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Michel Luccioni, une carrière « plus près des étoiles »


Julia Sereni le Mercredi 7 Juillet 2021 à 18:26

Photographe, Michel Luccioni a couvert les plus folles soirées tropéziennes des années 70, mais aussi les faits divers du Sud-Est et de la Corse. Malgré la retraite, il est toujours partant, et collabore avec plusieurs titres, dont CNI. Il publie « Plus près des étoiles », un recueil de 45 clichés de stars qu’il a côtoyées durant sa carrière et sera en dédicace vendredi 9 juillet, à la librairie La Marge à Ajaccio, de 16 heures à 19 heures.



Michel Luccioni et son dernier ouvrage "Plus près des étoiles". Il sera en dédicace vendredi 9 juillet, à la librairie La Marge à Ajaccio, de 16 heures à 19 heures
Michel Luccioni et son dernier ouvrage "Plus près des étoiles". Il sera en dédicace vendredi 9 juillet, à la librairie La Marge à Ajaccio, de 16 heures à 19 heures
Sac au dos et allure fringante, on ne dirait pas, mais Michel Luccioni peut se targuer d’avoir cinquante ans de photo derrière lui. Un décompte qui ne lui plairait pas vraiment. Il préfère faire celui des illustres visages immortalisés sous son objectif. Dalida, Johnny Hallyday, Claude Brasseur, Juliette Gréco, Tino Rossi, Louis de Funès. Pour certains, devenus des proches. Comme Brigitte Bardot, qui a préfacé son dernier livre, « Plus près des étoiles », un recueil de 45 photographies sorti en décembre, éditions Clémentine. Dans les années 80, elle l’invite à diner, chez elle, à la Madrague. « Tu pourras te vanter que Bardot t’a fait des pâtes ! » lui lancera t-elle. C’est le début d’une amitié de trente ans.
 
Un parcours inattendu pour ce fils d’un sous-officier de la Marine, né à Toulon, mais originaire de Loreto-di-Casinca par sa mère, Bisinchi par son père. Rien ne le prédestinait à la photographie. Si ce n’est un certain regard, repéré très tôt. En troisième, une rédaction banale, sur le thème de la pluie. Les autres détestent, pas lui. « J’avais dit, il y a des reflets, des choses qui brillent avec la pluie. Ça avait beaucoup surpris la professeur et je m’étais fait un peu moquer par les autres élèves. » se souvient-il.

Des nuits tropéziennes aux faits divers

Pas très bon à l’école, il la quitte aux portes du baccalauréat et démarre un apprentissage photo, en 1969. Trois ans plus tard, il se fait embaucher dans un laboratoire de développement couleur. « C’était très novateur à l’époque ». En 1974, après un an de service militaire, un ami le prévient que Var-Martin recherche quelqu’un qui sait développer. Il est engagé comme « photographe laborantin ». Il travaille d’abord à Toulon, puis à Hyères et à Saint-Tropez. Le photographe est chargé de couvrir les folles nuits de ce petit port varois devenu repaire des stars. Les artistes lui font confiance. « Ma petite gueule, avec mes cheveux longs, ça passait bien ». En 1979, nouveau départ : il quitte Var Matin pour rejoindre la rédaction de Nice-Matin. Il y restera 40 ans.
 
Parmi ses plus gros « coups », des faits divers. « Les pompiers nous laissaient monter avec eux dans les engins, et les flics nous ouvraient les scènes de crimes. C’était une autre époque ». Michel Luccioni est de tous les évènements, en quête de « la » photo. Un rythme effréné, grisant, peu compatible avec une vie de famille. « À mon époque, on ne faisait pas trop cas de la vie privée, il fallait être sur le terrain en permanence. »

« Toutes les photos ont une histoire »

En 1993, Michel Luccioni s’établit en Corse. Un retour aux sources en plusieurs étapes, chez Corse-Matin. D’abord un poste à Bastia, jusqu’en juillet 1996, puis Porto-Vecchio, et, enfin en 1999, Ajaccio. Dix ans s’écoulent et c’est - déjà ! l’heure de la retraite. Un coup d’arrêt qui ne suffit pas à éteindre sa passion : depuis, il travaille en indépendant pour plusieurs titres et agences, comme Corse Net Infos, Crystal Pictures et Icon Sport.
 
Après ce demi-siècle de clichés, on a envie de lui demander : « Et s’il ne devait en rester qu’un ? ». Cruel dilemme. « Toutes les photos ont une histoire » répond, diplomate, Michel Luccioni. « Mais je dirais celle d’Aragon. Il m’a ouvert le champ des possibles intellectuellement. Je n’étais pas branché lecture mais ma curiosité a fait que je me suis pris au jeu et c’est ça qui a déclenché toute ma démarche intellectuelle ». C’était en 1979. Quelques années plus tard, le 5 août 1982, il l’immortalise assis dans le hall de sa résidence d’été du Cap-Brun, costume blanc et chapeau assorti. La dernière photo du poète, qui mourra en décembre.
 
Parfois, Michel Luccioni se dit qu’il en a marre. Qu’il préfèrerait être au golf - son autre passion. Qu’il ne comprend plus vraiment « le monde d’aujourd’hui ». Celui du tout numérique, lui qui a connu la poésie de l’argentique. Mais chaque fois, quand le téléphone sonne, il remet son sac à dos sur l’épaule. Et il repart.














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