"Je pointe un manque de civisme d'une minorité de personnes qui déposent leurs déchets devant les points de collecte et qui ne prennent pas la peine de mettre leurs détritus dans les conteneurs. Ils ne font pas le tri, alors que la ville offre toutes les structures nécessaires pour cela. Nous avons une déchetterie fonctionnelle gérée par le SYVADEC. Au lieu de ça, ils entassent tous leurs déchets dans d'immenses sacs de 100 litres qui ne rentrent évidemment pas dans les bacs des points de collecte. Ça fait trop longtemps que ça dure", s'agace-t-il, quelques heures après la réunion, en songeant sérieusement à interdire l'usage de sacs plastiques de cette contenance.
Ainsi, le maire est clair. Le communiqué partagé constitue le dernier avertissement, avant la verbalisation. "Si la situation ne s'améliore pas rapidement, nous allons passer à la verbalisation, pouvant aller jusqu'à 1 500 €. L'état des faits est d'autant plus rageant qu'une petite poignée de personnes suffit à anéantir les efforts significatifs des autres administrés. Et visiblement, la sanction est la seule solution", déplore Jean-Charles Orsucci.
Cette initiative est d'autant plus à craindre que, grâce à un système de vidéo-surveillance installé aux quatre coins de Bonifacio, l'élu est tout à fait en mesure d'identifier les auteurs de ces actes. Et, surprise, il s'agit majoritairement de riverains, et plus particulièrement de commerçants. "Même si le pic de ce manque de civisme a lieu en saison estivale, en raison de l'activité économique, ce ne sont pas les touristes qui sont à l'origine de ce trouble", tient-il à préciser.
"Je ne savais pas qu'il fallait faire le tri"
Pour justifier cette négligence, certains commerçants préfèrent jouer la carte de l'ignorance. De quoi horrifier Jean-Charles Orsucci : "Comment, en 2024, on peut encore me dire : 'Je ne savais pas qu'il fallait faire le tri.' Avec l'ensemble des campagnes menées par la ville (communiqués sur les réseaux sociaux et par voie de presse, tracts…), tout le monde est informé."
D'autres, pointent la taille de leurs locaux, trop exigus pour accueillir les bacs de tris (cartons, plastique et verre). Une défense inentendable pour le maire. "Cette excuse trouve ses limites, parce que si l'on n'est pas en mesure de garder trop de déchets, il faut adapter les proportions d'accueil. Ou alors, il faut aller plus régulièrement aux points de collecte, ce n'est pas plus compliqué. Il n'y a plus d'excuses", dénonce-t-il.
Afin de pallier ce problème, la mairie a récemment mené des travaux – à proximité de la Mairie, avenue de la Carotola, et compte poursuivre ses actions. Comment ? En proposant de l'aide aux commerçants grâce à un système de porte-à-porte. "L'idée est la suivante : un petit camion passe dans l'après-midi devant chaque établissement pour collecter le verre ou le carton des restaurants, des bars et des boutiques, évitant aux commerçants d'avoir à se déplacer", annonce le maire. Une manière efficace de supprimer l'amoncellement des déchets devant des conteneurs vides tout en assurant un tri sélectif systématique.