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Olivier Battistini : « Napoléon et Alexandre, la même conception d’un pouvoir partagé avec un peuple en armes »


Nicole Mari le Lundi 10 Août 2020 à 21:23

Après le succès des sixièmes Rencontres napoléoniennes qui se sont tenues du 1er au 3 août à Sartène, leur initiateur, l’historien Olivier Battistini, revient sur le thème débattu cette année : « La politique, la puissance, la grandeur ». Maître de conférence HDR en histoire grecque à l’université de Corse et auteur de plusieurs ouvrages sur l’Antiquité, il explique, à Corse Net Infos, la conception de la puissance et de la grandeur chez Napoléon et établit un parallèle avec Alexandre Le Grand. Il évoque son génie militaire, son rapport particulier à la mort, et les « palais de mémoire » si chers à l’Empereur. Une plongée passionnante dans le mythe napoléonien.




Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, col des Alpes. Peinture de Jacques-Louis-David.
Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, col des Alpes. Peinture de Jacques-Louis-David.
- Viennent de se terminer les sixièmes Rencontres napoléoniennes que vous avez initiées. Quel bilan pouvez-vous en dresser ?
- Ces Rencontres napoléoniennes existent depuis 2015. Le principe des trois premières éditions en 2015, 2016 et 2017 étaient d’aborder Napoléon Bonaparte en le comparant avec Alexandre le Grand sur les plans du politique, de la guerre et de la pensée. Ainsi, j’avais tenté de tisser des liens entre le licenciement de la flotte grecque à Milet par Alexandre le Grand et le Blocus continental de Napoléon, pensé à Tilsit. En arrière-plan, la dialectique Terre/Mer telle que l’a conçue Thucydide dans sa Guerre du Péloponnèse et telle que la repensera Carl Schmitt bien plus tard. Cette trilogie pensée en accord avec Bertrand d’Ortoli, l’actuel premier adjoint, et le maire, Paul Quilichini, était close, le but ayant été atteint.
 
- Qu’avez-vous fait ensuite ?
- Depuis 2018, les Rencontres se sont concentrées uniquement sur Napoléon. Cette année, la mairie de Sartene, qui a la volonté de faire de la ville une destination napoléonienne, les a organisées sur le thème : « Napoléon, le politique, la puissance, la grandeur ». Les interventions pendant trois soirées du 1er au 3 août ont été enregistrées par les soins de la mairie et peuvent être visionnées sur la page Facebook de la ville de Sartene (Ville de Sartene – Cità di Sartè). Elles ont attiré de nombreux passionnés d’histoire et provoqué des questions et des débats particulièrement intéressants.
 
- Etes-vous satisfait de l’évolution de cette manifestation ?
- Je pense pouvoir répondre par l’affirmative. Le rythme ternaire, que nous avons proposé avec Antoine-Baptiste Filippi, le concepteur de ces dernières Rencontres, était riche et permettait de compléter les approches que nous avions faites précédemment. Elles sont aussi une ouverture vers d’autres soirées futures. Par ailleurs – et cela montre bien que nos Rencontres prennent de l’importance –, la presse nationale commence à s’y intéresser, un projet d’édition est en cours de discussion...

Les Rencontres napoléoniennes à Sartène
Les Rencontres napoléoniennes à Sartène
- Qu’est-ce qui est principalement ressorti des différentes interventions, cette année ?
- Dans la pensée de la guerre et de l’Empire, par la fulgurance des décisions au combat, par l’organisation de l’armée, par la question du devenir des peuples vaincus, par la grandeur et une esthétique tragique, Napoléon, comme Alexandre le Grand, « philosophe par les armes », nous fascine… Pour Hannah Arendt, il n’y a pas de politique sans grandeur. Avec Napoléon, voici une détestation de la médiocrité. L’attrait pour ce qui élève. Jean-Marie Rouart parle de « l’amour inconsolé de la grandeur ». Dans ces conditions, chaque conférencier s’est attaché à mettre en lumière dans l’univers politique et guerrier de l’Empereur, cette volonté de puissance et ce rêve de grandeur. Etrangement, comme si nous nous étions concertés, des liens secrets sont apparus entre nous au moment même de nos interventions.
 
