Le président de la Chambre d’agriculture de Corse, Jean-Baptiste Arena, et la directrice, Hélène Beretti, devant le ministère de l'agriculture pour une rencontre avec la ministre Annie Genevard.
- Comment s’est passée la réunion avec la ministre ?
- Très bien. Ce fut une réunion très positive. La ministre, assistée de sa conseillère spéciale Marion Zalay, nous a reçus, la directrice Hélène Beretti et moi-même, pendant une heure et quart. Elle a pris le temps entre le Conseil des ministres et les questions orales de l’Assemblée nationale d’écouter ce que nous avions à lui dire sur divers dossiers. Elle a compris les problématiques spécifiques à la Corse et acquiescé à toutes nos demandes. Nous ne pouvons qu’être pleinement satisfaits. La ministre nous a annoncé qu’elle se déplacerait en Corse au mois d’avril pour travailler sur ces dossiers avec nous. Ce déplacement est, pour nous, une preuve de continuité de travail et de confiance. Cela permettra mener à bien ce que nous avons commencé avec le préfet Filippini, le préfet Jalon et la DRAAF de Corse.
- Quelles ont été vos demandes ?
- Nous avons demandé à la ministre de soutenir la mise en œuvre de notre plan d’action. Nous lui avons d’abord rappelé que nous sommes la seule Chambre de France à avoir conduit une régionalisation totale, en un temps contraint, et à réunir, en une seule entité, toutes les compétences agricoles insulaires. Cette structuration régionale donne à l’agriculture corse une gouvernance et une vision stratégique uniques, et, donc, une cohérence et une efficacité accrue grâce à la mutualisation des moyens. C’est une avancée majeure. Soucieux de l’optimiser, nous travaillons à répondre aux observations de la Cour des Comptes en matière de gouvernance, de sécurisation des procédures et d’amélioration du suivi stratégique, notamment grâce à un audit externe. Nous avons ensuite présenté à la ministre notre feuille de route 2025-2030, à savoir un plan stratégique autour de trois axes majeurs : la nouvelle Politique agricole commune (PAC), la question sanitaire qui touche aujourd’hui malheureusement les filières animales et végétales, et aussi le désordre foncier qui est une entrave au développement économique et agricole de la Corse, notamment avec la fermeture des parcours, la problématique de défrichement et le risque incendie. À partir de ces trois axes, nous avons décliné nos demandes en expliquant à la ministre que, pour réaliser ce plan, nous avons besoin d’outils et d’adaptations spécifiques à la réalité agricole de la Corse.
- Quelles adaptations réclamez-vous ?
- Concernant le désordre foncier, nous lui avons démontré que les règles de la nouvelle PAC, qui exigent une preuve écrite, sont inapplicables à court terme dans le désordre foncier historique que connait la Corse. Ces règles entraînent une perte massive de surfaces éligibles et conditionnent la survie de filières entières. Là encore, la ministre est d’accord pour travailler sur une PAC adaptée à la spécificité corse et sur la mise en place d’un dispositif transitoire spécifique avec un calendrier et des objectifs par étapes. Nous lui avons proposé des pistes de travail sur des leviers à droit constant, par exemple sur les biens sans maître, également avec le GIRTEC, tout en prévenant que le GIRTEC ne règlera pas tout, il lui faudra du temps pour résorber le désordre foncier en Corse et rétablir les titres de propriété. Nous lui avons dit que nous travaillons en collaboration avec les maires sur la possibilité de faire des baux sur des terres communales, mais que nous attendions aussi un soutien de sa part à travers la DDT pour qu’enfin un agriculteur puisse sécuriser son foncier par rapport aux aides à la production. Concernant les aides de la PAC, nous avons demandé une meilleure corrélation entre aides et production et des aides revalorisées et mieux ciblées, par exemple de type aide à l’abattage, pour relancer durablement la production agricole. J’irai défendre ces dossiers jeudi à Bruxelles avec le soutien de la ministre.
- Très bien. Ce fut une réunion très positive. La ministre, assistée de sa conseillère spéciale Marion Zalay, nous a reçus, la directrice Hélène Beretti et moi-même, pendant une heure et quart. Elle a pris le temps entre le Conseil des ministres et les questions orales de l’Assemblée nationale d’écouter ce que nous avions à lui dire sur divers dossiers. Elle a compris les problématiques spécifiques à la Corse et acquiescé à toutes nos demandes. Nous ne pouvons qu’être pleinement satisfaits. La ministre nous a annoncé qu’elle se déplacerait en Corse au mois d’avril pour travailler sur ces dossiers avec nous. Ce déplacement est, pour nous, une preuve de continuité de travail et de confiance. Cela permettra mener à bien ce que nous avons commencé avec le préfet Filippini, le préfet Jalon et la DRAAF de Corse.
- Quelles ont été vos demandes ?
