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A Ajaccio, le sport est une véritable institution… Les "Monta sega" aussi !


Rédigé par José Fanchi le Lundi 9 Avril 2018 à 19:42 | Modifié le Lundi 9 Avril 2018 - 21:21


En Corse, le football est roi depuis le début du siècle dernier. Les écrits nous le prouvent, mais bien d’autres disciplines ont gagné leur droit de cité entre temps et depuis de nombreuses décennies, la cité Impériale vit au rythme des sports collectifs et individuels avec succès, à l’image du cyclisme, de l’automobile ou de l’escrime, du volley, basket, handball, disciplines qui avaient leurs adeptes dans les principales villes et bourgades de l’île. Dans ce domaine, la détente a valu à nos sportifs du temps passé de franches parties de rigolades


L'ACA au stade Jean Lluis
L'ACA au stade Jean Lluis
La mémoire populaire a retenu bien des anecdotes qui ont jalonné l’histoire des sports insulaires. Flachine, et monta sega ont toujours prévalu sur les stades, dans les arrières cours ou dans de simples salles qui remplaçaient les gymnases. Nous en avons noté quelques unes parmi des centaines qui rappelleront à bien des anciens les bons moments passés au collège, au lycée ou dans les clubs sportifs.
 
Le basket-ball à Ajaccio avec Fanfan, le Bonapartiste
Fanfan Fanucci, qui nous a quittés il y a quelques années, était employé à la mairie d’Ajaccio. Un brave homme s’il en fut, serviable et grand sportif, fidèle en amitié. Il aurait certainement fait un brillant directeur de la communication.
Travailleur et passionné par le basket, c’est lui, avec l’aide de quelques dirigeants, qui a implanté et donné ses plus belles lettres de noblesse à cette discipline à Ajaccio. Des années durant, le basket connut des heures de gloire et des éclipses, la plupart du temps en raison du manque d’infrastructures, notamment à Ajaccio et Bastia. A l’origine, c’est à Bastia, en 1934 que les premiers basketteurs donnèrent un aperçu de la discipline, cela grâce à l’adjudant Fiorella, du 173e R.I.A. 
 A Ajaccio, il fallut attendre 1936 et la « 3 A » Association Athlétique Ajaccienne dirigée alors par Ignace Massiani Cardinali, Fabiani Bartoli etc. qui créèrent une section basket-ball avec des joueurs tels Ernest Corbellini, Valère Loviconi, Archange Luciani, Baptiste Maglioli, Simon Frigara et Henri Martinucci.
C’est à cette époque que commencèrent les premiers championnats de Corse avec, pour lever de rideau, un match de féminines entre le CAB et les Libellules d‘Antibes. Puis vint le tour de l’ACA de créer une section basket sous la houlette e Jean Colombani qui créa la première équipe féminine dans laquelle on trouvait Melles Pasquier, Carboni, Orsini, Costa, Albertini et les sœurs Cucchi. La guerre arrêta net la progression de ces disciplines de plein air, cela jusqu’en 1941, année où la 3 A nouvellement reconstituée permit au basket de redémarrer avec un animateur qualifié, M. Jean Paul. Un nouveau club vit le jour, à la suite d’une scission au sein de la 3 A, « l’Ajaccienne » avec MM. Jean Paul, Fanucci, Casanova et Gambarelli, laquelle fusionna avec le FCA. Jules Bustori alors délégué de la fédération, organisa un championnat mais l’occupant arrêta ce développement très vite. Ce n’est que quelques années plus tard que le basket recommença. Les clubs n’existaient plus et les quelques basketteurs qui poursuivaient l’entrainement (Boussof, Foata, Lucchinacci, Santarelli, Bona), étaient entraînés par François Fanucci qui créa très vite une section au sein de l’ACA. C’est à cette époque que le basket prit définitivement son envol, avec un Fanfan Fanucci attentif et travailleur infatigable. Dès qu’un navire de guerre accostait à Ajaccio, Fanfan était au courant et partait à la rencontre du pacha pour mettre une rencontre amicale en place. Avec ses relations dans les milieux civils et militaires, il s’arrangeait toujours pour organiser un apéritif suivi d’un repas et l’affaire était conclue.
Un matin de printemps ensoleillé, de sa fenêtre (Fanfan habitait boulevard Sampiero) Fanfan vit approcher un énorme bâtiment de guerre battant pavillon Anglais faisant sa manœuvre pour accoster à la jetée des Capucins, juste en face de son domicile.  Le voilà déjà sur le quai avant même que la passerelle ne soit descendue. Il parlemente avec le jeune officier de permanence obtient on ne sait trop comment un rendez-vous avec le pacha. On parle rugby, football puis on en vient au basket et à l’équipe d’Ajaccio qui prépare un grand rendez-vous (c’est en tout cas ce que racontait Fanfan) et aimerait disputer un ou deux matches amicaux : « Nous sommes d’accord pour le basket, mais avant cela, nous voulons jouer au rugby et au foot contre des Equipes locales, après nous jouerons au basket » décide le commandant. En quelques heures, tout était OK. Passons sur le rugby et le foot et surtout les scores enregistrés ce jour-là par les équipes ajacciennes. Pour ce qui est du basket, ce fut une simple formalité pour les locaux qui dominèrent outrageusement les marins anglais, peu habitués à ce sport. Alors que les Ajacciens menaient largement à la marque, Fanfan, de son banc de manager s’adressa aux joueurs, les mains en porte-voix et leur dit : « Maintenant vous pouvez lever le pied, ils en ont assez. Puis, se ravisant, revient sur le bord du terrain et lâche en langue corse : « Micca troppu, hannu tumbatu à Jeanne d’Arc et Nabulio… » (Mais pas trop, car ils ont tué Jeanne d’Arc et Napoléon).   

