« Encore combien d’erreurs ? Encore combien de fois à agir après ? Encore combien de crimes ? ». La colère gronde partout en France après la découverte vendredi du corps de la petite Lyhanna, collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai dans le Gers. Il faut dire que le principal suspect dans cette affaire, un homme de 41 ans, père d’une amie de la jeune fille, avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements, notamment pour des faits de viols sur mineurs, sans pour autant avoir fait l’objet d’un suivi particulier. Ce vendredi soir, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a d’ailleurs présenté des excuses à la famille de la fillette, évoquant des « défaillances » judiciaires.
De quoi provoquer l’ire des associations. À l’appel de Mouv’Enfants, lundi 8 juin à 19 heures, de nombreux rassemblements auront ainsi lieu en France, devant le ministère de la justice à Paris et devant les tribunaux en province. « Faisons entendre notre colère face à l’impunité des pédocriminels et au laxisme d’une justice trop lente, qui n’écoute pas la parole des enfants », martèle Mouv’Enfants.
Un appel dont la très active association Donne di Corsica qui vient en aide aux femmes et aux enfants victimes de violences se fera le relais en Corse en invitant chacun à venir rejoindre ses membres devant les tribunaux d’Ajaccio et Bastia. « Comme de très nombreuses associations de France, nous serons devant les tribunaux d’Ajaccio et Bastia afin de dénoncer tout ce qui s’est passé dans l’affaire de la petite Lyhanna. Nous voulons faire part de notre horreur, de notre énervement », fulmine Laetizia Constantini, la présidente de Donne di Corsica. « Ce sont des choses que nous vivons aussi au quotidien en Corse, où il y a aussi des gens qui sont suspectés de viol sur mineur qui sont laissés libres le temps de l’instruction. Certains dossiers de viols et d’inceste sont en instruction depuis trop longtemps, parfois même depuis 2020 », dénonce-t-elle.
Face à la lenteur de la justice, l’association appelle donc à se réunir de façon pacifique afin de demander que les choses changent. « Il ne s’agit pas de créer du désordre, juste de montrer que les associations sont là et veulent mettre la pression, parce que nous aussi nous subissons ces lenteurs de la justice. Nous sommes tous les jours en contact direct avec les victimes, et tous les jours elles nous téléphonent pour savoir où en est leur dossier car de l’autre côté on n'informe pas les victimes, on les laisse dans le flou alors qu’elles ont eu le courage de dénoncer ces actes-là. Même quand les avocats vont demander au juge d'instruction où en est un dossier, on leur répond que c’est en cours d'instruction. Les victimes en ont marre d'entendre cela », souffle la présidente de Donne di Corsica. Pour illustrer à quel point la lenteur de la justice peut impacter la vie des victimes, elle prend l’exemple d’une jeune fille de 14 ans qui a été violée et que son association accompagne. « L'accusé présumé la harcèle sur les réseaux sociaux. Depuis novembre, rien n'est fait pour la protéger. J'ai même été obligée d'écrire au cabinet d'Emmanuel Macron pour qu'il agisse. Pendant ce temps cette petite est séquestrée chez elle avec sa mère parce qu'elle a peur de son violeur. Nous sommes là aussi pour dénoncer des trop grosses lenteurs de la justice », avance-t-elle
Pour que plus jamais de « défaillances » ne se produisent, à travers ces rassemblements à Ajaccio et Bastia, Donne di Corsica aspire, comme d’autres associations partout en France, à ce que l’État accepte enfin de renforcer les effectifs de magistrats « qui ne sont pas sont pas assez nombreux, tout comme les forces de police et de gendarmerie ». « Mais il faut aussi modifier les textes de loi, car je pense que quand de fortes suspicions de viols pèsent sur quelqu’un, il n’a rien à faire dehors sous contrôle judiciaire. Il faut placer ces personnes en maison d’arrêt pour l’empêcher de sévir à nouveau. D’ailleurs, pour moins que cela, on en place d’autres en détention provisoire », avance Laetizia Constantini avant de conclure : « On veut que l'État français protège ses enfants, parce qu’aujourd’hui ce n'est clairement pas le cas. C’est rageant, surtout quand un fait d'actualité aussi atroce arrive, et on se dit que cela peut très bien se produire demain à Bastia ou à Ajaccio. La Corse n’est absolument pas épargnée ».
