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La Ligue contre le cancer offre un échographe au service pneumologie de l’hôpital de Bastia


Léana Serve le Jeudi 15 Janvier 2026 à 16:55

Depuis octobre, le service pneumologie du centre hospitalier de Bastia bénéficie d’un échographe entièrement financé par la Ligue contre le cancer. Cet outil attendu depuis longtemps permet aux médecins de réaliser plus rapidement diagnostics et prélèvements, notamment chez des patients atteints d’un cancer.



(Photo Gérard Baldocchi)
(Photo Gérard Baldocchi)

C’est un appareil qui « manquait cruellement » au centre hospitalier de Bastia. Depuis le mois d’octobre, le service pneumologie de l’hôpital dispose d’un échographe, permettant aux médecins de « prolonger l’examen clinique ». « Nous nous en servons pour des patients qui ont des épanchements pleuraux, des patients qui nécessitent la mise en place de drains thoraciques, mais également pour des patients atteints d’un cancer du poumon », explique le Dr Marie Mattei, pneumologue à l’hôpital de Bastia. « Nous faisons nos repérages grâce à l'appareil d'échographie ainsi que les prélèvements, les biopsies. Ça manquait au service et ça nous permet de suivre l'évolution des pathologies, notamment infectieuses. C'est un outil de diagnostic et de suivi essentiel à notre pratique quotidienne. »
 

L’appareil, d’une valeur de 20 000 euros, a été entièrement financé par la Ligue contre le cancer. Un don qui « représente un accompagnement fort » et qui « montre l’implication de la Ligue dans les différents services de l’hôpital » selon Christophe Arnould, directeur du centre hospitalier de Bastia. « Le don et le partenariat donnent la possibilité aux professionnels d’utiliser leurs compétences au service des patients, et il est important de bénéficier de ces accompagnements qui changent le quotidien à l’hôpital. »

Grâce à cet échographe, les médecins peuvent en effet programmer certains examens et prélèvements quasi immédiatement. « Nous pouvons effectuer aujourd'hui, grâce à cet appareil, des biopsies auto-guidées avec un gain de temps et une organisation plus facile qu'auparavant où nous étions obligés de passer par le service de radiologie, avec des délais plus importants », souligne le Dr Marie Mattei. « Nous sommes deux médecins dans le service à pratiquer ce type de prélèvements, et si nous sommes disponibles, nous pouvons programmer les examens du jour au lendemain, ce qui permet un gain de temps après pour l'analyse anatomopathologique des prélèvements. »


Insister sur la prévention

(Photo Gérard Baldocchi)
(Photo Gérard Baldocchi)

Pour les praticiens, l’échographe n’est pas seulement un outil pour les gestes techniques : il symbolise aussi le soutien de la Ligue contre le cancer. « Ça montre que les associations de patients nous soutiennent dans nos démarches, dans notre travail quotidien et c'est une réelle joie de voir qu’on est soutenu dans notre pratique médicale. » Pour la Ligue contre le cancer, le rôle de l’association dépasse le simple financement de matériel. « Le souci de la Ligue, c'est avant tout le malade, ses aidants et ses conditions de vie. À partir du moment où on a un appareillage ou des instruments qui permettent d'améliorer la prise en charge du malade, qui permettent de faire des diagnostics plus précoces, qui permettent de raccourcir les temps de prise en charge, voire les temps de soins, nous sommes présents », explique le Dr Sauveur Merlenghi, président de la Ligue contre le cancer en Corse.
 

Si cet échographe va permettre d’améliorer la prise en charge des patients, le président de la Ligue contre le cancer précise néanmoins que « la prévention reste le premier élément ». « En Corse, on a beaucoup plus de femmes qui sont touchées par un cancer du poumon qu’ailleurs. On est maintenant autour de 27 %, c’est exponentiel et il est à égalité avec le cancer du sein. C'est énorme, et il faut intervenir sur ça, notamment avec la lutte contre le tabagisme. Le prix du tabac a augmenté, mais il faudrait qu'il soit encore plus cher, parce qu'il n'y a que ça pour décourager le fumeur. »

De son côté, le Dr Marie Mattei explique « qu’une campagne de dépistage du cancer du poumon par scanner avec les pneumologues de ville » aura bientôt lieu. « C’est bien de soigner le cancer du poumon mais c’est mieux de le dépister avant qu’il ne soit à un stade trop avancé. C’est pour ça qu’une campagne de dépistage va bientôt démarrer chez les fumeurs à partir de 50 ans. »