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A Corte, le PNC lance son projet de rassemblement


Mario Grazi le Dimanche 4 Octobre 2026 à 17:59

Ce dimanche après-midi, les militants, sympathisants du PNC, cadres et élus du PNC à l’Assemblée de Corse, sous l’étiquette Avanzemu, ont tenu leur congrès à l’Université de Corse. Une rentrée politique sur fond de création d’un moment fondateur, avec une démarche nouvelle qui entend rassembler au-delà des seuls militants du mouvement.



Grazi Ritratti
Grazi Ritratti
L’amphi Landry de la Faculté de Droit de l’Université de Corse était comble ce dimanche après-midi à l’occasion du congrès du PNC et d’Avanzemu. C’est Xavier Luciani, qui a ouvert cette session en rendant un hommage à Antoine Ciosi, disparu ce jour. Il a demandé aux militants d’applaudir ce grand monsieur, symbole également du Riacquistu de la chanson corse. Il est revenu ensuite sur la situation de la Corse depuis 2021, ainsi que sur le fonctionnement de la Collectivité de Corse.

Puis, au nom des jeunes militants du PNC, Andria Cotoni a insisté sur son implication et ses motivations au sein du PNC en mettant l’accent sur les préoccupations des jeunes insulaires comme la précarité de la jeunesse. « Aujourd’hui, pour un étudiant c’est très compliqué de se loger avec des prix à la hausse. Nous sommes obligés de faire un choix entre se déplacer et manger dignement ou se chauffer correctement. Ce sont les priorités principales sur lesquelles nous voulons mettre l’accent », a expliqué le jeune militant.
 

Dans son intervention, Pascal Zagnoli, le secrétaire national du PNC, s’est félicité de la présence de nombreux maires de communes rurales qui ont souhaité s’associer au mouvement et qui veulent s’inscrire dans la démarche Avanzemu. Ce congrès était l’occasion pour le Partitu di a Nazione Corsa était en effet l’occasion pour le parti nationaliste de présenter sa vision pour l’avenir et la structuration d’une démarche nouvelle en vue des échéances futures. « Une démarche qui entend rassembler toutes les femmes et les hommes de bonne volonté qui sont conscients des difficultés que traverse la Corse aujourd’hui. C’est une démarche qui veut travailler concrètement aux changements du quotidien des Corses, qui entend parler de développement économique sans tourner le dos aux principaux acteurs économiques de l’île. C’est également une démarche profondément enracinée auprès des maires pour qui nous voulons voir un plan d’action très concret à l’endroit de ceux qui chaque jour sont de élus de proximité. Nous voulons mettre en avant non pas un homme, mais une nouvelle façon de concevoir la vie publique et la démocratie autour d’un concept d’intelligence collective », a indiqué Pascal Zagnoli.
 

Cette nouvelle façon d’envisager la vie publique est une manière de lutter contre la montée en puissance de l’extrême droite, « mais pas seulement ».  « C’est aussi une manière de dire que la Corse se trouve dans une impasse, politiquement, que les divisions de la famille nationaliste n’ont rien arrangé. C’est pourquoi nous voulons rassembler sur la base d’un projet dont le socle restera nationaliste. Nous avons toujours été des partisans des discussions patriotiques, partisans de l’union de la famille nationaliste et nous continuerons de discuter avec tous les nationalistes. Pour autant il y a un certain nombre de divergences qui font qu’aujourd’hui nous n’allons pas discuter pour discuter, mais c’est pour parler de projets pour les 20 ou 30 années à venir », a insisté Pascal Zagnoli. « Si des rapprochements devaient s’opérer, ils se feront uniquement sur la base d’accords programmatiques et à longs termes ».

Pascal Zagnoli relevait enfin un point important à savoir le constat des élus du rural qui affirment que « depuis la collectivité unique, il y a une concentration de pouvoir qui rend de plus en plus dur, s'ils ne sont pas dans les bons canaux, d’obtenir le soutien de la CdC ». « C’est quelque chose que nous prenons en compte et que nous allons travailler dans notre projet pour construire une Collectivité de Corse autonome, et qui soit davantage décentralisée vers les territoires en renforçant les moyens alloués aux intercommunalités. Je pense qu’il y a toute architecture institutionnelle à repenser », a posé le secrétaire national du PNC. 
 

Alors que le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse va être examiné en séance publique au Sénat le 26 octobre prochain, après un passage en commission des lois le 21 octobre, Jean-Chistophe Angelini a réaffirmé que le PNC est impliqué dans le processus depuis son origine, le parti étant « favorable à un compromis politique pour sortir enfin par le haut du conflit qui oppose la Corse à Paris depuis des décennies ». « Pour autant, la Corse a déjà effectué un certain nombre de compromis et fait de nombreuses concessions. Alors même qu’un texte édulcoré va arriver devant le Sénat, nous serons très vigilants quant à ce qu’il en ressortir et nous refuserons toute concession nouvelle qui viserait à supprimer le pouvoir législatif, qui viserait à ne pas reconnaitre les droits de notre peuple sur sa terre et qui viserait à enlever le peu de symboles qui restent au sein du texte tel qu’il est rédigé à l’heure actuelle. Nous sommes favorables à une discussion à la négociation avec le Sénat, avec le gouvernement, mais nous ne sommes pas prêts à aller en-deçà de ce que nous avons déjà validé », ​a-t-il annoncé.