Dans le sous-sol du bar Le Temple, à Ajaccio, l’atelier de Yann Le Borgne s’est transformé en véritable terrain d’expérimentation. Depuis quelques mois, l’artiste plasticien et auteur de bande dessinée y a installé son espace de travail, après douze années passées à L’Étrange Atelier. Ici, entre tables de dessin et cadres d’impression, la sérigraphie occupe désormais une place centrale.
« On s’est installés ici exprès pour cela », explique-t-il. « La sérigraphie demande un certain matériel. Par exemple, on a une baignoire pour rincer les cadres. » Cette technique d’impression artisanale est au cœur d’un projet collectif qui réunit plusieurs auteurs corses : Drozo Poche, une revue graphique imprimée à la main.
Un projet né d’une rencontre
L’aventure commence à Bastia, autour du festival de bande dessinée. Plusieurs auteurs qui y collaborent régulièrement décident alors de former un collectif, baptisé Pi2K2. « C’est une bande de copains qui travaillent tous pour le festival », résume Yann Le Borgne.
Au fil des années, ils rencontrent le sérigraphe suisse Christian Humbert-Droz, qui anime depuis plus de trente ans des ateliers de sérigraphie lors du festival. L’artiste est également à l’origine de la revue Drozophile, imprimée dans son atelier à Genève.
« On s’est installés ici exprès pour cela », explique-t-il. « La sérigraphie demande un certain matériel. Par exemple, on a une baignoire pour rincer les cadres. » Cette technique d’impression artisanale est au cœur d’un projet collectif qui réunit plusieurs auteurs corses : Drozo Poche, une revue graphique imprimée à la main.
Un projet né d’une rencontre
L’aventure commence à Bastia, autour du festival de bande dessinée. Plusieurs auteurs qui y collaborent régulièrement décident alors de former un collectif, baptisé Pi2K2. « C’est une bande de copains qui travaillent tous pour le festival », résume Yann Le Borgne.
Au fil des années, ils rencontrent le sérigraphe suisse Christian Humbert-Droz, qui anime depuis plus de trente ans des ateliers de sérigraphie lors du festival. L’artiste est également à l’origine de la revue Drozophile, imprimée dans son atelier à Genève.
Lorsqu’il décide d’arrêter cette publication au moment de prendre sa retraite, les auteurs corses lui proposent de reprendre le flambeau. « On lui a dit que c’était trop dommage que ça s’arrête. On a proposé de continuer le projet. Et il nous a répondu : ‘Si c’est vous, c’est cool’ », se souvient l’illustrateur.
La revue Drozo Poche est ainsi née de cette transmission, en version plus compacte cette fois. Elle est aujourd’hui portée par Yann Le Borgne et le dessinateur Thomas Silvert, co-rédacteur en chef.
Un objet à contre-courant
À l’heure de l’impression numérique et de la production rapide, Drozo Poche revendique un fonctionnement presque à contre-courant. La revue est imprimée entièrement en sérigraphie : chaque page est tirée manuellement, couche après couche.
« Le but était de continuer à faire vivre un objet qui existe contre toute logique actuelle », explique Yann Le Borgne. Drozo Poche n’est pas seulement un objet éditorial, c’est aussi un véritable laboratoire artistique. Les auteurs invités doivent composer avec les contraintes de la sérigraphie, une technique ancienne aujourd'hui largement supplantée par l'imprimerie moderne.
Le principe est simple mais long : le dessin est d’abord transféré sur un écran de tissu enduit d’un produit photosensible. Après exposition à la lumière et rinçage, certaines zones deviennent perméables à l’encre. On passe ensuite l’encre à travers l’écran pour imprimer l’image sur le papier. Chaque couleur est imprimée séparément, couche après couche.
La revue Drozo Poche est ainsi née de cette transmission, en version plus compacte cette fois. Elle est aujourd’hui portée par Yann Le Borgne et le dessinateur Thomas Silvert, co-rédacteur en chef.
Un objet à contre-courant
À l’heure de l’impression numérique et de la production rapide, Drozo Poche revendique un fonctionnement presque à contre-courant. La revue est imprimée entièrement en sérigraphie : chaque page est tirée manuellement, couche après couche.
« Le but était de continuer à faire vivre un objet qui existe contre toute logique actuelle », explique Yann Le Borgne. Drozo Poche n’est pas seulement un objet éditorial, c’est aussi un véritable laboratoire artistique. Les auteurs invités doivent composer avec les contraintes de la sérigraphie, une technique ancienne aujourd'hui largement supplantée par l'imprimerie moderne.
Le principe est simple mais long : le dessin est d’abord transféré sur un écran de tissu enduit d’un produit photosensible. Après exposition à la lumière et rinçage, certaines zones deviennent perméables à l’encre. On passe ensuite l’encre à travers l’écran pour imprimer l’image sur le papier. Chaque couleur est imprimée séparément, couche après couche.
« Avec cette technique, il faut réfléchir au dessin différemment », précise l’artiste. « Il faut séparer les couleurs, imaginer les superpositions. Par exemple, si on imprime du jaune sur du bleu, on obtient du vert. »
Cette contrainte technique se transforme rapidement en moteur de création. « Ce qui est fascinant, c’est que la technique impose ses règles et que les artistes doivent s’y adapter. »
Pour beaucoup d’auteurs, la sérigraphie reste cependant abstraite jusqu’au moment de passer à l’impression. « Tant qu’on ne met pas les mains dedans, c’est difficile de comprendre le fonctionnement », reconnaît Yann Le Borgne. Lui-même a découvert la technique lors d’un premier projet avec Christian Humbert-Droz : « Je suis monté à Genève pour apprendre. Et ça a été un choc mental. J’ai adoré. »
Une liberté totale pour les auteurs
Si la technique impose certaines contraintes, le projet éditorial laisse une grande liberté aux artistes. Chaque numéro repose sur quelques règles simples : un thème, un nombre de pages limité et un nombre de couleurs déterminé.
