-À quinze jours des élections municipales, pourquoi la CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) place-t-elle l’artisanat du bâtiment au cœur du débat local ?
- Parce que nous sommes les artisans du territoire. En France, 97 % des entreprises du bâtiment comptent moins de 10 salariés. Le tissu de la construction repose donc essentiellement sur les artisans. C’est un moment important pour rappeler aux élus de proximité que la proximité, c’est l’artisanat. Au-delà des déclarations d’intention, il faut que la vie économique et sociétale des territoires s’appuie réellement sur nous. Nous avons formulé 39 propositions concrètes pour aider les maires à accompagner l’activité, l’emploi, l’apprentissage et le maillage territorial. Nous sommes des entrepreneurs, mais aussi des citoyens ancrés localement : nous faisons vivre les écoles, les associations, la vie de nos communes. Nous avons un rôle à jouer. Dès qu’ils seront élus, nous irons les revoir pour mettre en place une charte avec les artisans. Il y a beaucoup de défis à relever comme celui de la transition écologique. C’est un élément essentiel notamment en Corse. Il faut refaire vivre toutes ces ruines que nous trouvons dans les villages en Corse.
- Les communes ont-elles pleinement conscience du poids économique et social des TPE du bâtiment ?
- Justement, non mais c’est aussi notre rôle de le rappeler. Ici en Corse, le président régional de la CAPEB le fait très bien d’ailleurs. Partout sur le territoire, nous devons inciter les élus à penser « petit », à penser proximité, à penser artisanat. Les grands groupes ont leur place dans l’économie, y compris en Corse, mais les TPE méritent une attention particulière. Nous sommes des acteurs capables de relever les défis locaux, à condition d’être pleinement intégrés dans les politiques publiques.
- Vous avez visité des chantiers en Corse-du-Sud ce matin, notamment à Cauro et à Porticcio. Que retenez-vous des réalités du terrain ?
- La problématique du logement est essentielle en France, et celle du foncier l’est particulièrement en Corse. Il y a un enjeu majeur autour des logements inoccupés et des maisons de village à rénover. Il y a des actions spécifiques à mettre en place encore plus ici en Corse, qu’ailleurs. Il faut revisiter l’existant, remettre à niveau ces biens et redonner vie aux villages. Cela permet de maintenir les populations sur le territoire et de soutenir l’économie locale. Les artisans sont parfaitement capables de relever ce défi.
« L’équilibre passe justement par la rénovation du bâti existant »
- Les documents d’urbanisme comme le PADDUC ou le PLU sont souvent perçus comme des freins au développement. Comment trouver l’équilibre entre protection du territoire et activité économique ?
- L’équilibre passe justement par la rénovation du bâti existant. Bien sûr, il faudra construire des logements neufs, mais la priorité doit être donnée à la réhabilitation des maisons inoccupées et du foncier déjà bâti. Il ne faut pas continuer de bétonner à outrance mais plutôt rénover l’existant et la CAPEB a un rôle à jouer. Cela correspond parfaitement aux enjeux de protection du territoire tout en permettant de maintenir les populations et l’activité économique.
- La transition énergétique sera a été évoquée, lors des tables rondes, le dispositif « MaPrimeRénov’ » est-il aujourd’hui adaptée aux petites entreprises artisanales ?
- Pas totalement. On n’arrête pas de le dire aux différents ministres que l’on a rencontré. Aujourd’hui, sur plus de 500 000 entreprises artisanales en France, seules 55 000 sont qualifiées RGE pour accéder au marché de la rénovation énergétique. Ce n’est pas normal. Nous demandons un système qui maintienne l’exigence de qualité tout en permettant aux entreprises sérieuses d’accéder à ces marchés. Nous proposons notamment une qualification par chantier, avec un audit en fin de travaux, afin de lutter contre la fraude tout en ouvrant le dispositif aux entreprises vertueuses.
-Autre sujet évoqué, celui de la la gestion des déchets du bâtiment. Est-elle suffisamment adaptée aux artisans ?
- Nous accompagnons les artisans, mais le modèle économique issu de la loi AGEC et de la REP n’a pas été conçu de manière viable pour les petites structures. Nos entreprises comptent en moyenne trois à quatre salariés et produisent de petits volumes de déchets. Beaucoup ont eu le sentiment de payer une éco-contribution sans bénéficier d’un service adapté. Nous travaillons aujourd’hui à un meilleur maillage territorial des points de collecte et demandons le maintien de la gratuité pour les petits volumes.
- Comment renforcer l’attractivité des métiers du bâtiment auprès des jeunes ?
-Nous avons un véritable récit à porter. L’artisanat permet de vivre là où l’on est né, de créer ou reprendre une entreprise viable économiquement, et d’avoir une utilité sociale forte : rénover les logements, améliorer le confort, adapter l’habitat au vieillissement. La génération qui arrive cherche du sens, et nos métiers en ont. Ce matin, du côté de Cauro, ce que nous avons vécu en est le parfait exemple avec un papa maçon, qui a créé une entreprise de BTP dans les années 90, le fils qui l’a reprise et qui maintient de l’emploi. Pour la génération Z qui arrive et qui cherche un sens à vie, l’entreprise artisanale du bâtiment coche toutes les cases de cette réalité. On peut vivre à proximité de là ou je suis né, je peux avoir une activité économique qui tient la route et qui me fait bien vivre en gérant bien.
- Malgré un contexte économique difficile, restez-vous optimiste pour 2026 ?
