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Santé mentale, mobilité, engagement : les défis de la jeunesse corse au cœur de la visite de Thibaut de Saint Pol


Jeanne Soury le Lundi 18 Mai 2026 à 17:57

À l'occasion d'un déplacement de trois jours en Corse entamé lundi, le délégué interministériel à la jeunesse, Thibaut de Saint Pol, est venu à la rencontre des acteurs locaux, associations et institutions engagés auprès des jeunes. Santé mentale, mobilité, ruralité ou encore engagement associatif : cette visite doit permettre de mettre en lumière les spécificités d’un territoire confronté à de nombreux défis, mais aussi riche d’initiatives locales.



Santé mentale, mobilité, engagement : les défis de la jeunesse corse au cœur de la visite de Thibaut de Saint Pol
C’est une première visite officielle en Corse pour Thibaut de Saint Pol, délégué interministériel à la jeunesse et directeur de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative. Pendant trois jours partagés entre Corse-du-Sud et Haute-Corse, le représentant de l’État doit rencontrer collectivités, associations et services mobilisés autour des politiques jeunesse. Aux côtés de Thibaut de Saint Pol, le recteur, Rémi-François Paolini, participe également aux échanges organisés durant cette visite.

« Tout l’enjeu pour nous, c’est de pouvoir échanger avec les acteurs locaux qui œuvrent au quotidien pour les jeunes », expliquait-il lundi matin, lors d’une rencontre à la Cité Grossetti. « L’objectif est à la fois de mieux comprendre les défis auxquels ils font face, mais aussi les solutions mises en œuvre sur le territoire et dont on peut s’inspirer plus largement. »

Cette visite intervient dans un contexte particulier pour la Corse, marqué par une forte ruralité, une géographie montagneuse et des problématiques d’insularité qui influencent directement les parcours des jeunes. « La Corse a un certain nombre de spécificités liées à la mobilité, à la ruralité ou encore à l’habitat dispersé », souligne Thibaut de Saint Pol. « C’est aussi ce qui fait de ce territoire un laboratoire intéressant pour les politiques publiques jeunesse. »
 
La santé mentale des jeunes au centre des préoccupations

Parmi les grands thèmes abordés au cours de ce déplacement, la santé mentale s’impose comme l’une des priorités. « Depuis le Covid, quel que soit le sujet qu’on regarde sur la jeunesse, on retrouve des questions de bien-être et de santé mentale », rappelle le délégué interministériel.

Les chiffres illustrent l’ampleur du sujet : en Corse, 28 % des jeunes de 15 à 29 ans déclarent souffrir de dépression. Un chiffre qui atteint 32 % chez les moins de 25 ans. Pour les services de l’État comme pour les associations, l’enjeu est désormais double : mieux accompagner les jeunes, mais aussi faire connaître les dispositifs déjà existants. « Beaucoup de solutions existent, notamment à travers les dispositifs de soutien psychologique gratuits, mais ils ne sont pas toujours connus », estime Thibaut de Saint Pol. « Il faut réussir à les rendre plus visibles auprès des jeunes. »

Même constat du côté de Marie Batard, déléguée régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports. « Les jeunes ne sont pas très en forme, et encore plus ici où les indicateurs sont un peu plus marqués », observe-t-elle. « Ce qu’on veut, c’est leur permettre de se projeter, d’avoir des perspectives et de pouvoir construire leur avenir. »

Le tissu associatif, acteur clé des politiques jeunesse

Durant ce déplacement, plusieurs temps d’échange sont également consacrés au tissu associatif corse, particulièrement dense avec près de 10 000 associations actives sur le territoire. Pour les représentants de l’État, ces structures jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des jeunes, l’engagement citoyen ou encore la lutte contre l’isolement.

« Les associations sont des partenaires essentiels de nos politiques publiques », rappelle Thibaut de Saint Pol. Le service civique, le bénévolat ou encore les dispositifs d’engagement écologique figurent parmi les outils mis en avant pour permettre aux jeunes d’acquérir de l’expérience et de développer leurs compétences. « Les jeunes sont une richesse pour le territoire », insiste-t-il. « Notre responsabilité collective, c’est de construire avec eux des perspectives et des horizons mobilisateurs. »
 
Une visite attendue par les acteurs locaux

Pour les services de l’État en Corse, cette visite représente également l’occasion de faire remonter les réalités du terrain dans un contexte budgétaire contraint. « Nous espérons que cette venue permettra une meilleure prise en compte des spécificités du territoire dans les politiques publiques nationales », explique Marie Batard.

Aucune annonce particulière n’est attendue à ce stade, mais les différents acteurs rencontrés souhaitent avant tout renforcer le dialogue entre l’État, les collectivités et le monde associatif.« C’est sur les territoires que se construisent les réponses les plus adaptées aux jeunes », rappelle Thibaut de Saint Pol.

À travers cette visite, l’État entend donc mieux comprendre les attentes d’une jeunesse confrontée à des réalités spécifiques, entre attachement au territoire, difficultés de mobilité et besoin d’accompagnement.