Armand Vannucci et Antoine Filippi
Armand Vannucci et Antoine Filippi
Paulaccionu au fer !
Un matin de printemps ensoleillé, le fameux bateau de guerre Richelieu fait son entrée dans le golfe d’Ajaccio et accoste quai des Capucins, face à la rue des Trois Marie. Les jeunes du quartier sont venus nombreux regarder de près l’imposant bâtiment de guerre. Parmi les nombreux visiteurs, Fanfan Fanucci, l’infatigable entraîneur-recruteur de basket, toujours à la recherche d’une équipe pour permettre à la sienne de disputer une rencontre amicale et se maintenir au bon niveau. Il est vrai qu’à cette époque, le maigre championnat régional n’offrait que peu de rencontres aux jeunes insulaires et il fallait trouver sans cesse des rencontres pour parfaire la technique et éviter d’importants « cartons » lors de déplacements au continent ou face aux équipes visiteuses.
Les sportifs ne faisant pas défaut à bord du Richelieu, l’affaire est conclue pour le lendemain et rendez-vous est pris au stade municipal. Le spectacle est de fort belle qualité, les équipes sont assez proches l’une de l’autre et chacun se retire pleinement satisfait de la rencontre. Pour sceller davantage cette amitié, le pacha du navire invite la délégation ajaccienne à un déjeuner à bord. Le lendemain, joueurs et dirigeants sont au rendez-vous et grimpent sur la passerelle où l’accueil est chaleureux. Apéritif, repas copieux, visite du bâtiment, bref, une journée bien remplie. Au moment de partir, Fanfan Fanucci s’aperçoit qu’il manque un membre de la délégation ajaccienne à bord. Ange Arbori, plus connu sous le pseudonyme de « Paulaccionu ». Le navire est passé au peigne fin par les hommes d’équipages mais au terme d’une bonne demi-heure de recherche, on retrouve le dirigeant ajaccien dans une coursive, près de la buanderie en…caleçon !
   Il venait de découvrir la machine à repasser et en avait profité pour l’expérimenter sur son pantalon avec la complicité du brave marin de service.
Ceux qui ont connu le personnage ne seront pas étonnés du comportement de ce jovial Ajaccien bon teint, sympathique et débrouillard et sans gêne aucune. Personne n’a oublié sa présence…Insolite,  aux côtés des autorités civiles et militaires sur le tarmac de Campo dell’Oro  en été 1969, lors de la visite de Georges Pompidou, alors Président de la République, venu commémorer le bicentenaire de la naissance de Napoléon…