- C’est-à-dire ?
- David Chanteranne a consacré un long moment à la « puissance du Beau » avant que je n’intervienne pour évoquer à mon tour une « esthétique de la grandeur ». Des réseaux souterrains du même ordre sont apparus avec Antoine-Baptiste Filippi quand nous avons évoqué, chacun à notre tour, la réalité d’un pouvoir partagé avec un peuple en armes. Et cela a été le cas entre François Santoni et Stéphane Pérez-Giudicelli concernant l’esthétique de la puissance et les modèles héroïques de l’Empereur. À la manière d’un hasard objectif, des connivences sont ainsi apparues tout au long de ces soirées révélant une harmonie secrète entre les différentes interventions. Cela a été le cas aussi avec Anna Moretti, pour le rêve d’une alliance avec la Russie et d’un partage du monde, François Costantini, pour le rêve oriental de Bonaparte sur les traces d’Alexandre le Grand, Jacques-Olivier Boudon, pour Napoléon le Grand, un souverain en majesté, et, enfin, avec Jean-Baptiste Noé, pour des pistes fulgurantes permettant de réfléchir à partir de la dialectique « Napoléon III et Tocqueville » sur les différences subtiles entre les notions d’égalité et de liberté. C’est aussi ce qui a donné à nos Rencontres une réelle cohérence.

Olivier Battistini.
Olivier Battistini.
- Vous vous êtes, pour votre part, consacré au thème de la puissance. Quelle était, selon vous, la conception qu’avait Napoléon de la puissance ? Qu’avait-elle de particulier ?
- Je pourrais répondre par un aphorisme de Nietzsche dans son ouvrage « La Volonté de puissance » : « Aux époques démocratiques on déteste la volonté de puissance, au point que toute la psychologie, que l’on en fait, semble s’appliquer à l’amoindrir et à la calomnier. Le type du grand ambitieux : cela doit être Napoléon ! Et César ! Et Alexandre ! — Comment si ce n’étaient pas là précisément ceux qui méprisaient le plus les honneurs ! ». Ou par une remarque de Goethe en 1828 : « Voilà où Napoléon était quelqu’un de formidable ! Toujours illuminé, toujours clair et résolu, et doué à toute heure de l’énergie suffisante pour mettre en œuvre aussitôt ce qu’il avait reconnu avantageux et nécessaire. Sa vie fut la marche d’un demi-dieu, de bataille en bataille et de victoire en victoire. On pouvait bien dire de lui qu’il se trouvait dans une illumination perpétuelle : c’est aussi pourquoi sa destinée fut d’un éclat tel que jamais le monde n’en avait vu de pareil avant lui, et jamais peut-être n’en reverra après lui. Oui, oui, mon bon : c’était là un homme, que nous ne pouvons, bien entendu, égaler ! ». Pour Stendhal, Napoléon est un étrange survivant d’une faune humaine éteinte. Le temps qu’il réussira à durer, par un miracle de despotique sagesse, « il sera puni de sa grandeur par la solitude de l’âme ». Puis ce sera, contre le grand solitaire, une chasse à l’homme organisée par toutes les superstitions coalisées avec toutes les bassesses. Napoléon est lié à la puissance, à la grandeur. Au génie.
 
- Nietzsche, que vous évoquez, était fasciné par Napoléon. Pourquoi ?
- Nietzsche, l’Hyperboréen, est fasciné par « le Corse Napoléon » qui a la « fierté de l’homme qui se révolte ». Napoléon, c’est « l’apparition d’un maître absolu », le « plus haut bonheur auquel ce siècle ait pu atteindre », écrit-il dans « Par-delà le Bien et Mal ». Pour le philosophe, en Napoléon éclate « l’alliance de la puissance et de la génialité » : « il usait de l’univers comme Hummel de son clavier, avec l’aisance d’un génie toujours égal à lui-même, toujours rempli de l’illumination, de la clarté, de la décision intérieure, et en qui l’énergie suffit toujours à l’étendue de la conception », dit-il, le 11 mars 1828, dans « Conversations avec Eckermann ». Il se représente Napoléon comme « une sorte de force métaphysique ». Nietzsche dissocie Napoléon de la Révolution française. Plus qu’une distinction, il dessine une opposition. La Révolution incarne le sentimentalisme de la fraternité, Napoléon la grandeur héroïque de la guerre. Si la Révolution instaure le règne du bourgeois, Napoléon le renverse. Napoléon est l’antidote au « déclin », à « l’épuisement », à « l’affaiblissement des instincts ».
 
- Est-ce ce que vous appelez l’esthétique de la grandeur ?
- Oui. Et cela est lié à l’idée que Napoléon se faisait du destin. Selon Goethe – discussion avec Wieland, à Erfurt, 1808 –, l’Empereur désapprouve les « pièces fatalistes » et énonce à cette occasion un mot profond : « Que nous veut-on aujourd’hui avec le destin ? Le destin, c’est la politique ».
 
- Vous dites que Napoléon est « un poète de l’action » ? Qu’entendez-vous par là ?
- J’ai évoqué un Alexandre le Grand, « philosophe en armes », un Alexandre vainqueur parce que disciple d’Aristote qui lui aurait, par son enseignement, donné la victoire. Napoléon, parce qu’il est, par l’écriture et la parole, à la hauteur d’un Chateaubriand, est un « poète de l’action ». Je me fonde sur l’étymologie grecque du mot « poète ». L’infinitif « poiein » signifie « créer » dans le sens où le poète est un « voleur de feu ». Chez les Grecs, la theôria et la praxis, la pensée et l’action sont placées sur le même plan.

