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Ajaccio : Marche pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, « la parole se libère »


Rédigé par Florence Vandendriessche le Samedi 24 Novembre 2018 à 19:56

Dans le cadre de la journée mondiale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF 2A) a organisé en étroite liaison avec les associations telles que Savannah, Femmes Solidaires, la Falep, une grande marche dans la ville pour sensibiliser le public. Une centaine de personnes ont répondu présentes dont près de la moitié était des hommes.




Ajaccio : Marche pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, « la parole se libère »
L'Orange était la couleur du jour, ce samedi 24 novembre, symbolisant la lutte contre les violences portés aux femmes. Dans différentes villes de France, comme à Ajaccio, 50 marches pacifistes à cet effet ont été organisées. Bientôt a annoncé le maire, la fontaine de la place Foch portera cette couleur en signe de soutien.

C’est symboliquement donc qu’une centaine de personnes se sont retrouvées sur le parvis du Lycée Laetitia Bonaparte à Ajaccio où l’an dernier à l’initiative de l’association Savannah et de la municipalité, avait été installé un banc rouge au nom des violences portées aux femmes. Le cortège a démarré en présence du Maire d’Ajaccio, des Élus dont la Vice-Présidente du Centre Intercommunal d’Action Social du Pays Ajaccien, de la Présidente du CIDFF 2A et de Mme la Préfète de Corse, aux côtés des associations. La marche a débuté de nuit devant le lycée vers 17h30, s’est dirigée vers le début du cours Napoléon pour s’enfoncer dans la rue Fesch et se terminer enfin devant la Mairie place Foch. « La parole se libère » ont été les premiers mots dits par Célia Marcaggi-Mattei la Présidente du CIDFF 2A, elle a ajouté : « il est temps que les femmes prennent la parole, dénoncent les actes dont elles sont victimes »


« Aujourd’hui, a souligné le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli, partout des violences inacceptables sont encore produites à l’encontre de femmes. Alors «oui la parole se libère et n'oublions pas ce qui s’est passé notamment à travers le hashtag MeToo qui a permis de libérer une parole. J’ai encore le souvenir d’une jeune femme à Paris, devant un bar qui s’est juste retournée pour répondre à quelqu’un qui l’avait interpellée et qui a été agressée devant une dizaine de personnes. C’est une réalité quotidienne. Aujourd’hui dans trop de quartiers de France, des femmes ne peuvent se promener seules, et dans des écoles : lieu où on est censé transmettre le savoir, le sexisme naît dès le plus jeune âge. Dans certains pays, les droits des femmes ne sont pas à l’égal de ceux des hommes. Il faut continuer d’agir, de se battre et de parler. »

La préfète Josiane Chevalier, s’est exprimée : « En tant que préfète mais aussi en tant que femme, je serai présente sur tous les sujets qui concerne les femmes. Ce soir, je suis là dans le cadre d’un combat qui est prioritaire pour le respect. L’égalité femme homme est en effet un chantier prioritaire pour le Président de la République autour du triptyque : éduquer, accompagner, se doter d’un arsenal juridique. Ces trois dimensions sont indissociables. »

Mylène Jacquet, mère de la jeune Savannah, décédée sous les coups de son ex-compagnon en 2016 et présidente de l'association
Savannah, a expliqué lors de sa prise de parole, qu'il existe de vraies solutions. Cinq points qu'elle a exposé avant que la marche ne commence :
- Mettre en place des politiques publiques de prévention qui favoriseront les changements de comportement comme cela a été pour des sujets de santé publique.
- Il faut instaurer une éducation à la non-violence et à l’égalité fille garçon dès le plus jeune âge et l’intégrer dans le parcours scolaire.
- Il faut des formations systématiques, des professionnels qui accueillent les victimes par les hôpitaux, les gendarmeries et dans tous les lieux où elles peuvent être accueillies, il faut des personnes qui sachent comment accueillir leurs paroles et comment les accompagner.
- Il faut que les outils de protection prévues par la loi se mettent en place plus rapidement c’est à dire : mettre à l’abri les personnes.
- Et bien sûr augmenter les subventions allouées aux associations ainsi que les places d’hébergement.


Des femmes prennent la parole
Laurence : « Je suis venue pour lutter contre les violences qui sont faites aux femmes, notamment celles avec un grand V, cela peut être des violences physiques, psychologiques ou sexuelles, voyez-vous. Souvent on dit que les femmes meurent sous les coups de leur conjoint… le coup de trop, et je pense moi qu’il y a surtout des actes prémédités, réfléchis, faits certes sous la colère, mais prémédités. Ma mère sans emploi avec trois enfants, a été sous l’emprise d’un homme violent, un pervers narcissique, qui a su la manipuler. »
 
Maryse : « Je suis ici pour apporter ma contribution aux droits des femmes. Pour moi, un homme qui frappe une femme, c’est un lâche. » Aux phrases : elle m’a énervé ou elle m’a poussé à bout , Maryse y répond simplement par :  « et bien qu’il frappe dans des coussins, dit-elle d'un regard soutenu, qu'il tape dans les murs, mais pas sur sa femme. »

Virginie : « Je suis infirmière en psychiatrie et je reçois énormément de femmes qui sont violentées par leur conjoint, que ce soit physiquement ou psychologiquement. J'ai décidé déjà de faire cette marche pour leur accorder mon soutien et parce qu’en tant que personnel de santé, je trouve qu’il est important d’être solidaire.»
 
Des hommes présents ont rejoint en nombre cette marche très forte de sens et ne s'en cache pas :  « Je suis là, dit un des marcheurs, parce que je pense que la présence des hommes est indispensable dans des manifestations comme celle-ci.  Il est temps que la honte change de camp ! » Un autre précise qu' « un homme qui frappe sa femme, n'est pas un homme, c'est un sous-homme.»


  « Ce soir Madame, s'est adressée la préfète  Josiane Chevalier à Mylène Jacquet : Soyons tous Savannah ».
Il a également été annoncé en ce samedi, qu’une campagne de communication et de sensibilisation, verrait bientôt le jour dans laquelle le maire lui-même, comme d’autres et la Préfète de Corse se sont investis en se prêtant au jeu.
https://www.facebook.com/CIDFF2A/
Facebook Association Savannah

www.association-savannah.org
Facebook Femmes solidaires




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