Cyclisme place du Diamant
Cyclisme place du Diamant
Une mèche rebelle….
Jean-Paul Costa, le célèbre coiffeur de la rue Bonaparte est un sportif complet. Il aime les grands espaces et les traverse assez régulièrement. Seul s’il le faut. Il ne recule devant aucune de ses passions et parfois tente le diable. Il y a quelques années, alors qu’il s’en allait traverser le lac Baïkal en solitaire, il fut quelque peu décontenancé par le chef d’escale d’Air France à Roissy qui lui reprochait un poids excessif de ses affaires. Il ne comprenait pas qu’une expédition n’avait rien à voir avec des vacances. Trop à cheval sur le règlement sans doute. Ce qui n’eut pas l’heur de plaire à notre coiffeur qui haussa le ton. Bref, le Paris-Moscou quitta néanmoins Roissy sans Jean-Paul. La déception était grande comme on peut l’imaginer. Peu après Jean-Paul trouva la solution et expédia tranquillement son matériel en Mongolie par l’intermédiaire d’une connaissance. Le vol suivant fut le bon. Tout se passa à la perfection et la traversée s’avéra être une réussite totale. Tout comme le retour malgré quelques tracasseries au niveau des bagages. Mais il en faut peu pour énerver Jean-Paul. Une fois rentré chez lui, une seule activité pouvait lui permettre d’évacuer le trop plein de haine, de rancœur surtout, emmagasinée à Roissy.  Pour se défouler, notre coiffeur se lança dans le nettoyage complet de sa vigne qui entoure la maison de Bastelicaccia. Le voilà armé de sa vanga, tourner et retourner la terre avec une force inouïe. Ses pensées étaient ailleurs mais le klaxon strident d’une voiture le ramèna à la réalité : « Bonjour monsieur, je vais vous montrer mes beaux tapis d’Orient, ils sont authentiques » lance une tête moustachue sortant d’une grosse cylindrée Allemande: « Merci, ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas le temps » répond Jean-Paul, très poli, appuyé sur le manche de sa bêche. Le bonhomme insiste plusieurs fois de suite. Jean-Paul explose et, comme dans la fameuse publicité de notre enfance « Jean Mineur Publicité, 49, avenue des Champs Elysées, Paris, Balzac 00 01 » la bêche de Jean-Paul prend son envol et, comme dans la cible de la pub, heurte violemment le pare-choc de la grosse berline du visiteur…qui prend la fuite à fortes accélérations. Scapa sempr’ava…
 
