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Pene in capu - Langue corse : quand Jean-Michel Blanquer dérape


le Dimanche 5 Avril 2026 à 18:55

Pene in capu" revient pour de temps à autre, dans un esprit un peu taquin et selon l'humeur du signataire de ces lignes, égratigner, critiquer, dénoncer les faits et gestes qui jalonnent, mais pas toujours de façon heureuse, notre quotidien.



Pene in capu - Langue corse : quand Jean-Michel Blanquer dérape
On se souvient que, lorsqu’il était en fonction, l’ancien ministre avait accompagné - parfois même encouragé - l’expérimentation des classes immersives. Ces dispositifs, réclamés de longue date en Corse, visaient à sauver une langue en danger en la plaçant au cœur de l’apprentissage. Une reconnaissance tardive, mais réelle, de la nécessité de transmettre le corse autrement que comme une simple option folklorique.
Aujourd’hui, le même homme change de ton. Et pas à moitié. Assimiler des élèves corses à des « balances » qui dénonceraient leurs camarades ne parlant pas la langue dépasse le simple dérapage verbal. Cela trahit une incompréhension profonde de ce qu’est une politique linguistique et, surtout, de ce qu’est la réalité scolaire en Corse.


Dans les classes immersives, il ne s’agit pas de surveiller, encore moins de dénoncer. Il s’agit d’apprendre, de vivre une langue, de la pratiquer naturellement, comme on le fait partout ailleurs lorsqu’on enseigne en anglais, en espagnol ou en allemand. Personne n’a jamais accusé un élève d’être une « balance » parce qu’il parle anglais dans une section européenne.
Le parallèle est donc non seulement excessif, mais insultant. Il renvoie, consciemment ou non, à une vieille suspicion : celle qui entoure tout ce qui touche aux identités locales dès lors qu’elles s’expriment en dehors du cadre strictement jacobin.


La langue corse n’est pas un outil de repli. Elle est un patrimoine vivant, un vecteur de culture, une richesse. La défendre ne consiste pas à exclure, mais à transmettre. Les enseignants qui s’engagent dans ces filières le savent. Les familles aussi.
Ce type de déclaration a au moins le mérite de clarifier les lignes. D’un côté, ceux qui considèrent les langues régionales comme une richesse à préserver et à faire vivre. De l’autre, ceux qui continuent de les voir comme une anomalie, voire une menace.


Au moment où la transmission du corse reste fragile, où chaque locuteur compte, ce n’est pas d’ironie ou de caricature dont on a besoin. C’est de constance, de respect et d’un minimum de cohérence.
Sur ce point, le revirement de Jean-Michel Blanquer interroge. Et, surtout, il inquiète

Pene in capu - Langue corse : quand Jean-Michel Blanquer dérape

Partitu di a Nazione Corsa : 𝗘𝗱𝘂𝗰𝗮𝘇𝗶𝗼𝗻𝗶 è 𝗹𝗶𝗻𝗴𝘂𝗮 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗮

Les déclarations de Jean-Michel Blanquer démontrent une méconnaissance flagrante des réalités éducatives et culturelles en Corse.
 
Présenter les écoles immersives comme des lieux où le français serait « banni » relève d’une caricature indigne d’un ancien ministre de l’Éducation nationale, qui traduit davantage une posture idéologique qu’une analyse sérieuse.
 
L’enseignement immersif n’est pas un instrument de repli identitaire, mais un modèle d’excellence, de cohésion et d’ouverture. Il contribue pleinement à la réussite des élèves et à la transmission d’un héritage linguistique qui participe du patrimoine français. Parce qu’en Corse, la langue n’est pas un obstacle : elle est un pont entre les générations, un vecteur d’appartenance et de citoyenneté.
 
Il faut aussi rappeler une réalité politique : c’est ce même Jean-Michel Blanquer qui, lorsqu’il était ministre, avait validé et encouragé ces dispositifs immersifs.
 
Comment comprendre aujourd’hui une telle volte-face ? Cette incohérence jette un doute sur la sincérité du discours, et sur le respect dû aux acteurs de terrain qui œuvrent au quotidien pour la réussite de nos enfants.
 
Plutôt que d’agiter les peurs et de travestir les faits, il serait temps de reconnaître le travail remarquable des enseignants, des équipes pédagogiques et des collectivités locales qui construisent une école exigeante et profondément enracinée dans son territoire.
 
Issa lingua hè a nostra, a difindimi è a piazzaremi a u centru di u nostru prughjettu puliticu.
 
Pà a difesa di u stintu aiaccinu, è di l’intaressi di u nostru populu !