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Claude Erignac : Le souvenir mémoriel des élus Corses


Rédigé par Davia Carlotti le Mardi 6 Février 2018 à 18:16 | Modifié le Mardi 6 Février 2018 - 23:33


Sur fond de visite présidentielle, la société Corse commémorait ce mardi 6 février la mémoire du préfet Claude Erignac. A l’occasion du vingtième anniversaire de son assassinat, Emmanuel Macron rendait hommage au préfet assassiné le 6 février 1998 en présence de la famille du défunt. Il inaugurait à cette occasion la place Claude Erignac et un espace mémoriel réalisé par un artiste parisien Emmanuel Saulnier.


A l’angle de la rue Sainte-Lucie et du cours Napoléon, un chapiteau accueillant le pupitre pour les discours  se dresse près du lieux de recueillement qui sera bientôt officiellement baptisé la place Claude Erignac. La pluie du début de matinée laissera la part belle à quelques éclaircies  survenues dès l’arrivée du Président sur les lieux. Une cérémonie qui commencera finalement à 11h20 au lieu de l’horaire initiale prévue à 10h30.
Le dispositif de sécurité quadrille le secteur autour de l’espace mémoriel, où l’on aperçoit un olivier, ici symbole de concorde. Gravé au sol, on peut lire les mots suivant : «  Un homme, une place ». Non loin, une citation du préfet est apposée sur un panneau. Elle résume à elle seule sa vision de l’action publique : « La première des solidarités est celle qui relie les citoyens entre eux à travers l’Etat. C’est la solidarité nationale. L’administration qui la met en œuvre est faite pour servir ».


Le décor est planté.
Sur la gauche, s’assemblent progressivement les membres du gouvernement, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, Jacqueline Gourault, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur pour les affaires Corses, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Autres personnalités de la partie :  Jean-Pierre Chevènement, François Pupponi, le député-maire de Sarcelles,  Gérard Larcher, le président du Sénat, Richard Ferrand chef de goupe LREM et d’anciens Préfets de Corse et membres du corps préfectoral
Du côté des élus Corses, plusieurs générations se mêlent. Le maire d’Alata, Etienne Ferrandi, espère une cérémonie digne : «  On ne doit pas oublier cet épisode de la corse contemporaine perçue comme une plaie dans la mémoire collective des Corses. Cette visite du Président de la République doit se nouer autour d’un dialogue et dans la volonté de réaffirmer les valeurs de la République. Nous n’aurons pas une Corse épanouie si la France se désolidarise. Je suis pour une autonomie dans la République, mais je pense que les débats actuels s’éloignent de la vie quotidienne des Corses. On a déjà beaucoup de possibilités pour gérer nos affaires au plus près du territoire. »
Jean Baggioni, qui était président de l’exécutif de Corse à l'époque des faits, ne cache pas son émotion : «  je n’exclue pas la tristesse qui m’anime quand je pense à Claude Erignac, je me souviens de lui comme d’un serviteur de l’Etat et un homme d’une grande courtoisie, d’une grande distinction et d’une grande proximité avec tous les Corses. Il avait l’écoute, une bienveillance, un souci de partager la vie des autres qui le rendait remarquable. Il a été un grand Préfet de Corse, soucieux de faire avancer les dossiers sans cultiver l’excès de la rigueur ou de la pratique des lois et des règlements. Il essaya de faire comprendre, partager les attentes et les difficultés, alors je salue aujourd’hui la mémoire de cet homme et je pense à sa famille …  Il a marqué notre génération pour longtemps et sa mort constitue une étape des plus dramatique de la société insulaire ».


Présents aussi José Rossi, ancien président de l’assemblée de Corse et Camille de Rocca Serra ancien député de la Corse-du-Sud, ainsi que la jeune garde Jean-Martin Mondoloni, Jean-Charles Orsucci, Valérie Bozzi, Laurent Marcangeli,  les quatre députés, Jean-Jacques Ferrara, Michel Castellani, Jean-Félix Acquaviva, Paul-André Colombani. Le président de la collectivité de Corse, Gilles Siméoni, s’il a marqué de sa présence la cérémonie, n’a pas souhaité s’exprimer à l’issue de la manifestation "officiellement" par rapport au respect et à l’endroit . Comme prévu, le président de l’assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni n’a pas fait le déplacement.
L’arrivée de Dominique Erignac, l’air digne, accompagnée de ses enfants, a amené une charge émotionnelle  à cette cérémonie. Après 20 années  sans fouler le sol Corse, elle exprime une douleur toujours aussi forte.
C’est elle qui entourée de ses deux enfants, prendra la parole en premier pour un discours poignant
Emmanuel Macron lui emboîtera le pas : «  en inaugurant  cette place Claude Erignac au cœur d’Ajaccio, nous scellons Mesdames et Messieurs, notre union indéfectible à la République … »

