César Filippi, le président du Groupement des hôtelleries et restaurations de Corse (GHR-Corsica) dresse un constat alarmant de la situation économique de l’île, qu’il estime indissociable d’un contexte politique défaillant. Selon lui, « l’équilibre économique d’un Pays ne peut faire abstraction d’une stabilité politique transparente, efficiente et durable, au service du plus grand nombre ».
En Corse, cette exigence se heurte à une double difficulté : « la confusion et l’inertie Nationales actuelles », auxquelles s’ajoute « la non compensation effective, pour le plus grand nombre, des particularismes d’une région oubliée ». Une situation résumée par une formule qu’il juge toujours valable : la Corse demeure « la plus lointaine des îles proches ».
Une économie insulaire déséquilibrée et dépendante du surtourisme
Le président du GHR-Corsica décrit une île « à la vie économique tronquée », reposant presque exclusivement sur « 90 jours d’un Sur-Tourisme subi par défaut, et totalement débridé ». Un modèle qu’il juge non seulement fragile, mais aussi profondément inéquitable, dans la mesure où « la majeure partie des profits échappe à l’État, aux collectivités locales, aux caisses sociales et aux secteurs professionnels locaux, dûment établis ».
Cette réalité économique nourrit, selon lui, une précarité durable : « Une situation de précarité pourtant officiellement reconnue », qui, dans la vie quotidienne, transforme résidents et acteurs économiques en « citoyens à mi-temps ».
Un seuil critique de rupture atteint
Aux difficultés structurelles de l’île se sont ajoutées, depuis 2019, « une succession de crises conjoncturelles ». Leur accumulation aurait conduit la Corse à atteindre « le seuil critique de rupture, auquel aucun secteur professionnel d’activité, structuré, ne pourra échapper ».
Face à cette situation, le GHR-Corsica rappelle avoir alerté dès sa création, il y a trois ans. Le syndicat affirme avoir été « le premier et le seul » à réclamer la mise en place d’une cellule économique de crise en Corse. Une cellule qui a vu le jour et dans laquelle ont travaillé l’État, la Collectivité de Corse et l’ensemble des composantes du paysage économique insulaire afin de lister les problématiques et les solutions possibles.
Mais le constat dressé aujourd’hui est sévère. « À ce jour, les réponses des services de l’État et de la Collectivité Territoriale n’apportent aucune proposition concrète qui soit à la hauteur de la situation d’urgence dans laquelle se trouvent un très grand nombre d’entreprises », affirme le président du GHR-Corsica, rappelant que l’année 2025 marque un « record historique de défaillances d’entreprises en Corse ».
Il déplore également le refus d’aborder la question de mesures structurelles permettant de mettre les entreprises corses « à égalité de chances avec [leurs] collègues continentaux ».
Sur ce point, il critique frontalement la position de l’État, qui se serait contenté de conseiller aux acteurs économiques insulaires de « se tourner vers les grands groupes, les Majors et les Multinationales ». Une option rejetée sans ambiguïté : « Madame la Ministre, le Patrimoine chez nous n’est pas à vendre… nous le léguons ».
Un projet de société partagé
Pour le GHR-Corsica, l’heure est désormais à une réaction collective. Il appelle à « proposer enfin un Projet de Société qui n’exclura absolument aucun secteur d’activité présent dans l’île ». Un projet placé sous « une seule bannière », non pas celle « du seul profit immédiat », mais celle « d’un avenir économique et social équilibré et pérenne pour nos enfants sur leur Terre ».
Dans cette perspective, le syndicat apporte son « total soutien » aux professionnels du BTP, appelés, avec « un Tourisme enfin planifié, souhaité, maîtrisé et bien géré », à devenir « les fers de lance de l’économie Corse de demain ».
Dans cette perspective, le syndicat apporte son « total soutien » aux professionnels du BTP, appelés, avec « un Tourisme enfin planifié, souhaité, maîtrisé et bien géré », à devenir « les fers de lance de l’économie Corse de demain ».
Le président du GHR-Corsica donne rendez-vous à l’ensemble des forces vives économiques et sociales de l’île pour une action concertée visant à présenter ce projet de société. Un message conclu par un avertissement et un appel à l’unité : « Seuls, nous sommes inaudibles et nous ne pesons rien. Tous ensemble nous serons incontournables. »
Et de conclure : " Forza à tutti! È Muvimu ci !"
Et de conclure : " Forza à tutti! È Muvimu ci !"
-
Les tournois qualificatifs jeunes des Championnats de Corse d’échecs 2026 sont lancés
-
Calenzana - La Maison médicale Domus Medica labellisée « France Santé »
-
Jean-Baptiste Arena : « La ministre de l’agriculture a entendu nos demandes sur la Corse »
-
Deux jeunes karatékas d'Aleria sur le podium aux Championnats de France JKA
-
La Corse plaide à Bruxelles pour la survie de sa pêche artisanale










Envoyer à un ami
Version imprimable