- Le marché est en recul depuis deux ans, avec 30 000 à 40 000 emplois détruits. Mais nous pensons qu’un rebond est possible en 2026. La reprise viendra de la confiance. Les incertitudes politiques ont freiné l’investissement des particuliers, qui ont davantage épargné. Il faut redonner confiance et encourager l’investissement dans la rénovation et l’amélioration de l’habitat. Nous devons rester réalistes, mais aussi contribuer à créer une dynamique positive. La rénovation des logements existants — il y en a plus de 5 millions inoccupés en France — est une formidable opportunité. On peut rénover la France sans multiplier les grues, en redonnant vie aux centres anciens et aux villages. Et cela, les artisans savent le faire.
- Les communes ont-elles pleinement conscience du poids économique et social des TPE du bâtiment ?
- Justement, non mais c’est aussi notre rôle de le rappeler. Ici en Corse, le président régional de la CAPEB le fait très bien d’ailleurs. Partout sur le territoire, nous devons inciter les élus à penser « petit », à penser proximité, à penser artisanat. Les grands groupes ont leur place dans l’économie, y compris en Corse, mais les TPE méritent une attention particulière. Nous sommes des acteurs capables de relever les défis locaux, à condition d’être pleinement intégrés dans les politiques publiques.
- Vous avez visité des chantiers en Corse-du-Sud ce matin, notamment à Cauro et à Porticcio. Que retenez-vous des réalités du terrain ?
- La problématique du logement est essentielle en France, et celle du foncier l’est particulièrement en Corse. Il y a un enjeu majeur autour des logements inoccupés et des maisons de village à rénover. Il y a des actions spécifiques à mettre en place encore plus ici en Corse, qu’ailleurs. Il faut revisiter l’existant, remettre à niveau ces biens et redonner vie aux villages. Cela permet de maintenir les populations sur le territoire et de soutenir l’économie locale. Les artisans sont parfaitement capables de relever ce défi.
« L’équilibre passe justement par la rénovation du bâti existant »
- Les documents d’urbanisme comme le PADDUC ou le PLU sont souvent perçus comme des freins au développement. Comment trouver l’équilibre entre protection du territoire et activité économique ?
- L’équilibre passe justement par la rénovation du bâti existant. Bien sûr, il faudra construire des logements neufs, mais la priorité doit être donnée à la réhabilitation des maisons inoccupées et du foncier déjà bâti. Il ne faut pas continuer de bétonner à outrance mais plutôt rénover l’existant et la CAPEB a un rôle à jouer. Cela correspond parfaitement aux enjeux de protection du territoire tout en permettant de maintenir les populations et l’activité économique.
- La transition énergétique sera a été évoquée, lors des tables rondes, le dispositif « MaPrimeRénov’ » est-il aujourd’hui adaptée aux petites entreprises artisanales ?
- Pas totalement. On n’arrête pas de le dire aux différents ministres que l’on a rencontré. Aujourd’hui, sur plus de 500 000 entreprises artisanales en France, seules 55 000 sont qualifiées RGE pour accéder au marché de la rénovation énergétique. Ce n’est pas normal. Nous demandons un système qui maintienne l’exigence de qualité tout en permettant aux entreprises sérieuses d’accéder à ces marchés. Nous proposons notamment une qualification par chantier, avec un audit en fin de travaux, afin de lutter contre la fraude tout en ouvrant le dispositif aux entreprises vertueuses.
-Autre sujet évoqué, celui de la la gestion des déchets du bâtiment. Est-elle suffisamment adaptée aux artisans ?
- Nous accompagnons les artisans, mais le modèle économique issu de la loi AGEC et de la REP n’a pas été conçu de manière viable pour les petites structures. Nos entreprises comptent en moyenne trois à quatre salariés et produisent de petits volumes de déchets. Beaucoup ont eu le sentiment de payer une éco-contribution sans bénéficier d’un service adapté. Nous travaillons aujourd’hui à un meilleur maillage territorial des points de collecte et demandons le maintien de la gratuité pour les petits volumes.
- Comment renforcer l’attractivité des métiers du bâtiment auprès des jeunes ?
-Nous avons un véritable récit à porter. L’artisanat permet de vivre là où l’on est né, de créer ou reprendre une entreprise viable économiquement, et d’avoir une utilité sociale forte : rénover les logements, améliorer le confort, adapter l’habitat au vieillissement. La génération qui arrive cherche du sens, et nos métiers en ont. Ce matin, du côté de Cauro, ce que nous avons vécu en est le parfait exemple avec un papa maçon, qui a créé une entreprise de BTP dans les années 90, le fils qui l’a reprise et qui maintient de l’emploi. Pour la génération Z qui arrive et qui cherche un sens à vie, l’entreprise artisanale du bâtiment coche toutes les cases de cette réalité. On peut vivre à proximité de là ou je suis né, je peux avoir une activité économique qui tient la route et qui me fait bien vivre en gérant bien.
- Malgré un contexte économique difficile, restez-vous optimiste pour 2026 ?
- Le marché est en recul depuis deux ans, avec 30 000 à 40 000 emplois détruits. Mais nous pensons qu’un rebond est possible en 2026. La reprise viendra de la confiance. Les incertitudes politiques ont freiné l’investissement des particuliers, qui ont davantage épargné. Il faut redonner confiance et encourager l’investissement dans la rénovation et l’amélioration de l’habitat. Nous devons rester réalistes, mais aussi contribuer à créer une dynamique positive. La rénovation des logements existants — il y en a plus de 5 millions inoccupés en France — est une formidable opportunité. On peut rénover la France sans multiplier les grues, en redonnant vie aux centres anciens et aux villages. Et cela, les artisans savent le faire.
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