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Dans « Un stylo dans la tête », Francis Perrin "croque" les travers de la société moderne !


le Mercredi 6 Février 2013 à 10:10 | Modifié le Mercredi 6 Février 2013 - 10:16


L’homme de théâtre et acteur était ce mardi soir sur la scène du cinéma l’Empire d’Ajaccio pour la pièce de théâtre « Un stylo dans la tête » écrite par Jean Delle et mise en scène par Jean-Luc Moreau. Dans l’après-midi, l’acteur a été reçu par le maire d’Ajaccio pour une cérémonie au cours de laquelle Simon Renucci a salué le talent de l’acteur avant de lui remettre la médaille de la ville. A cette occasion, nous avons rencontré Francis Perrin pour une interview stylo dans la main, mais sans prise de tête, avant la représentation.


Francis Perrin, entouré des comédiens, a été reçu par le maire d'Ajaccio. Une cérémonie au cours de laquelle Simon Renucci lui a remis la médaille de la ville. (Photo Marilyne Santi)
Francis Perrin, entouré des comédiens, a été reçu par le maire d'Ajaccio. Une cérémonie au cours de laquelle Simon Renucci lui a remis la médaille de la ville. (Photo Marilyne Santi)
« Un stylo dans la tête » est (même si les spécialistes nous hurleraient dessus pour le terme, mais l’acteur lui-même évoque la double visée) une "comédie dramatique" dans laquelle Francis Perrin campe le rôle de Victor Aubrac, un écrivain et auteur de théâtre à succès, qui va réunir ses meilleurs amis (un homosexuel, deux sœurs névrosées, l’ex de sa femme) lors d’un dîner pour leur annoncer qu’il s’est inspiré d’eux pour écrire une comédie hilarante. Sauf que l’ambiance va vite tourner à l’orage et devenir propice à un règlement de comptes en règle entre les divers protagonistes, tous plus loufoques les uns que les autres.

Portrait à charge d'une certaine société moderne
L’occasion de pointer les travers d’une certaine société moderne par le biais d’une galerie de portraits aussi stéréotypée que savoureuse. Mais également de poser la question centrale qui, selon les propres termes du metteur en scène Jean-Luc Moreau, est profondément « contemporaine » : a-t-on le droit de s’emparer de la vie des autres pour réaliser ses desseins, d’écrire sur ses amis et proches sans les prévenir ?
Réponse ce soir sur la scène de l’Empire dans cette comédie grinçante qui dresse un portrait à charge et sans complaisance (mais toujours avec humour !) d’une certaine société moderne. Mais également au cours de l’interview stylo en main mais sans prise de tête que nous a accordée l’acteur. 
 
Yannis-Christophe GARCIA

« C'est une pièce de chorale et jouer avec les autres, j'adore ça ! » Francis Perrin (Photo Marilyne Santi)
« C'est une pièce de chorale et jouer avec les autres, j'adore ça ! » Francis Perrin (Photo Marilyne Santi)
> L'INTERVIEW > Francis Perrin, acteur

Corse Net Infos : Vous jouez ce soir à Ajaccio dans la pièce "Un stylo dans la tête". Avez-vous été d’emblée séduit par l’histoire et pour quelles raisons ?
Francis Perrin : Oui tout à fait ! D’une part car j’ai trouvé ce personnage d’auteur dramatique à succès à la fois prétentieux, arrogant, sur de lui, pas très gentil, mais aussi intéressant ! D’autre part cela pose la question de savoir si on a le droit d’écrire sur ses proches, sur ses amis, sans les prévenir et le dire comme ça de but en blanc. En même temps, tout cela est écrit par Jean Delle d’une manière extraordinaire, parceque le dialogue est brillant et fait mouche. Je me suis dit que c’était intéressant de jouer un personnage antipathique en lui donnant une certaine sympathie et de fait, que les gens s’accrochent à lui.

CNI : Selon vous, quel est le but de cette pièce qui met en scène une galerie de portraits de personnages loufoques ?    
F.P : (rire) Oui, il y a une dépressive, un homosexuel, une emmerdeuse et aussi un con ! Ca raconte un peu la vie… il ne faut pas se leurrer ! Ce sont des archétypes qui permettent, je ne dirais pas livrer un message car c’est prétentieux, mais de vraiment poser la question : on n’a pas le droit de prendre comme ça le caractère des gens, leurs état d’âme, leur vie. Mais tous les auteurs dramatiques et les écrivains font ça.

