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FO Corse-du-Sud fustige les ordonnances Macron et la « boulimie » du patronat local


Rédigé par Sylvain Amiotte le Mardi 23 Janvier 2018 à 14:03 | Modifié le Mardi 23 Janvier 2018 - 14:49


A la veille de la rentrée du Conseil des prud’hommes, le syndicat Force ouvrière a tenu une conférence de presse, ce mardi à Ajaccio, pour dénoncer les « conséquences concrètes et néfastes » des ordonnances Macron réformant le droit du travail, applicables depuis le 1er janvier. La concentration de l’économie insulaire inquiète également la section Corse-du-Sud du syndicat.


"Nous sommes dans un code du travail entreprise par entreprise", déplore Marcel Santini (au centre), secrétaire de l'union départementale FO Corse-du-Sud.
"Nous sommes dans un code du travail entreprise par entreprise", déplore Marcel Santini (au centre), secrétaire de l'union départementale FO Corse-du-Sud.
Aux yeux des représentants de FO Corse-du-Sud, il ne faut pas se fier à « l’apparence de non gravité » des ordonnances réformant le droit du travail, qui n’ont pour d’autre but que de « tromper syndicalistes et travailleurs ».

D’abord parce que les accords d’entreprise prévalent désormais sur les accords de branches dans de nombreux domaines tels que « les primes d’ancienneté, le contrat de travail et la durée de la période d’essai ». « Nous sommes dans un code du travail entreprise par entreprise », tranche Marcel Santini, secrétaire général du syndicat qui revendique 450 adhérents en Corse-du-Sud.

"L'illusion" d'une primauté de l'accord de branche dans certains domaines

Car selon FO, la primauté accordée à la branche sur un bloc de treize thèmes relève de « l’illusion ». « Ces treize domaines réservés sont accessoires et représentent des alibis pour pour faire croire que la branche existe encore sur le papier. » L’un de ces treize domaines réservés de la branche concerne les salaires minimum : « Cette rémunération est souvent inférieure au SMIG, c’est à dire que la branche est prioritaire sur des minimas qui ne sont pas appliqués dans la réalité ! Et au final, l’accord d’entreprise peut diminuer les salaires, par exemple en enlevant la prime d’ancienneté, sans que les partenaires sociaux puissent s’y opposer », observe Marcel Santini.

Autre inquiétude : la branche peut désormais « se substituer à la législation » sur les CDD, notamment leur durée et le délai de carence entre deux contrats. FO y voit d’abord le risque d’une renégociation moins avantageuse pour les salariés précaires et l’éloignement du « spectre de la requalification en CDI devant les prud’hommes ». Marcel Santini déplore ce qui correspond à « une demande centrale du patronat qui cherche à obtenir une flexibilité absolue ».

Muvistrada pointée du doigt

Sur l’île, le syndicat accuse ainsi la société publique locale Muvistrada, qui gère les transports urbains dans le pays ajaccien, d’avoir embauché récemment des CDD au motif officiel d’un accroissement temporaire de son activité, tandis que « des lignes sont supprimées en même temps ».

FO Corse-du-Sud déplore par ailleurs la création d’ « embûches supplémentaires » visant à « dissuader » les salariés de saisir les prud’hommes. « Désormais il faut vraiment être avocat pour éviter un vice de forme dans la saisine. On le voit, le nombre de requêtes baisse, les salariés renoncent. »

Le syndicat cite encore comme « catastrophique » la disparition du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), celui-ci devant fusionner d’ici 2020 avec les délégués du personnel et le comité d’entreprise dans une entité nouvelle unique, le Comité social et économique.

"Une boulimie dangereuse" en Corse

Autant de mesures nationales qui « renforcent le pouvoir d’oppression salariale sur les salariés », d’autant plus dans un contexte de fort chômage tel qu’il existe en Corse, estime Marcel Santini. « La majorité des entreprises en Corse comptent moins de 10 salariés et n’ont pas de syndicat, contrairement aux grandes boîtes. Jusqu’ici, celles-ci leur servaient de repère. Mais c’est fini désormais. »

L’occasion pour FO de s’alarmer de « la boulimie d’une frange non négligeable du patronat en Corse ». « Celle-ci détient la grande distribution, les transports maritimes et bientôt la presse locale (ndlr : un consortium d’entrepreneurs insulaires est en passe de racheter 35% du capital du quotidien Corse-Matin). C’est dangereux pour le salariat et la démocratie », s’alarme Dominique Lanfranchi.

FO craint que ces « monopoles », loin aujourd’hui de produire une baisse des prix, pourront profiter des ordonnances Macron afin d’exercer plus facilement « une pression paternaliste » sur les salariés. « Les prix exorbitants et l’impossibilité de se défendre crée une situation cauchemardesque pour les plus précaires », appuie Marcel Santini.

S’il souhaite aujourd’hui simplement « informer et prévenir » les salariés corses, le responsable syndical ne voit au niveau national "pas d’autre issue que celle d’un conflit généralisé. Des secteurs finiront par exploser."




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