Histoire de mouches !
Fanfan Tagliajoli est un homme charmant, plein de bon sens et surtout d’humour. Il est sans doute le plus ardent défenseur du football en général et du GFCOA en particulier. A un tel point qu’il en est devenu le président. L’aboutissement, la juste récompense pour cet homme de bien.
C’est dire si le bonhomme est un passionné de football. C’est d’ailleurs un peu grâce à lui que le club ajaccien compte de très nombreux supporters en Haute-Corse, à Cervione notamment, où réside une partie de sa famille. Qui ne se rappelle lors de la grande épopée du GFCA en Championnat de France Amateur (ex-CFA) la venue, pratiquement tous les dimanches, d’une délégation de Cervione, toute de bleue et rouge vêtue, qui défilait devant les portes du stade Ange Casanova avec un mouton, lui aussi aux couleurs du club. Bon nombre de ces supporters étaient des cousins de Fanfan.
Un jour, pour lui faire plaisir, le club qui préparait une rencontre de la plus haute importance, choisit Cervione pour la mise au vert de l’équipe. Un peu pour remercier les fidèles supporters de se déplacer régulièrement d’aussi loin, un peu pour faire plaisir à Fanfan Tagliajoli, régional de l’étape malgré ses attaches purement ajacciennes.
Voilà donc le club au grand complet arriver dans le Campuloru, attendu comme le Messie et reçut avec les honneurs. Partout où la délégation arrivait, c’était la fête, pour les dirigeants surtout car les joueurs étaient étroitement surveillés par l’entraîneur ajaccien qui n’était autre que Pierre Cahuzac, avec lequel mieux ne valait pas trop se laisser aller…
Dans l’une de ces réceptions où les retrouvailles sont plus enthousiastes que les autres, Fanfan Tagliajoli retrouve une partie de sa famille qu’il présente à ses collègues du club. Il ne les connaît pas tous et leur demande de se présenter. Le premier s’appelle Mosca, puis vient le suivant et dit d’appeler Mosconi et enfin des cousins plus éloignés, les Moscatelli. L’un des joueurs se penche alors vers Fanfan et lui murmure à l’oreille : « O Fanfan, un c’è che moschi in’a to famiglia. A prossima volta vinneremu anch’u flytox, un si sa maï… » (Oh Fanfan, il n’y a que des mouches dans ta famille. La prochaine fois nous viendrons avec une bombe de flytox, sait-on jamais !).
 
 
Le 8 de cœur de Laurent ¨Pieri «Pignol ! »
Restons dans notre football ajaccien pour rappeler combien furent appréciées les qualités sportives et humaines du talentueux Laurent Pieri dit « Pignol ». Joueur de qualité disions-nous mais surtout éducateur hors pair, homme de bien et passionné de ballon rond toute sa vie durant.
Laurent a en effet voué sa vie au foot et à l’Olympique Ajaccien dont il était à la fois l’entraîneur, le joueur, l’homme à tout faire qui a traversé toutes les périodes, partagé toutes les joies et toutes les peines pour la plus grande satisfaction des présidents qui se sont succédé. Les enfants de l’après guerre, nés à la fin des années quarante et début des années cinquante n’ont certainement pas oublié cet homme affable et toujours souriant, serviable surtout, jamais avare de conseils à des gamins jouant au ballon dans la rue ou sur le stade Miniconi gorgé d’eau.
A l’époque où les numéros avaient un sens dans le placement d’une équipe sur le terrain, Laurent Pieri a joué pratiquement toute sa vie avec le numéro 8, celui de l’inter, de milieu de terrain, où sa technique a longtemps prévalu.
La publicité à l’époque n’existait que très peu, surtout dans le football amateur, mais Laurent Pieri lui, en faisait et ne le cachait pas. En effet, lorsque quelqu’un lui demandait pourquoi il portait toujours le numéro huit, il mettait un doigt devant sa bouche et répondait tout doucement : « Chut, ne le dites à personne, je conserve le 8 sur mon maillot, ça me fait une belle pub pour mes « finuchjetti ».
Pour ceux qui ne le savent pas (ça m’étonnerai quand même) je rappelle que le canistron Finuchjiettu, effectivement en forme de huit, est une spécialité gastronomique faite à partir de pâte bouillie dans un premier temps puis passée au four et parfumée au fenouil.
Le finuchjettu peut tout à la fois être apprécié dans le café, à l’apéritif ou simplement servir de coupe-faim. Il est même conseillé de le donner aux enfants qui font les dents. En clair, il est d’utilité publique. C’est un véritable régal… lorsqu’il est bien fait. 
Les finuchjetti de Pignol, qui cuisaient dans le four familial du San Rucchelu, étaient sans aucun doute les meilleurs d’Ajaccio. Je me rappelle avoir fait la queue plus d’une fois devant le domicile des Pieri où étaient exposés les succulents canistrons que l’on s’empressait de manger chauds.
Aujourd’hui encore, lorsqu’on rencontre quelqu’un grignotant un finuchjettu, on ne peut s’empêcher de lui demander : « hè, di Pignol ? »
J .F.




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