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Conseil général de Haute-Corse : la querelle s'envenime


Rédigé par Jessica Monti le Vendredi 17 Février 2012 à 10:20 | Modifié le Lundi 8 Octobre 2012 - 10:22


Pour la quatrième fois consécutive, la session du Conseil général de Haute-Corse a viré à l’affrontement entre Hyacinthe Mattei, le conseiller général d’Ile Rousse, et le président Joseph Castelli. Une question sur les enquêtes financières en cours a provoqué un clash. L’élu dissident ne désarme pas et continue à dénoncer un système qu’il connaît parfaitement.


Conseil général de Haute-Corse : la querelle s'envenime
La première session 2012 du Conseil général de Haute-Corse aurait du être une promenade de santé pour la majorité départementale tant les sujets abordés n’étaient pas de nature à susciter la polémique. Mais depuis sa brutale éviction de la présidence de la Commission des Finances au profit d’Eric Calloni, Hyacinthe Mattei, conseiller général de l’Ile Rousse, transforme, chaque réunion, en calvaire pour la majorité dont il est issu.
Un moratoire pour la carte scolaire
Cette session de jeudi n’a pas dérogé à la règle. Après une fastidieuse et monotone lecture d’une longue série de rapports à adopter, le vote d’une motion pour un moratoire de la carte scolaire proposée mercredi par l’inspection d’académie de Haute-Corse et dénonçant la suppression de 20 postes d’enseignants, ce fut l’heure des vœux. Ceux de Hyacinthe Mattei prirent la forme de trois questions écrites relatives au fonctionnement de la collectivité. Trois questions, trois passes d’armes, qui s’enflammèrent, crescendo, jusqu’au clash final.
Des recrutements contestés
La première, récurrente, porte sur « les recrutements massifs » opérés en fin d’année 2011 : 20 directs et 15 par réintégration ou mutation. « Comment ce budget peut-il supporter ces charges de personnel, sans compromettre irrémédiablement le financement de nos dépenses obligatoires et nos investissements, notamment routiers ? », s’étonne le maire de Monticello. Il réclame également le tableau des effectifs et son vote par les conseillers généraux.
Le président Castelli réplique que le tableau des effectifs a été envoyé à chaque élu le matin même, mais Hyacinthe Mattei ne l’a pas reçu ! Il justifie brièvement ces recrutements de « travailleurs sociaux et d’éducateurs spécialisés » comme « une demande pressante des syndicats depuis deux ans ». Il finira par s’énerver : « Il n’y a pas de recrutement massif. C’est faux ! ».
Victime d’ostracisme
La deuxième question, récurrente elle aussi, a trait à l’ostracisme dont l’ancien élu de la majorité départementale se dit victime depuis qu’il en est devenu le principal opposant. « Je reconnais que je suis un peu dérangeant pour le système mais, quand même, il y a des règles que vous ne pouvez transgresser ». L’élu balanin dénonce le blocage de subventions octroyées dans des contrats signés, celui de l’aide aux propriétaires ayant peu de revenus et le non-paiement de séjours effectués par les classes découvertes dans sa commune en 2011.
Joseeph Castelli répond que « le paiement a été récemment notifié » et que les subventions sont « en attente de versement ».
Les affaires judiciaires
C’est la troisième question qui met le feu aux poudres. Hyacinthe Mattei évoque le dernier avatar des multiples affaires judiciaires qui secouent le conseil général de Haute-Corse et mettent en cause des élus et des salariés. Cette enquête en cours concerne des détournements de subventions publiques accordées dans le cadre de financement de gîtes ruraux et qui auraient servi à améliorer des habitations privées appartenant à l’entourage de Paul Giacobbi.
« Que comptez-vous faire pour nos agents et notre institution sur lesquels toutes ces affaires jettent l’opprobre et qui ne peuvent être tenus collectivement pour responsables de ces éventuels actes délictueux avancés par la presse ? ». Pour le maire de Monticello, le personnel ne saurait être mis en cause car « comme tout le monde sait, le personnel exécute les ordres qu’on lui donne ».
L’honneur du département
La question n’est pas du tout du goût du président Castelli qui rétorque vertement : « On critique le département à partir d’éléments qui ne sont, pour le moment, pas établis. Je m’attache dans cette affaire des gîtes, comme dans toutes les autres d’ailleurs, à défendre l’honneur de la collectivité. Il n’y a pour l’instant aucune personne mise en examen. L’enquête continue ». Rappelant que «  Nous avons voté, lors de la dernière session, des aides à la protection fonctionnelle des agents entendus par la justice », il n’accepte pas que l’on insinue qu’il « laisse mes agents dans la nature ». Et d’affirmer avec force : « Il faut laisser la justice aller jusqu’au bout. Je prendrais alors toutes les dispositions pour que ce département et ses agents ne soient pas salis ».
Qui commande ?
Le ton monte, s’envenime jusqu’à l’incident. Hyacinthe Mattei dénonçant une fois encore le système régissant le conseil général, Joseph Castelli tonne : «Arrêtez de dire qu’il y a un système. Si système y a, je le combats, mais vous y avez participé en tant que président actif de la Commission des finances. N’oubliez pas, certaines affaires remontent au temps où vous étiez aux affaires ».
Le propos fait bondir le maire de Monticello, qui cingle : « Je refuse catégoriquement de vous entendre dire que je suis associé. Car, ici, vous savez qui commande ! »
Les répliques fusent. « C’est moi ! », assène le président.
« Non ! Ce n’est pas vous ! Ce n’est pas vous ! Nous en avons eu encore la preuve ce matin ! ». La voix de Hyacinthe Mattei se perd ensuite dans un brouhaha général. Les ombres, toujours bien présentes, des proches conseillers de Paul Giacobbi planent dans la Salle des délibérations. La gêne est palpable.
La promesse balanine
Le président Castelli clôture la séance en avertissant : « Je ne vais pas continuer à polémiquer à chaque session. Aujourd’hui, c’est la dernière fois que je vous réponds oralement. Dorénavant quand vous poserez des questions, je vous répondrais par écrit ».
Mais Hyacinthe Mattei n’a pas l’intention de déposer les armes et prévient : « Le jour où il y aura un fonctionnement normal dans cette institution, j’arrêterais. Tant que ça continue, je continuerais ».
La prochaine session, prévue le 25 avril, en pleine élection présidentielle, ne s’annonce guère plus sereine. Et ce n’est pas la proximité des législatives, où la guerre entre anciens amis pourrait bien être frontale, qui va apaiser les tensions.
                                                                                                                                 N. M.



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