- Nous avons demandé à la ministre de soutenir la mise en œuvre de notre plan d’action. Nous lui avons d’abord rappelé que nous sommes la seule Chambre de France à avoir conduit une régionalisation totale, en un temps contraint, et à réunir, en une seule entité, toutes les compétences agricoles insulaires. Cette structuration régionale donne à l’agriculture corse une gouvernance et une vision stratégique uniques, et, donc, une cohérence et une efficacité accrue grâce à la mutualisation des moyens. C’est une avancée majeure. Soucieux de l’optimiser, nous travaillons à répondre aux observations de la Cour des Comptes en matière de gouvernance, de sécurisation des procédures et d’amélioration du suivi stratégique, notamment grâce à un audit externe. Nous avons ensuite présenté à la ministre notre feuille de route 2025-2030, à savoir un plan stratégique autour de trois axes majeurs : la nouvelle Politique agricole commune (PAC), la question sanitaire qui touche aujourd’hui malheureusement les filières animales et végétales, et aussi le désordre foncier qui est une entrave au développement économique et agricole de la Corse, notamment avec la fermeture des parcours, la problématique de défrichement et le risque incendie. À partir de ces trois axes, nous avons décliné nos demandes en expliquant à la ministre que, pour réaliser ce plan, nous avons besoin d’outils et d’adaptations spécifiques à la réalité agricole de la Corse.
- Quelles adaptations réclamez-vous ?
- Concernant le désordre foncier, nous lui avons démontré que les règles de la nouvelle PAC, qui exigent une preuve écrite, sont inapplicables à court terme dans le désordre foncier historique que connait la Corse. Ces règles entraînent une perte massive de surfaces éligibles et conditionnent la survie de filières entières. Là encore, la ministre est d’accord pour travailler sur une PAC adaptée à la spécificité corse et sur la mise en place d’un dispositif transitoire spécifique avec un calendrier et des objectifs par étapes. Nous lui avons proposé des pistes de travail sur des leviers à droit constant, par exemple sur les biens sans maître, également avec le GIRTEC, tout en prévenant que le GIRTEC ne règlera pas tout, il lui faudra du temps pour résorber le désordre foncier en Corse et rétablir les titres de propriété. Nous lui avons dit que nous travaillons en collaboration avec les maires sur la possibilité de faire des baux sur des terres communales, mais que nous attendions aussi un soutien de sa part à travers la DDT pour qu’enfin un agriculteur puisse sécuriser son foncier par rapport aux aides à la production. Concernant les aides de la PAC, nous avons demandé une meilleure corrélation entre aides et production et des aides revalorisées et mieux ciblées, par exemple de type aide à l’abattage, pour relancer durablement la production agricole. J’irai défendre ces dossiers jeudi à Bruxelles avec le soutien de la ministre.
- Avez-vous encore avancé sur la question sanitaire ?
- Oui. Concernant l’aspect sanitaire, nous avons demandé la mise en place d’une gouvernance sanitaire Région/État à travers la création d’une Association sanitaire régionale chargée de coordonner la prévention, la surveillance et la gestion des crises pour les filières animales et végétales, de renforcer la traçabilité et les contrôles aux points d’entrée, et de positionner la Corse comme une sentinelle sanitaire. La ministre est d’accord pour nous aider à pérenniser tout ce que nous avons déjà mis en place au niveau de la dermatose et a acté le principe du cordon sanitaire. Elle accepte de discuter de la création de l’association sanitaire régionale dans le cadre de l’autonomie de la Corse.
- Qu’avez-vous obtenu en matière de défrichement et de curage ?
- Nous avons demandé un assouplissement des règles existantes de défrichement parce qu’aujourd’hui, beaucoup d’agriculteurs sont confrontés à une lourdeur administrative qui ne prend pas en compte l’aspect antérieur agraire de la Corse. Jusque dans les années 50 et 60, toutes les terres étaient cultivées, on le voit dans les photos aériennes. Bien entendu, nous sommes respectueux de l’environnement, mais quand on voit ce qui se passe aujourd’hui au Domaine de Casabianca où des jeunes attendent depuis 5 à 6 ans des autorisations de défrichement pour pouvoir mettre en culture, c’est désespérant ! Nous avons parfois l’impression qu’on nous met des bâtons dans les roues pour rien, alors qu’il existe à droit constant des mesures qui permettent d’aller vite dans le défrichement et le curage des fossés et des rivières. Nous avons fait aussi des propositions en nous appuyant sur des articles du code rural et du code forestier. La ministre a acquiescé.
- La ministre a-t-elle aussi validé votre demande de représentation à la CETEPENAF ?
- Oui. Nous lui avons demandé de rétablir les trois sièges de la Chambre à la CETEPENAF que nous avions avant la régionalisation. Aujourd’hui, avec une seule entité, nous n’avons plus qu’un siège. Les deux postes supplémentaires sont validés et seront effectifs à partir du mois de mai. De plus, nous avons demandé et obtenu que la SAFER de Corse puisse, elle aussi siéger, ce qui porte à quatre le nombre de sièges. Ce qui rendra l’avis de la Chambre, de la SAFER et des syndicats agricoles beaucoup plus efficient. C’est important de renforcer leur poids parce qu’il est stratégique d’obtenir que tous les avis sur les PLU soient des avis conformes afin de garantir une protection effective et durable des terres agricoles face à l’artificialisation.