Alexandre le Grand et Diogène. Peinture de Nicolas André Monsiaux.
Alexandre le Grand et Diogène. Peinture de Nicolas André Monsiaux.
- Vous faites le parallèle entre ces deux grands généraux, deux génies militaires, deux empereurs hors-normes. Qu’est-ce qui les rapproche ?
- À Austerlitz, Napoléon se révèle comme un dieu de la guerre. On a essayé de faire une typologie des batailles d’Alexandre, de penser des modèles pour comprendre les harmonies entre les systèmes de manœuvre – « sur les derrières » et « sur position centrale » – et les systèmes de bataille – « avec attaque tournante » et « sur position centrale ». Idem pour Napoléon, pour comprendre le mouvement tournant destiné à couper les Autrichiens de leur base en marchant sur le Rhin, la diversion avec Lannes et Murat pour masquer le véritable mouvement de la Grande Armée et l’abandon des hauteurs de Pratzen. Et surtout les marches et contremarches pour une vision d’ensemble… La bataille d’Austerlitz ne peut servir de modèle ou entrer dans une typologie tant elle est complexe. Difficile, en effet, de séparer manœuvre et bataille, tactique et grande tactique – le mot « stratégie » viendra plus tard. Une seule constante dans les batailles napoléoniennes et celles d’Alexandre : la surprise ! Napoléon et Alexandre étaient toujours là où l’ennemi ne les attendait pas. En cela, ils se ressemblent. Quant à la recherche de la position centrale, tant pour la manœuvre que pour la bataille, c’est une opération qui peut permettre à une armée plus faible en nombre de s’insérer en son milieu et de se retourner contre les forces les plus faibles… On pense à la bataille de Gaugamèles contre les Perses à l’armée innombrable. Napoléon est chef de guerre. Un maître. Comme Alexandre.
 
- Au-delà de l’art de la guerre, qu’ont-ils d’autre en commun ?
- Ils se rapprochent également par la maîtrise de la parole. Et l’art du politique. Par la même conception d’un pouvoir partagé avec un peuple en armes. Napoléon est un mélancolique. Comme Alexandre. Les grandes natures sont en proie à la mélancolie. La mélancolie ou la lucidité, ce qui revient au-même, comme le souligne Sylvain Tesson à propos de Jean Raspail. La mélancolie, chez Napoléon – comme cela a été les cas pour Alexandre le Grand –, est imagination inspirée, désir d’infini. Jeune lieutenant d’artillerie, à 17 ans, submergé par un sentiment de l’échec, il ne veut pas trahir ses rêves de grandeur : « Toujours seul au milieu des hommes, je rentre pour rêver avec moi-même et me livrer à toute la vivacité de ma mélancolie. De quel côté est-elle tournée aujourd’hui ? Du côté de la mort. Quelle fureur me porte donc à vouloir me détruire ? Que faire dans ce monde ? Puisque je dois mourir, ne vaut-il pas autant se tuer ? ». L’idée de sa mort, il y pense à la manière d’un artiste. Pour une gloire immortelle. Un kléos : « La balle, qui me tuera, portera mon nom ».
 
- Qu’est-ce qui les différencie ?
- Sans doute le rapport aux vaincus et comment les traiter. Alexandre a associé les vaincus aux vainqueurs, sous la loi grecque. Napoléon, par le « système continental », selon l’expression du comte de Ségur, « avait déclaré une guerre à mort aux Anglais. […] Il ne pouvait réussir que par un accord unanime : on ne devait l’espérer que d’une domination universelle ». La France « ne pouvait plus avoir d’amis, ni de rivaux, mais seulement des sujets ; car les uns eussent été faux, et les autres implacables : il fallait donc que tous lui fussent soumis, ou elle à tous ». À Sainte-Hélène, en 1816, il écrit : « Ce que j’aime chez Alexandre le Grand, ce n’est pas ses campagnes victorieuses, que l’esprit de l’homme ne peut pas épeler, mais les moyens politiques dont il s’est servi pour parvenir à laisser à trente-trois ans un empire bien fondé et efficace, dans lequel il réussit à être aimé des peuples vaincus ». Et surtout, Alexandre, lui, n’a jamais été vaincu…
 
