Faire de la Corse une destination d’art contemporain à part entière : c’est l’objectif de plusieurs acteurs culturels de l’île (Casa Donna Di A Serra, FRAC Corsica, Casa Conti-Ange Leccia, Providenza, De Renava - La Biennale de Bonifacio et Casell'Arte). Réunis lundi 4 mai au centre culturel Una Volta à Bastia, ils ont affiché leur ambition de mieux se fédérer pour donner plus de visibilité à une scène contemporaine en plein développement sur l’île. « En Corse, on a une image qui valorise plus la culture autour du patrimoine, puisqu'on a un immense patrimoine historique, naturel et architectural, mais on a aussi une vraie scène contemporaine qui se développe à la fois à travers les institutions et les projets privés dans toute l'île, mais aussi à travers la jeune scène contemporaine qui est très présente et qu'on découvre grâce à nos plateformes », explique Prisca Meslier, co-fondatrice de l’organisation De Renava. « On voit que ce sont des artistes qui ont de grands niveaux d'exigence et qui produisent de très belles pièces. »
Mais malgré cette dynamique, l’art contemporain reste aujourd’hui encore fragmenté, avec des initiatives dispersées sur l’ensemble du territoire. « Il y en a dans le nord, en Plaine orientale jusqu’au sud de l’île... Ça marche déjà bien, on a un public qui devient de plus en plus initié, on se connaît tous parce que la Corse n’est pas très grande donc on a une coopération déjà existante où il y a par exemple une circulation d’œuvres, d’artistes, de public aussi. Mais on envisage de développer et de structurer de plus en plus cette scène-là avec une fédération un peu plus concrète », précise la co-fondatrice de De Renava.
Pour eux, l’enjeu est désormais de rendre cette offre plus lisible et plus cohérente à l’échelle de l’île. « On a du mal à être vu comme un ensemble, donc le but, c’est d'être plus visible de manière commune et de s'organiser pour avoir progressivement un écosystème qui permet de faire de la Corse une destination vraiment culturelle centrée sur l'art contemporain », souligne Prisca Meslier. En s’appuyant sur ce projet, les acteurs culturels espèrent faire de la Corse une destination culturelle d’art contemporain. « L'art contemporain irrigue énormément de destinations telles que Venise qui a connu un développement touristique grâce aux expositions. L’idée, c'est d'affirmer que la Corse est aussi un territoire de création vivante et qu’elle repose sur un écosystème artistique complémentaire et engagé. »
Au-delà de la structuration du secteur, l’objectif est aussi d’élargir le public assistant aux événements d’art contemporain. « On est quand même dans un processus encore assez pédagogique pour rendre moins élitiste la vision que le public peut avoir de l'art contemporain, mais il y a un vrai public local en Corse », détaille Prisca Meslier. « C’est un public qui s'intéresse beaucoup à l'art. On le voit à la Biennale de Bonifacio, on a doublé notre fréquentation entre le premier et le deuxième événement. Notre public, c’est 60 % de locaux, et on a des gens qui se déplacent parce qu’on a des retours de commerçants ou d’hôteliers qui nous disent que leurs établissements sont complets. »
Selon elle, développer l’art contemporain à travers la Corse permettrait de faire de l’île « une nouvelle destination via l'art contemporain ». « C’est aussi un avantage sur une île qui est encore aujourd'hui très marquée par la saisonnalité. Le fait de créer un produit touristique durable et axé vers l'art nous permet aussi de nous émanciper de cette saisonnalité. Mais c’est aussi à nous de mettre en place des choses communes pour rendre cet art attractif. »
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