je fais les calculs, avec la hausse de la CAPA, on avoisine les 200 euros par an. En prenant plusieurs exemples concrets dans plusieurs quartiers de la Ville (Albert 1er, St Jean ou Noël Franchini) on n’arrive à des hausses bien plus significatives. Je propose plutôt une hausse moins importante ainsi qu’une baisse des investissements pour équilibrer le budget et éviter ainsi de ne faire payer la note qu’aux seuls contribuables Ajacciens ».
Face aux nombreuses critiques, Stéphane Sbraggia, le Maire d’Ajaccio répond fermement : « Si je vous écoute, il faudrait faire beaucoup plus mais il faudrait aussi diminuer les dépenses et les investissements. Alors oui on demande aux Ajacciens de faire des efforts. Mais on ne va pas seulement actionner le levier fiscal. Oui, on a aussi travaillé sur les réductions de coûts et c’est pour cela qu’il n’y aura pas de carnaval cette année, par exemple. On n’a pas énormément de variables d’ajustements pour équilibrer notre budget » .
L'édile évoque ensuite les hausses de fiscalité votées dans d’autres communes, notamment un peu plus au nord : « Je ne me cache pas derrière ces chiffres. Il y a des mesures exogènes, que nous ne maitrisons pas, et que je me dois de vous expliquer. D’ailleurs, qu’on fait les autres communes en Corse, qui sont soumis à ces mêmes mesures ? Et bien elles ont également augmenté leur fiscalité ! Concernant les emplois, on essaye de développer la Ville et on a besoin d’emplois et j’espère qu’on pourra recruter encore des personnels techniques mais oui il nous faut plus de recettes ». Sans les voix de l’opposition, le budget primitif 2026 sera finalement adopté, sans surprise.













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