L'hommage des élus corses

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José Rossi  
« J’étais président de l’Assemblée de Corse à l’époque. Je m’étais entretenu avec le préfet Erignac une heure avant son assassinat. C’est un homme avec lequel, en tant que président du Conseil général, j’avais collaboré de manière extrêmement positive. Il avait à la fois les compétences, le sens de l’humain, et une très grande rigueur dans son comportement. Quand j’ai appris sa mort comme beaucoup à la télévision le soir, j’ai eu un effet de sidération. On s’est retrouvé deux heures après à la préfecture dans l’appartement de sa femme. Nous avons passé une soirée de deuil de manière très intime jusqu’à 1h du matin. Je garde de cette époque un sentiment d’indignation et de révolte par rapport à l’acte qui avait été commis et qui ne peut pas être effacé. »
 

Jean–Charles Orsucci, maire de Bonifacio, conseiller territorial "Andà Per Dumane" 
« 
J’étais dans la rue il y a 20 ans pour manifester par rapport à cet acte qui est inacceptable, ce fut un véritable traumatisme pour la Corse. Il est de notre devoir aujourd’hui d’être ici présent auprès de la famille Erignac. La justice est passée, elle a fait son travail, et aujourd’hui nous devons penser à l’avenir en construisant ensemble une Corse qui fasse en sorte que de tels actes ne puissent plus jamais se reproduire, en tout cas lorsqu’on a des responsabilités politiques c’est dans cet état d’esprit que l’on doit travailler. »
 

Michel Castellani, député de Haute-Corse 
« Il faut respecter la douleur de Madame Erignac. Dans un contexte pareil, il faut qu’il y ait une très forte émotion bien sûr. Nous, ce que nous retenons de cette visite, c’est la dimension mémorielle mais aussi la dimension politique, et cela on le verra demain à Bastia lors du discours du Président de la République, dont on attend qu’il donne le ton parce que malgré tous les drames du passé, la vie doit continuer »
 

Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio et président de la CAPA
« J’ai trouvé le discours de Mme Erignac particulièrement touchant, on sent a quel point ce retour symbolique dans l’île a été une épreuve pour elle. Lors des événements je passais mon bac, cet acte m’a particulièrement touché, j’ai fait partie des gens qui ont manifesté. Le discours du Président s’est placé dans la ligne d’un chef d’Etat, dans un discours de commémoration républicaine autour d’un acte qui a secoué la France entière.  »
 
Jean-Martin Mondoloni, conseiller territorial « A strada di l’avvene » 
« C’était un discours empreint de dignité, dignité qu’exige la commémoration d’un acte qui a marqué l’histoire de la Corse mais aussi celle de la nation. Un discours qui commence, qu’on le veuille ou pas, à délivrer un certain nombre de messages qui me semblent clairs quant à l’amnistie et la capacité à faire vivre la démocratie. Faire vivre la démocratie, ce n’est pas écouter qu’une seule voix, mais aussi écouter la voix de l’opposition.
 J’ai pu échanger très rapidement avec le président et être rassuré sur sa capacité à entendre qu’en Corse il y a des voix alternatives à celle qui domine les débats et le système politico-médiatique des derniers jours.
Emmanuel Macron a dit qu’il ne transigerait pas avec le cadre républicain : cela augure d’un discours qui mercredi fixera les limites de l’exercice. Un Etat moderne doit reconnaître le fait identitaire, la respiration des territoires, la particularité liée à l’insularité, mais tout cela doit rester borné dans le périmètre de la République, quitte à l’inscrire dans la Constitution, à condition que ce soit au bon article. Ce qui permet, on l’oublie souvent, d’ancrer de façon ferme et définitive de la Corse dans la République. Cela me rassure sur le fait que le président de la République est là pour tenir un discours d’autorité de l’Etat. »



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