- Quels autres sujets avez-vous abordé ?
- Nous avons évoqué le cas des calamités agricoles. À travers le réchauffement climatique et malheureusement la répétition des sécheresses et des inondations, nous avons demandé que que l’État puisse faire un effort à ce niveau-là. La ministre nous a assurés qu’elle demandera à ses services d’être attentifs tout en invoquant les contraintes budgétaires nationales. Nous avons aussi demandé d’avoir un interlocuteur privilégié avec le ministère, à savoir une personne dédiée en lien avec la DRAAF de Corse et la Chambre pour pouvoir faire remonter les informations plus rapidement et de manière plus fluide. Enfin, la ministre a acté les 3,4 millions € alloués à notre plan ambition pour 2026. Je tiens à remercier les six parlementaires corses qui ont joué collectif sur ce sujet, et surtout les anciens députés, Sauveur Gandolfi-Scheit, Camille de Rocca Serra et Paul Giacobbi, qui ont joué, en amont, un rôle primordial au niveau du lobbying.
Propos recueillis par Nicole MARI.
- Oui. Concernant l’aspect sanitaire, nous avons demandé la mise en place d’une gouvernance sanitaire Région/État à travers la création d’une Association sanitaire régionale chargée de coordonner la prévention, la surveillance et la gestion des crises pour les filières animales et végétales, de renforcer la traçabilité et les contrôles aux points d’entrée, et de positionner la Corse comme une sentinelle sanitaire. La ministre est d’accord pour nous aider à pérenniser tout ce que nous avons déjà mis en place au niveau de la dermatose et a acté le principe du cordon sanitaire. Elle accepte de discuter de la création de l’association sanitaire régionale dans le cadre de l’autonomie de la Corse.
- Qu’avez-vous obtenu en matière de défrichement et de curage ?
- Nous avons demandé un assouplissement des règles existantes de défrichement parce qu’aujourd’hui, beaucoup d’agriculteurs sont confrontés à une lourdeur administrative qui ne prend pas en compte l’aspect antérieur agraire de la Corse. Jusque dans les années 50 et 60, toutes les terres étaient cultivées, on le voit dans les photos aériennes. Bien entendu, nous sommes respectueux de l’environnement, mais quand on voit ce qui se passe aujourd’hui au Domaine de Casabianca où des jeunes attendent depuis 5 à 6 ans des autorisations de défrichement pour pouvoir mettre en culture, c’est désespérant ! Nous avons parfois l’impression qu’on nous met des bâtons dans les roues pour rien, alors qu’il existe à droit constant des mesures qui permettent d’aller vite dans le défrichement et le curage des fossés et des rivières. Nous avons fait aussi des propositions en nous appuyant sur des articles du code rural et du code forestier. La ministre a acquiescé.
- La ministre a-t-elle aussi validé votre demande de représentation à la CETEPENAF ?
- Oui. Nous lui avons demandé de rétablir les trois sièges de la Chambre à la CETEPENAF que nous avions avant la régionalisation. Aujourd’hui, avec une seule entité, nous n’avons plus qu’un siège. Les deux postes supplémentaires sont validés et seront effectifs à partir du mois de mai. De plus, nous avons demandé et obtenu que la SAFER de Corse puisse, elle aussi siéger, ce qui porte à quatre le nombre de sièges. Ce qui rendra l’avis de la Chambre, de la SAFER et des syndicats agricoles beaucoup plus efficient. C’est important de renforcer leur poids parce qu’il est stratégique d’obtenir que tous les avis sur les PLU soient des avis conformes afin de garantir une protection effective et durable des terres agricoles face à l’artificialisation.
- Quels autres sujets avez-vous abordé ?
- Nous avons évoqué le cas des calamités agricoles. À travers le réchauffement climatique et malheureusement la répétition des sécheresses et des inondations, nous avons demandé que que l’État puisse faire un effort à ce niveau-là. La ministre nous a assurés qu’elle demandera à ses services d’être attentifs tout en invoquant les contraintes budgétaires nationales. Nous avons aussi demandé d’avoir un interlocuteur privilégié avec le ministère, à savoir une personne dédiée en lien avec la DRAAF de Corse et la Chambre pour pouvoir faire remonter les informations plus rapidement et de manière plus fluide. Enfin, la ministre a acté les 3,4 millions € alloués à notre plan ambition pour 2026. Je tiens à remercier les six parlementaires corses qui ont joué collectif sur ce sujet, et surtout les anciens députés, Sauveur Gandolfi-Scheit, Camille de Rocca Serra et Paul Giacobbi, qui ont joué, en amont, un rôle primordial au niveau du lobbying.
Propos recueillis par Nicole MARI.
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