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Alternance, emploi, formation, compétences… Quelles perspectives de travail pour demain ?


Rédigé par José Fanchi le Mardi 25 Septembre 2018 à 16:57 | Modifié le Mardi 25 Septembre 2018 - 18:09


Les acteurs de l’emploi étaient réunis mardi matin au Best Western pour une conférence de presse intitulée « Quelles perspectives de travail pour demain » avec Agefos-PME Corse, organisme paritaire collecteur agrée, en présence de la préfète de Corse, Josiane Chevalier. Au menu de cette importante réunion, « la liberté de choisir son avenir professionnel,» une loi qui a été votée et qui vient impacter tout le secteur de l’information professionnelle


(Photos Michel Luccioni)
(Photos Michel Luccioni)
La préfète de Corse a donc ouvert le débat en rappelant que cette initiative contribuait à la mobilisation pour gagner la bataille des compétences. Elle a notamment partagé quelques constats, à savoir :​
  • Les entreprises qui ne trouvent pas assez de compétences pour se développer
  • Les employés et salariés TPE/PME qui ont deux fois moins d’accès à la formation
  • 50% des emplois transformés dans les 10 années à venir
  • 69% des moins de 30 ans veulent changer de métier ou d’entreprise
  • 70% des apprentis ont un emploi 7 mois après leur diplôme


La réforme doit porter ses fruits
« Pour gagner la « bataille de compétences », le gouvernement a lancé un effort sans précédent en faveur des personnes les plus éloignées de l’emploi à travers le plan d’investissement dans les compétences. Au niveau national, 15 milliards d’euros sur 5 ans vont permettre de former et d’accompagner un million de demandeurs et un million de jeunes à l’horizon 2022. La Corse disposera de 28,5 millions d’euros grâce à la contractualisation que j’ai signée avec l’Exécutif.

C’est la raison pour laquelle l’Etat a engagé sept mois de concertation pour transformer notre modèle social. Cette rénovation a été entamée en juin dernier par la réforme du code du travail. L’acte 2 de la rénovation de notre modèle social c’est la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » promulguée le 6 septembre dernier. Elle comporte des mesures en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises, mais cette loi vise principalement les capacités des individus à retrouver un emploi, à créer des conditions d’un accès plus direct à la formation. L’Etat sera fortement impliqué dans cette période de transition pour que cette réforme porte pleinement ses fruits en Corse » a conclu Josiane Chevalier.


Didier Antoniol, directeur régional AGEFOS a animé la conférence et évoqué la réforme qui doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Il a insisté sur la loi « la liberté de choisir son avenir professionnel » qui vient impacter le secteur de la formation professionnelle, à savoir les organismes, collecteurs et autres re-distributeurs et tous les schémas financiers.
«  Il était important aujourd’hui de pouvoir rappeler en Corse ce qui est déjà fait en matière d’emploi, d’alternance, d’apprentissage et surtout aider tous les acteurs de l’île à se projeter sur demain. Cette loi va être mise en place dès le début de l’année prochaine à travers diverses étapes successives, mais si l’on ne veut pas que notre région rate le coche, il est important qu’on puisse déjà commencer à préparer l’avenir pour nos jeunes, nos salariés et nos entreprises. On va commencer avec la mise en œuvre du contrat de professionnalisation, on va évoquer avec Pôle Emploi ce qui a été fait, comme la préparation opérationnelle à l’emploi et ce qui est important, comment les CFA de la région vont se préparer à la réforme car leur modèle va évoluer et il devient impératif de les accompagner maintenant. »


 Qu’est-ce qui va changer pour l’apprentissage ?
« Le contrat d’apprentissage a évolué, dans les structures qui accueillent (CFA) les moyens de financement ont changé. On passe d’un système de subvention à un système de financement au contrat et ces jeunes, c’est donc important de les accompagner dans le changement.      


Le pour et le contre…
Dans l’assistance, si beaucoup de participants semblaient convaincus des disponibilités de cette nouvelle loi, d’autres en revanche semblaient perplexes, à l’image de Paul Giacomoni, ancien secrétaire départemental  de FO et membre du CESCE qui a tenu à s’exprimer clairement sur cette nouvelle loi.
« Une nouvelle loi se met en place, elle révolutionne tout le système alors qu’elle marchait certes, mais était à bout de souffle, force est de le reconnaitre. On sait ce qui va se passer désormais, mais on ne connait ni la structuration définitive, ni les attendus de la loi, car 76 décrets d’application sont encore en attente. On est dans un système AGEFOS/PME  paritaire où l’on a nié le paritarisme, où l’on a mis dehors les partenaires sociaux du système, à tel point qu’on ne sait ni ce qui s’y passe, ni les sommes engagées, ni les filières touchées, ni le nombre d’heures-stagiaires. L’Etat prend la main sur le système et va vers les partenaires sociaux pour expliquer ce que sera la loi. Ce sont les systèmes de proximité, dans les nouvelles structurations, qui vont envoyer un signal fort aux entreprises et aux salariés ce que sera demain le nouveau contexte juridique de la formation professionnelle. Je ne pense pas que ce soit neutre. Donc, On va chez les partenaires sociaux qui n’existent pas localement à Agefos, qui existent dans un autre système qui s’appelle Opcalia et l’on veut faire de tout cela une promotion glorieuse de ce que sera demain l’avenir de la formation professionnelle en Corse. Si on ne se met pas d’abord d’accord entre nous, ici en Corse, entre partenaires sociaux et en tant que société civile, ce que l’on refait à destination de nos jeunes, avec en finalité l’entreprise et l’emploi, on ne s’en sortira pas ! On aura toujours à la fin du mois, statistiques du chômage ou pas, et on dira que le système de formation professionnel est encore un palliatif pour régler la question de l’emploi. Ce n’est pas cela que nous voulons. Il y a 20 ans, dans les discussions de Matignon, nous avons proposé un système de réorganisation qui ressemble à peu près à ce que l’on nous propose aujourd’hui, mais on nous a dit à l’époque qu’il était trop tôt. On nous a sans doute pris pour des imbéciles, ou des novateurs, allez savoir…

Que faire alors ?
« En tout état de cause, aujourd’hui nous avons l’opportunité, avec ce qui se passe, de mettre en place en Corse quelque chose qui peut tenir la route. Il faut qu’on se mette d’accord et ce n’est pas en procédant de la sorte qu’on va y arriver. Il faut que les partenaires sociaux et l’Etat se rencontrent, raison pour laquelle le Conseil Economique et Social de la Corse a pris une auto-saisine de cette question. On va travailler sur le dossier, nous aurons le souci de consulter tout le monde et nous essayerons de faire ; je ne crois pas que ce soit comme cela qu’il faut procéder…»
J. F.


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