- Votre conférence s’intitulait « Penser l’Empire, penser la guerre ». Peut-on dire qu’ils avaient le même projet d’hégémonie ?
- En Égypte, Bonaparte, fasciné par Alexandre, est sur les traces du conquérant : « Il faut aller en Orient, dit Napoléon à Bourrienne, toutes les gloires viennent de là ». Il veut créer, depuis l’Égypte, un florissant Empire d’Orient qui « par sa main droite, s’appuierait aux Indes et par sa gauche, à l’Europe ». « Sans vous autres Anglais, » aurait murmuré Napoléon en montant sur le Bellérophon, « j’aurais été Empereur d’Orient »… Mais son rêve se brise devant les remparts de Saint-Jean-d’Acre. À un groupe de généraux, la veille d’Austerlitz, il dit : « Si je m’étais emparé d’Acre, je prenais le turban, je faisais mon bataillon sacré ! C’est par des Arabes, des Grecs, des Arméniens que j’eusse achevé la guerre contre les Turcs. Au lieu d’une bataille en Moravie, je gagnais une bataille d’Issos, je me faisais proclamer empereur d’Orient et je revenais à Paris par Constantinople ! ».

Le sacre de Napoléon. Peinture de Jacques-Louis David.
Le sacre de Napoléon. Peinture de Jacques-Louis David.
- Vous avez choisi d’aborder Napoléon à travers les « palais de mémoire ». De quoi s’agit-il ?
- Napoléon, car la plus prodigieuse des mémoires n’aurait pu suffire à l’immensité de sa tâche, s’est construit un « palais de la mémoire ». Suivant une technique ancienne qu’il a retenue de ses cours de logique, il série les informations et les entrepose dans sa tête dans des « lieux » spécifiques à chacune d’elles. Une norme universelle qu’il impose à ses ministres et à l’appareil d’État. On pense à Simonide de Céos, l’inventeur de la mémoire artificielle, à Giordano Bruno et Giulio Camillo Delminio et à leur Théâtre de la mémoire. Également à Cicéron : « Il faut, selon Simonide, imaginer dans sa tête des emplacements distincts, et y attacher l’image des objets dont on veut garder le souvenir. L’ordre des emplacements conserve l’ordre des idées ; les images rappellent les idées elles-mêmes : les emplacements sont la tablette de cire, et les images, les lettres qu’on y trace ». La longévité́ de la mémoire artificielle repose dans la disposition logique des éléments que l’on veut y mettre en dépôt. L’art consiste à fragmenter un discours en images, puis de les ordonner en pensée dans une série de lieux. L’orateur, en visite dans son discours, passe mentalement de lieu en lieu. Il retrouve telles quelles les images qu’il a inventées pour abstraire son propos. Et par son parcours dans son architecture, son discours lui est restitué en un fil.
 
- Quelles images avez-vous choisi d’évoquer ?
- Selon les principes que je viens d’évoquer, je choisis des « lieux de mémoire ». On pense encore à Saint Augustin dans Les Confessions : « Et j’arrive aux plaines, aux vastes plaines de la mémoire, là où se trouvent les trésors des images innombrables, véhiculées par les perceptions de toutes sortes. Là sont gardées les pensées que nous formons, en augmentant, en diminuant, en modifiant d’une manière quelconque les acquisitions de nos sens, et tout ce que nous avons pu y mettre en dépôt et en réserve, si l’oubli ne l’a pas encore dévoré et enseveli ». Parmi ces « lieux de mémoire » : Waterloo et Austerlitz, la campagne d’Égypte, Lodi, Arcole, la Campagne de Russie, Montmirail… Également des « lieux » comme la mélancolie et le génie, la nuit, l’idée de la gloire immortelle, la guerre totale, la grandeur, le beau et le terrible. Le rapport à la mort avec le sacrifice de Jean-Baptiste Muiron, comme plus tard la mort d’un Desaix à Marengo, d’un Lannes à Aspern, d’un Duroc à Bautzen, d’un Bessières à Weissenfels : lui est confiée une destinée d’exception. Muiron, cet être aérien qui s’est sacrifié pour lui, il en parle comme d’un autre lui-même. L’intermédiaire de son « dialogue avec l’invisible », dit Jean-Marie Rouart…
 
- Peut-on dire que Napoléon a un rapport très particulier à la mort ?
- Pendant la Campagne de France, il charge des Cosaques à la tête d’une poignée d’officiers. Napoléon cherche la mort comme César à Munda. Dans une fiole, le poison que lui a préparé en Russie son chirurgien Yvan : laudanum, ellébore blanc, belladone. En pleine nuit, à Fontainebleau, il porte le poison à ses lèvres. En vain. Il survit à son agonie. « Je vivrai, puisque la mort ne veut pas plus de moi dans mon lit que sur le champ de bataille. Il y aura aussi du courage à supporter la vie après de tels événements. J’écrirai l’histoire des braves… ». À Sainte-Hélène, il regrettera de ne pas être mort à Waterloo…
 
- Comment s’est construit le mythe Napoléon ?
- À Sainte-Hélène… Pour Chateaubriand, « Vivant, il a manqué le monde, mort, il le possède » !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.




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