CNI : Justement, « s’emparer de la vie des autres, c’est très contemporain » selon les propres mots du réalisateur de la pièce Jean-Luc Moreau. Selon vous, en quoi cet état de fait est-il contemporain ? Avant, était-ce différent, qu’est-ce qui a changé globalement ?  
F.P : Je pense que c’est avant tout par l’écriture de Jean Delle qui est très moderne, vraiment très moderne. Et je pense que c’est ce qui fait que la pièce touche juste, car on voit ces gens et on a vraiment l’impression de les croiser dans la vie de tous les jours. C’est ça qui est important. Et puis il y a aussi cette liberté de dire les choses qui est beaucoup plus franche. Ce sont des choses que l’on n’aurait peut-être pas faites il y a quelques années.

« C'est une pièce qui a un gros succès, on peut le dire » (Francis Perrin)

CNI : Au-delà des personnages qui cristallisent les archétypes et qui illustrent les travers du quotidien, est-ce qu’il y a une écriture propre à servir cette mise en scène ?
F.P : Oui bien sûr ! Jean Delle est un grand dialoguiste qui sert des répliques qui font mouche. Et ça, pour le théâtre, c’est ce qu’il y a de mieux ! Molière était pareil, ce sont de vrais auteurs de théâtre. C’est fait pour nous faire rire et Jean Delle est fort pour ça ! Il aurait pu faire un drame de cette pièce mais il en a fait une comédie et c’est très intelligent. C’est aussi une pièce de chorale qui ne se joue pas seul. C’est vraiment jouer avec les autres et moi j’adore ça ! En plus, on s’entend comme larrons en foire et le public le sent. Il sent cette entente importante entre les comédiens, cette admiration mutuelle, et c’est ce qui fait que la pièce plait et qu’ils passent 1h30 à rire. Cela fait tout de même 160 fois qu’on la joue !

CNI : Vous dites vous-même que la pièce est très « virulente ». Peut-on dire que c’est un portrait à charge d’une certaine société moderne ?
F.P : Oui, je crois que c’est ça. Et puis vous savez, dans la première scène, je parle avec ma femme des personnages qui vont arriver, on les présente, et dès qu’ils arrivent sur scène, les gens rient car ils savent qui est qui ! Avec leurs caractères propres ! Donc ça veut dire qu’on les a bien présentés et c’est très important. C’est une belle construction d’auteur dramatique.

CNI : Jouer en Corse, c’est une sorte de nouveauté pour vous ? Vous ne venez pas souvent…
F.P : Si je suis quand même venu quelquefois. J’avais notamment joué Molière à Bastia. Mais j’aimerais bien venir plus souvent car j’aime bien votre île ! J’ai eu la chance quelquefois d’aller y passer des vacances et d’aller jouer dans un golf unique au bord de mer. Je ne suis pas du tout un grand joueur de golf mais rien que de jouer sur ce terrain là, c’est inoubliable ! Je ne joue plus au golf mais je n’ai jamais oublié ma partie ici en tout cas ! (rires)

CNI : La pièce va continuer a être jouée pendant combien de temps encore ?
F.P : Jusqu’au mois d’avril et on va l’enregistrer en direct à la télévision à la fin de la tournée. On aura fait un beau parcours de presque 200 représentations, ce qui est formidable.
 
CNI : La pièce a reçu du succès, avez-vous eu des retours du public ?
F.P : Oui beaucoup ! Vous savez, en jouant tous les soirs, les gens nous applaudissent vraiment. C’est une pièce qui a un gros succès, on peut le dire !
 
CNI : Avez-vous des projets après cette pièce ?
F.P : Mon troisième roman historique sortira le 18 avril chez Plon, il faut que je le termine d’ailleurs car je dois le rendre dans une semaine ! (rire) Je tourne également beaucoup en ce moment, notamment dans deux séries, l’une pour France2 et l’autre pour France3. Donc j’ai pas mal de travail !

CNI : Enfin, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
F.P : De continuer comme cela et de ne surtout rien changer !
 
Propos recueillis par : Yannis-Christophe GARCIA
 
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« Un stylo dans la tête »

Auteur : Jean Delle
Mise en scène : Jean-Luc Moreau
Avec : Francis Perrin (Victor Aubrac), Anne Canovas, Sophie Gourdin, Xavier Even et Eric Boucher






 

Francis Perrin, invité par Simon Renucci à une cérémonie dans les salons napoléoniens mardi après-midi. (Photos Marilyne Santi)




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