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Haute-Corse - Les syndicats vent debout contre la prochaine carte scolaire : « une véritable boucherie ! »


Christophe Giudicelli le Lundi 30 Mars 2026 à 11:05

L’intersyndicale (CFDT, CGT, SNUipp-FSU, STC, UNSA, SNALC) évoque la suppression d’une vingtaine de postes en Corse, dans le premier et le second degré. Une situation jugée inadmissible, alors que les besoins des élèves sont grandissants. Une réunion sur la carte scolaire est prévue ce mardi 31 mars à l’inspection d’académie de Haute-Corse.



La carte scolaire 2026-2027 pour la Corse ? « Une véritable boucherie » estime Fabien Mineo, secrétaire départemental du SNUipp-FSU pour la Haute-Corse. Le leader syndical n’en veut pas forcément à l’inspection académique de son département, dont il juge que le dialogue social est bien présent, avec des « choix courageux », mais s’en prend directement à la tête de l’Éducation nationale et son ministre Édouard Geffray : « Les postes à rendre, c’est une vraie boucherie. Le ministre de l’Éducation nationale a dispatché ses 2 200 postes à supprimer dans le premier degré, 4 000 au total en comptant le second. On paye un lourd tribut dans un département comme le nôtre ! »

Fabien Mineo fait les comptes sur l’île : « Six postes en Haute-Corse et cinq en Corse-du-Sud, mais en fait on doit en rendre plus, avec onze postes dans le second degré », avant de résumer : « On se retrouve avec une carte scolaire, avec une vingtaine de postes à fermer pour 4 à 6 ouvertures. »

Une situation impensable pour le leader du SNUipp-FSU : « On ne peut pas fermer une classe unique à Vivario ou encore dans le rural à San-Giuliano. Ou encore fermer un centre pour jeunes sourds et aveugles. » Bastia n’est pas en reste, où ce lundi 30 mars des blocages ont eu lieu devant les écoles Desanti, Charpak et Defendini. « À Bastia, malgré 500 élèves perdus en huit ans, il y a malgré tout des difficultés scolaires qui sont indéniables. Avec un indice de positionnement social le plus bas, où il faut mettre le paquet. »
Le risque ? « Si on manque d’enseignants dans ces endroits-là, on peut se préparer à recruter des gardiens de prison », argumente Fabien Mineo.

Conséquence également sur l’emploi en Corse : des jeunes qui passeront les concours et ne trouvent pas de poste. Mais aussi des difficultés persistantes avec la langue française, notamment en Plaine orientale.

Les demandes des syndicats sont simples : « Ne pas se retrouver avec la vingtaine de fermetures de postes, continuer le dialogue, voir où cela coûte le moins et envisager les mesures autrement », avec une condition : « Pas de fermeture en REP+. Une autre façon de gérer les fermetures de postes dans les réseaux d’aide », conclut Fabien Mineo.