De quoi provoquer l’ire des associations. À l’appel de Mouv’Enfants, lundi 8 juin à 19 heures, de nombreux rassemblements auront ainsi lieu en France, devant le ministère de la justice à Paris et devant les tribunaux en province. « Faisons entendre notre colère face à l’impunité des pédocriminels et au laxisme d’une justice trop lente, qui n’écoute pas la parole des enfants », martèle Mouv’Enfants.
Un appel dont la très active association Donne di Corsica qui vient en aide aux femmes et aux enfants victimes de violences se fera le relais en Corse en invitant chacun à venir rejoindre ses membres devant les tribunaux d’Ajaccio et Bastia. « Comme de très nombreuses associations de France, nous serons devant les tribunaux d’Ajaccio et Bastia afin de dénoncer tout ce qui s’est passé dans l’affaire de la petite Lyhanna. Nous voulons faire part de notre horreur, de notre énervement », fulmine Laetizia Constantini, la présidente de Donne di Corsica. « Ce sont des choses que nous vivons aussi au quotidien en Corse, où il y a aussi des gens qui sont suspectés de viol sur mineur qui sont laissés libres le temps de l’instruction. Certains dossiers de viols et d’inceste sont en instruction depuis trop longtemps, parfois même depuis 2020 », dénonce-t-elle.
Face à la lenteur de la justice, l’association appelle donc à se réunir de façon pacifique afin de demander que les choses changent. « Il ne s’agit pas de créer du désordre, juste de montrer que les associations sont là et veulent mettre la pression, parce que nous aussi nous subissons ces lenteurs de la justice. Nous sommes tous les jours en contact direct avec les victimes, et tous les jours elles nous téléphonent pour savoir où en est leur dossier car de l’autre côté on n'informe pas les victimes, on les laisse dans le flou alors qu’elles ont eu le courage de dénoncer ces actes-là. Même quand les avocats vont demander au juge d'instruction où en est un dossier, on leur répond que c’est en cours d'instruction. Les victimes en ont marre d'entendre cela », souffle la présidente de Donne di Corsica. Pour illustrer à quel point la lenteur de la justice peut impacter la vie des victimes, elle prend l’exemple d’une jeune fille de 14 ans qui a été violée et que son association accompagne. « L'accusé présumé la harcèle sur les réseaux sociaux. Depuis novembre, rien n'est fait pour la protéger. J'ai même été obligée d'écrire au cabinet d'Emmanuel Macron pour qu'il agisse. Pendant ce temps cette petite est séquestrée chez elle avec sa mère parce qu'elle a peur de son violeur. Nous sommes là aussi pour dénoncer des trop grosses lenteurs de la justice », avance-t-elle
Pour que plus jamais de « défaillances » ne se produisent, à travers ces rassemblements à Ajaccio et Bastia, Donne di Corsica aspire, comme d’autres associations partout en France, à ce que l’État accepte enfin de renforcer les effectifs de magistrats « qui ne sont pas sont pas assez nombreux, tout comme les forces de police et de gendarmerie ». « Mais il faut aussi modifier les textes de loi, car je pense que quand de fortes suspicions de viols pèsent sur quelqu’un, il n’a rien à faire dehors sous contrôle judiciaire. Il faut placer ces personnes en maison d’arrêt pour l’empêcher de sévir à nouveau. D’ailleurs, pour moins que cela, on en place d’autres en détention provisoire », avance Laetizia Constantini avant de conclure : « On veut que l'État français protège ses enfants, parce qu’aujourd’hui ce n'est clairement pas le cas. C’est rageant, surtout quand un fait d'actualité aussi atroce arrive, et on se dit que cela peut très bien se produire demain à Bastia ou à Ajaccio. La Corse n’est absolument pas épargnée ».
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