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Affaire des cercueils de Bigornu : une entreprise de pompes funèbres jugée pour s'être débarrassée de cadavres


CNI avec AFP le Mardi 6 Décembre 2022 à 21:09

Le dossier morbide avait commencé en avril dernier, avec la découverte par le maire de la commune de Bigorno, Christophe Graziani, de sept cercueils et d'ossements humains dissimulés dans des sacs poubelles jetés un dépôt d'ordures sauvage en contrebas de la route départementale reliant le village à Murato. Une entreprise de pompes funèbres est jugée depuis ce mardi 6 décembre devant le tribunal de Bastia pour s'être débarrassée de cadavres.



Capture écran Twitter Christophe Graziani, maire de Bigorno
Capture écran Twitter Christophe Graziani, maire de Bigorno
Des corps exhumés et retrouvés en morceaux dans le maquis au lieu d'être incinérés : ce mardi 6 décembre, le parquet de Bastia a requis six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende contre un croque-mort, pour "atteinte à l'intégrité de cadavres".

Le dossier avait commencé en avril, avec la découverte de sept cercueils et d'ossements humains dissimulés dans des sacs poubelles, au milieu d'une décharge sauvage en contrebas d'une route pentue du village de Bigorno.

L'enquête de la gendarmerie avait alors fait le lien entre les ossements et une demande d'exhumation faite auprès d'une entreprise de pompes funèbres pour un caveau familial d'un village voisin, afin de procéder à une crémation.

"L'affaire est d'une gravité particulière, avec une atteinte au respect dû aux morts"
Huit mois plus tard, ce mardi, le gérant de la société comparaissait ainsi devant le tribunal correctionnel de Bastia, aux côtés d'un de ses sous-traitants, les deux hommes se renvoyant la responsabilité des faits. "Qui a rempli les sacs poubelles ? Qui avait connaissance du contenu ? Qui savaient ce qu'ils allaient devenir ? Les versions divergent. Et ils ont fait n'importe quoi de la mission confiée", a lancé la procureure à l'audience. "L'affaire est d'une gravité particulière, avec une atteinte au respect dû aux morts", a insisté la procureure de la République.

À l'encontre du gérant, elle a requis six mois de prison avec sursis, 5.000 euros d'amende et l'interdiction d'exercer une profession en lien avec le funéraire, pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre" et "abus de confiance". Pour le sous-traitant, elle a demandé une amende de 5.000 euros pour atteinte à l'intégrité d'un cadavre.

"Pour moi le cercueil était vide"
Devant les magistrats, le croque-mort, déjà condamné à six mois de prison avec sursis pour extorsion par menace ou contrainte et un an de prison avec sursis pour abus de confiance, a plaidé la bonne foi. "Je n'ai pas vu les ossements dans les cercueils. (...) Je me demande encore comment c'est possible. Pour moi le cercueil était vide", a-t-il déclaré à la barre.

L'autre prévenu, agent de sécurité de profession au casier vierge, n'a pas plus d'explication sur la présence des ossements, dont certains font pourtant trente centimètres.
Officiellement employé ce jour-là pour un travail de maçonnerie, il a assuré avoir pris les sacs poubelles sans savoir qu'il y avait des corps à l'intérieur: "J'ai jeté le tout dans le maquis en sachant que ce n'était pas légal", a-t-il indiqué.

Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe. La décision a été mise en délibéré au 10 janvier.














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