Cette année, le thème choisi était « chjucu ». « Chaque auteur dispose de quatre pages et de deux couches de sérigraphie. Mais à partir de là, ils sont complètement libres », poursuit Yann Le Borgne. « Il n’y a pas de censure, pas de relecture. » Pour cette édition, 300 exemplaires ont été tirés.
Le numéro rassemble douze artistes corses, auxquels s’ajoutent deux suisses qui accompagnent le projet. Pour sa contribution, Yann Le Borgne a choisi de se tourner vers un souvenir d’enfance. « Comme le thème était “petit”, j’ai essayé de remonter le plus loin possible dans ma mémoire. J’ai raconté mon premier souvenir d’enfance. »
Auteur de bande dessinée depuis plusieurs années, le dessinateur rappelle que la technique n’est jamais qu’un outil au service du récit. « Le plus difficile, ce n’est pas de dessiner, c’est d’inventer. Si l’histoire est bonne, le dessin peut être très simple. On pourrait même faire des bonhommes bâtons et ça fonctionnerait », sourit-il.
Cette contrainte technique se transforme rapidement en moteur de création. « Ce qui est fascinant, c’est que la technique impose ses règles et que les artistes doivent s’y adapter. »
Pour beaucoup d’auteurs, la sérigraphie reste cependant abstraite jusqu’au moment de passer à l’impression. « Tant qu’on ne met pas les mains dedans, c’est difficile de comprendre le fonctionnement », reconnaît Yann Le Borgne. Lui-même a découvert la technique lors d’un premier projet avec Christian Humbert-Droz : « Je suis monté à Genève pour apprendre. Et ça a été un choc mental. J’ai adoré. »
Une liberté totale pour les auteurs
Si la technique impose certaines contraintes, le projet éditorial laisse une grande liberté aux artistes. Chaque numéro repose sur quelques règles simples : un thème, un nombre de pages limité et un nombre de couleurs déterminé.
Cette année, le thème choisi était « chjucu ». « Chaque auteur dispose de quatre pages et de deux couches de sérigraphie. Mais à partir de là, ils sont complètement libres », poursuit Yann Le Borgne. « Il n’y a pas de censure, pas de relecture. » Pour cette édition, 300 exemplaires ont été tirés.
Le numéro rassemble douze artistes corses, auxquels s’ajoutent deux suisses qui accompagnent le projet. Pour sa contribution, Yann Le Borgne a choisi de se tourner vers un souvenir d’enfance. « Comme le thème était “petit”, j’ai essayé de remonter le plus loin possible dans ma mémoire. J’ai raconté mon premier souvenir d’enfance. »
Auteur de bande dessinée depuis plusieurs années, le dessinateur rappelle que la technique n’est jamais qu’un outil au service du récit. « Le plus difficile, ce n’est pas de dessiner, c’est d’inventer. Si l’histoire est bonne, le dessin peut être très simple. On pourrait même faire des bonhommes bâtons et ça fonctionnerait », sourit-il.
Expérimenter, encore
Pour les auteurs de Drozo Poche, chaque numéro devient ainsi l’occasion d’explorer de nouvelles pistes graphiques. « Quand on termine un projet, on se dit toujours qu’on aurait pu essayer autre chose. Et la fois suivante, on réfléchit différemment. »
La revue fonctionne comme un espace d’expérimentation collective, où la technique, la narration et la fabrication se mêlent étroitement. Un projet artisanal et insulaire qui, pour Yann Le Borgne, repose avant tout sur une conviction simple : « On le fait parce que c’est beau. La sérigraphie produit des images qui ne ressemblent jamais vraiment à une impression classique. »
Dans son atelier ajaccien, les cadres d’impression sèchent pendant que de nouvelles planches prennent forme. Entre la Corse et Genève, Drozo poursuit ainsi son chemin, fidèle à une idée simple : continuer à fabriquer des images, lentement, à la main.
La revue est disponible en ligne sur la plateforme HelloAsso et sera présentée lors des Rencontres de la BD à Bastia, du 26 au 29 mars. Elle est également en vente au Temple, à Ajaccio.
Pour les auteurs de Drozo Poche, chaque numéro devient ainsi l’occasion d’explorer de nouvelles pistes graphiques. « Quand on termine un projet, on se dit toujours qu’on aurait pu essayer autre chose. Et la fois suivante, on réfléchit différemment. »
La revue fonctionne comme un espace d’expérimentation collective, où la technique, la narration et la fabrication se mêlent étroitement. Un projet artisanal et insulaire qui, pour Yann Le Borgne, repose avant tout sur une conviction simple : « On le fait parce que c’est beau. La sérigraphie produit des images qui ne ressemblent jamais vraiment à une impression classique. »
Dans son atelier ajaccien, les cadres d’impression sèchent pendant que de nouvelles planches prennent forme. Entre la Corse et Genève, Drozo poursuit ainsi son chemin, fidèle à une idée simple : continuer à fabriquer des images, lentement, à la main.
La revue est disponible en ligne sur la plateforme HelloAsso et sera présentée lors des Rencontres de la BD à Bastia, du 26 au 29 mars. Elle est également en vente au Temple, à Ajaccio.
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