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Clémentines corses : une récolte 2026 à l'épreuve de la chaleur


Christophe Giudicelli le Mercredi 4 Novembre 2026 à 18:50

Les premières clémentines corses arrivent sur les étals, mais les températures anormalement élevées compliquent la récolte. Claire Falcucci, agrumicultrice à Vescovato, revient sur les difficultés de cette campagne 2026 et les défis auxquels la filière doit faire face pour maintenir la qualité de ses fruits.



Clémentines corses : une récolte 2026 à l'épreuve de la chaleur
Clémentines corses : une récolte 2026 à l'épreuve de la chaleur
Les premières clémentines viennent d’arriver sur nos tables en cette fin du mois d’octobre. Si le fruit star de la Corse est, comme chaque automne, au rendez-vous, sécheresse et fortes chaleurs ont donné cette année du fil à retordre aux producteurs insulaires qui viennent de débuter la récolte : « Si gustativement on est bon, sur la logistique et l’organisation, c’est plus compliqué », explique Claire Falcucci, productrice de clémentines dans la plaine de Vescovato, qui explique dans un premier temps « s’être battue tout l’été pour avoir la meilleure qualité. C’est une année vraiment exceptionnelle. Il y a des arbres qui ont stressé, surtout en septembre. On a eu peur de ne pas pouvoir continuer l’irrigation et du taux de jus dans les fruits ».

Si la qualité est au rendez-vous, les problèmes persistent durant cette campagne 2026 : « On a des chaleurs diffuses et continues, anormalement hautes pour la saison. Il fait 24 degrés dans les champs fin octobre, alors que les normales sont à 18 », indique l'agricultrice qui précise que ces températures viennent perturber le calendrier dans les vergers : « Au niveau de l’acidité et du sucre, on est prêts, mais la coloration est plus lente et aléatoire. Notre cahier des charges nous demande d’avoir le “petit cul vert”, c’est plus difficile ».

Sur son exploitation, l’agrumicultrice est obligée d’adapter son calendrier de récolte : « J’ai débuté le 13 octobre, mais notre variété précoce n’est pas terminée », explique celle qui guette chaque jour la coloration de ses fruits : « On ramasse en moyenne 25 tonnes de clémentines par hectare en deux ou trois passages. Cette année, on va arriver jusqu’à cinq passages pour avoir des fruits conformes à la coloration imposée par l’IGP ».

Économiquement, cette situation aura un impact : « On mutualise moins bien les équipes. Sur cinq jours de travail, au lieu de cinq jours de récolte, on en a trois et demi ou quatre, alors qu’on les a recrutées pour ça ». Concernant le rendement, Claire Falcucci annonce qu’il y aura une baisse de la production, mais qu’il est « encore trop tôt pour la quantifier ». « C’est à la fin du bal que l’on paye les musiciens », glisse-t-elle.

Mais ce qui l’inquiète, ce n’est pas cette année. L’expérience acquise par les agrumiculteurs corses au fil des années permet de gérer ce genre de situation, mais plutôt « l’impact sur le long terme » et le manque de visibilité. Pour l’agrumicultrice de Vescovato, le plus important est de tout faire pour garder la qualité de la clémentine corse, qui en fait son atout premier : « Les cahiers des charges doivent s’adapter à nos pratiques et conserver nos qualités et notre excellence par rapport à nos contraintes. Il faudra qu’on apprenne de ces nouvelles variables et que l’on trouve des solutions pour réussir à s’adapter à ces changements et les intégrer à nos cahiers des charges pour que la clémentine reste ce produit unique ».