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Fort d'Aleria : "Pardon mon Père", une exposition d'Anthony Limelette


Rédigé par Vanina Bruna le Vendredi 14 Mars 2014 à 19:58 | Modifié le Samedi 15 Mars 2014 - 00:25


Anthony Limelette, le jeune artiste dont la première exposition avait créé la polémique, autour d image alliant nudité et symbole religieux, revient avec une exposition intitulée Pardon Mon Père, le 15 mars, au Fort d'Aléria.


A partir de samedi, vous pourrez decouvrir, au Fort d'Aléria les derniers travaux d'Anthony Limelette. Ses œuvres, qu'elles soient issues d'un médium vidéo ou photographique, sont toujours en noir et blanc, imposant ainsi une distance fondamentale avec le réel. Le jeune artiste partage des images, issues de songes, c’est la composition d’une idée, d’un rêve, matérialisé par le regard d’une pensée. Rien ne peut exister que parce que l’autre est présent.
Pour l’exposition « Pardon mon père » Anthony Limelette nous propose un travail sur l’église et la lumière. Les nuances de gris, de blanc, en opposition totale avec les couleurs des vitraux transforment l’idée de la représentation religieuse en une allégorie de la solitude, de la souffrance, à la recherche du divin c’est-à-dire d’une vérité propre à l’homme, celle de la finitude. L’or et l’argent ont disparu des façades pour ne laisser place qu’a la simplicité du vide et d’un rayon lumineux. Tout est effacé dans l’ombre pour ne garder que l’essentiel de nos temples, où est la place de l’Homme parmi les croix du monde ? Qu’elle est cette lumière qui vient caresser la joue de celui qui a mal, c’est celle de l’absence.
Anthony Limelette nous offre ici un spectacle de la rédemption, non pas sa rédemption, ni celle de l’Homme mais la rédemption d’une église, d’un Dieu qui comme une œuvre n’existe que par le regard de l’autre sans matière ni pensée, juste un Néant. Il questionne ainsi la place et les enjeux des religions au sein d’une société en proie à diverses crises. Puisque celle-ci est indissociable de nos sociétés, comment les mettre en doute car au fond le doute n’est-il justement pas la véritable idée de Dieu ?
"Pardon mon père" est donc une exposition qui au-delà de la représentation cinématographique des images nous parle de l'idée de dieu, de la religion, au fond de nous-même. De notre besoin de grandeur, une intime confession au creux d'une église, l'histoire d'une absence.

Vous avez suivi des études d'art a l'université de Corte : quel a été votre parcours après?

Après avoir passé une L2 Arts du Spectacle à Corte, je suis monté une année à Paris terminer mon cursus et ainsi avoir de meilleures spécialisations. Ce fut une année douloureuse, notamment à cause du déracinement, et j'ai pu travailler là-bas sur les thématiques de l'exil, l'errance et la solitude avec des amis de tous horizons(allemands, russes, polonais,...). Je me suis essentiellement concentré sur les médiums que sont le théâtre et l'écriture. Il m'a fallu beaucoup de temps pour reprendre la photo et les vidéos car j'avais besoin d'une remise en question profonde sur la conception des images. Ce n'est qu'à la fin de l'année que j'ai repris mon appareil photo ou j'ai travaillé une série de photos sur  la face cachée des villes. J'ai aussi réalisé un film sur l'exil "à l'ombre des dunes". Je suis revenu en Corse cette année pour des raisons personnelles où j'ai repris mes études à Corte dans le même domaine des Arts du Spectacle et j'ai créé une association (Impérial Star) permettant de favoriser les échanges et les partages culturels entre la Corse, la Méditerrannée et l'Europe car je suis convaincu malgré ce que j'ai pu vivre que la Corse est une terre d'ouverture et de liberté

Vous aviez créer la polémique avec votre expo à l'université de Corte : que vous a apporte cette expérience ?

Contrairement à ce que l'on pourrait croire la polémique d'il y a 2 ans m'a plus enlevé qu'aporté de choses, en effet, cette large médiatisation qui fut plus que régionale est a mon sens arrivée trop prématurément. Malgré que je ne regrette rien, elle a occulté une grande partie de mes travaux au détriment d'une seule photo peu représentative de l'ensemble de mes travaux. Cependant le mouvement qu'à entrainé ce cliché a permis une réflexion artistique et politique que je n'attendais pas et qui démontre l'utilité fondamentale de l'art. Rien n'est jamais acquis au sein d'une société et les combats du passé sont encore les combats du présent. L'art comme la science doivent être le doute du monde, ils ont pour rôles d'engendrer le questionnement. Une de mes professeure d'art me disait quand je préparais l'exposition du 15 Mars qu'elle ne faisait pas de "l'art pour la populace" et que sa galerie se devait d'accueillir que les "grands, les riches personnages". C'est pour moi une erreur grave et intolérable dans notre métier car comme je l'ai dit l'art est a mon sens un organe du doute, le moteur d'une société et il est ouvert à tous. Il faudrait convenir de modifier la conception artistique d'aujourd'hui car elle n'appartient plus qu'à une élite et ne répond plus à ces fondamentaux

Quels sont vos projets pour la suite?

J'ai beaucoup de mal à prévoir un avenir à long terme. En outre, j'espère faire grandir mon association et développer des projets socio-culturels en appui avec les politiques actuelles. Il s'agit là de permettre à la Corse de répondre à ses questions en prenant compte l'aspect culturel jusqu'alors trop négligé. Pour l'instant, sans oublier mon travail artistique je me dirige essentiellement vers la direction culturelle car je trouve le sujet passionnant. J'espère pouvoir faire entendre ma voix et, avec la jeunesse d'aujourd'hui, développer l'identité insulaire tout en favorisant l'idée d'une conception européenne. Je l'avais déjà dit à l'époque et je le redis aujourd'hui, conforté par les maigres expériences de ma vie, je suis malheureusement persuadé qu'il faut encore se battre, ici et au-delà de nos frontières, pour une liberté universelle. En effet, ce que j'ai vu ici et à Paris sont les mêmes choses, une minorité qui au lieu de penser à un avenir commun préfère s'enfermer dans l'idée d'un monde cloisonné et hermétisé loin de toute évolution. Je n'ai que 24 ans et mes mots sont sûrement puérils, preuve de l'innocence d'une jeunesse emplie d'espoir, mais je sais que, tant qu'il y aura un Homme pour rêver, il y aura des Hommes pour exister.
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Exposition d'Anthony Limelette, jeune plasticien : photographies, textes, vidéos à partir de 15 heures
participation musicale de A Confraterna di a Serra à 17 heures
Apéritif à 18 heures




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