« La direction étudie des profils de cadres provenant du continent, reléguant ainsi les Corses à des emplois subalternes », dénonce Marc-Antoine Antonini, délégué syndical. Une trentaine d’agents du STC ont organisé ce lundi matin une conférence de presse devant la centrale thermique à Lucciana pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « décorsisation » des emplois au sein d’EDF-PEI. À l’origine de leur mobilisation : l’annonce de recrutements de cadres venus du continent, alors que, selon eux, les compétences existent sur l’île. « Il s’agit de postes d'entrée à la centrale, et nous ne comprenons pas qu’aujourd'hui, on va chercher à l'extérieur du territoire des personnes qui peuvent lire ou juste savoir écrire. »
Le syndicat rappelle que des engagements avaient été pris l’an dernier pour favoriser les embauches locales et la montée en compétences des salariés corses. « L’année dernière, il était écrit noir sur blanc qu’il fallait favoriser les postes en interne et en externe en embauche locale, mais aujourd’hui, ça continue comme l’an dernier. Pour nous, c’est clair, ces pratiques sont issues d'un raisonnement colonial, et les décisions stratégiques sont prises sans ancrage territorial », souligne Marc-Antoine Antonini.
Trois embauches locales ont bien été effectuées dans le cadre des protocoles de fin de conflit, mais pour le STC, cela reste insuffisant. « On a deux embauches de cadres qui arrivent, et on nous informe qu'on va chercher des profils du continent parce qu’on n'a pas ce qu'il faut en Corse. Et ça, on ne peut pas l'accepter. La corsisation des emplois aujourd’hui, ça ne doit pas juste être une phrase marquée sur un papier, c'est bel et bien une stratégie d'entreprise », estime le délégué syndical STC.
Selon le syndicat, l’équipe de la future centrale du Ricanto « est aussi marquée par l’absence d'emplois locaux ». « Il y aura peut-être demain des gens qui vont les rejoindre, sauf qu'on n’a pas la prétention de prendre un jeune Corse et de vouloir le former pour qu’il puisse vivre des chantiers comme la construction d'une centrale qui ne se reverra pas sur l’île avant 30 ou 40 ans », précise Marc-Antoine Antonini. Un avis partagé par Luc Antonini, salarié de la centrale et adhérent du STC. « Notre mobilisation, c'est la corsisation des emplois, c'est notre ligne de conduite et on veut la corsisation des emplois à tout niveau. »
Pour le syndicat, cette politique pourrait avoir des conséquences à long terme sur la population insulaire. « Forcément, quand vous menez une politique de ce type, vous ne permettez pas aux Corses de participer durablement à la vie économique et sociale de leur terre. Ils ne pourront pas s'installer dans le cœur des villes, chez nous, parce qu'on les prive d'emplois », avertit Marc-Antoine Antonini.
Une rencontre avec la nouvelle présidente d’EDF-PEI est prévue mercredi en début d’après-midi. Le STC espère obtenir des clarifications sur les recrutements à venir. « Nous sommes moins patients que l’an dernier », indique le syndicat, qui ne s’interdit pas de poursuivre et renforcer le mouvement.











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