« Sous le Vent des Hélices» de Paul Giani, un hommage à Albert Preziosi, pilote durant la 2e guerre mondiale.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Né dans l'immédiat après-guerre, en 1948, je fais partie de cette génération dont les parents ont traversé les années dramatiques de la première moitié du XXe siècle. Leur histoire a résonné tout au long de notre enfance. Entre un père déporté, un oncle dans la 2e DB et un autre qui a connu la défaite de 1940 puis a entrepris une formation de pilote, comment ne pas être intéressé par ce passé si proche ? De là découle dès l'enfance ma passion pour l'histoire, renforcée par le fait qu'ils en parlaient si peu...J'ai donc cherché très tôt à en savoir plus et associé à ce besoin de savoir la passion de la littérature.
Une passion qui vous a amené tout naturellement à l’écriture ?
La littérature m'accompagne depuis toujours. Grand lecteur, très éclectique, j'ai toujours une pile de livre sur ma table de chevet ou avec moi ! Je n'ai jamais fait d'études littéraires et mon activité professionnelle, professeur d’EPS, s'y prêtait assez peu. Malgré tout, même si l'idée d'écrire était présente depuis très longtemps, je n'avais jamais franchi le pas. Il a fallu l'arrivée de la Covid pour que, cloîtré par nécessité, alors que j'étais à la retraite depuis plus de dix ans, je commence à écrire chaque jour un poème, destiné tout d'abord à ma famille. Au bout de quelques mois, sous la pression familiale et amicale, j'ai recherché un éditeur. « La plume de l'édition » a ainsi publié en 2021, à compte d'auteur, un premier recueil de 118 poèmes. J'ai poursuivi dans cette voie et publié en 2023 chez « Maïa », à compte participatif, un nouveau recueil d'une centaine de poèmes. Puis lassé d'écrire de la poésie, je suis passé au roman avec « La Grive Musicienne », un roman historique retraçant le parcours d'Antoine, personnage clé de mon roman, qui traverse le siècle des années 20 aux années 60. Cette fois-ci je voulais absolument être publié à compte d'éditeur, ce qui à mes yeux validerait mon travail de recherche et d'écriture. Après avoir envoyé le manuscrit à plusieurs maisons d'éditions, j'ai eu la joie quelques mois plus tard de voir mon roman retenu par les Éditions Complicités et de recevoir un contrat pour une publication au mois d'octobre 2024.
Comment ce roman biographique « Sous le Vent des Hélices » est-il né ?
C'était pour moi comme une évidence, l'histoire de l'aviation depuis ses origines jusqu'à nos jours m'a toujours passionné et les destins héroïques et malheureusement trop souvent tragiques des milliers de pilotes et d'équipages emportés dans le tourbillon de 2e Guerre Mondiale, m'a émerveillé et fasciné depuis mon enfance. Albert Preziosi en faisait partie. J'habite à Pinarello et la base aérienne de Solenzara est à moins d'une heure de route. Je passe régulièrement devant et le panneau « Base aérienne 126 Capitaine Albert Preziosi », m'avait toujours interpellé. Il y a quelques mois, j’ai décidé de découvrir un peu plus qui il était vraiment.
Comment vos recherches se sont-elles articulées ?
Je connaissais un peu son histoire mais en faisant des recherches, j'ai finalement découvert qu'il était un peu oublié en Corse. Quelques plaques commémoratives à Vezzani où il est né, et à Bastia mais à ma connaissance aucune rue, place ou école ne porte son nom. J'ai recherché dans les documents et les ouvrages parlant de lui mais ils sont peu nombreux, ce n'est donc pas une biographie au sens premier du terme mais plutôt une biographie romancée dans la mesure où la première partie de sa vie, jusqu'à son admission à l'École l'air, est peu connue et les informations rares. Il est toutefois assez facile d'imaginer sa vie à Vezzani, Piedicroce ou Bastia dans les années 1915-1935. Après cela, sa carrière au sein de l'Armée de l'air, son parcours, ses différentes affectations, sont plus faciles à décrypter grâce aux carnets de vols, les bases qu’il a fréquentées, ses promotions. Tout cela se retrouve sur des documents officiels. Certains passages sont le reflet des souvenirs laissés par ses camarades de guerre dans différents ouvrages notamment les mémoires de ses camarades survivants tels De la Poype, Geoffre ou Roger Sauvage, que j'ai eu la chance de rencontrer à Ajaccio lorsque j'avais 15 ans. Via Internet j’ai trouvé des infos dans la revue Avions ou encore un des romans de Jean-François Roseau. Je n'ai en revanche pas contacté sa famille, un petit neveu avocat à Marseille. C'est un petit regret, peut-être aurais-je dû le faire mais à ma décharge, j'écris très vite, parfois trop vite. J'ai fini ce roman en deux mois et demi et le temps que je me décide à le faire il était trop tard. L'histoire que je raconte et le contexte restent véridiques et la plupart des personnages du roman ont réellement existé. D'autres passages et certaines personnes sont seulement le fruit de mon imagination et permettent d'humaniser Albert Preziosi au-delà de la sécheresse des rapports officiels. Mon but en écrivant ce roman était de faire revivre sa mémoire, particulièrement en Corse, et celle de ses camarades de combat.
Avez-vous d’autres livres en préparation ?
Pas de projet avancé pour le moment mais peut-être un nouveau roman biographique concernant un personnage corse important du XIXe siècle.
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