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Bastia - Le RN fait son entrée au conseil municipal avec Michel Bruschini


Christophe Giudicelli le Dimanche 29 Mars 2026 à 09:31

Ce 28 mars, Michel Bruschini est devenu le premier élu du Rassemblement National à faire son entrée au conseil municipal de Bastia. Élu sur la liste d’opposition « Populu di Bastia » menée par Nicolas Battini, qui a décroché trois sièges, il entend porter la voix des quartiers sud et défendre les idées du parti d'extrême droite.



Les 3 élus de "Populu di Bastia. Michel Bruschini est au centre (Photo Gérard Baldocchi)
Les 3 élus de "Populu di Bastia. Michel Bruschini est au centre (Photo Gérard Baldocchi)
- Vous êtes in militant historique du parti et le premier élu RN à siéger au conseil municipal de Bastia, ça vous inspire quoi ?
- Une très grande fierté. Je suis le premier à entrer au conseil municipal à Bastia. L’alliance avec Mossa Palatina de Nicolas Battini a été fructueuse. Je remercie tous les électeurs qui ont fait le choix de nous emmener au conseil municipal de Bastia.


- Selon vous votre présence sur les bancs du conseil municipal n’est donc pas un hasard ?
- On a vu la vague « bleu marine » et ses alliés dans de nombreux conseils municipaux. On l’a vu avec Éric Ciotti à Nice, à Marseille aussi. On prend une soixantaine de villes. On entre aussi au conseil municipal d’Ajaccio. Ce n’est pas un hasard : les gens commencent à plébisciter nos idées et cela se concrétise dans les urnes.


- 25 ans que vous vous présentez aux élections. Est-ce l’aboutissement d’un combat politique ?
- Bien entendu. Il y a d’autres personnes qui ont été écartées et milité plus longtemps que moi. C’étaient les prémices et ils n’ont jamais été élus dans les conseils municipaux. Là, on tranforme, enfin, l’essai.

- Malgré votre rôle d’opposant, comment les idées du Rassemblement National peuvent-elles influer sur la politique municipale ?
- Bien sûr que ça va être compliqué. Mais comme l’a dit Nicolas Battini : « nous serons le porte-parole de ces gens ». Gilles Simeoni a bien reconnu qu’il y avait un problème dans les quartiers sud dans son allocution. Maintenant, c’est à lui aussi d’écouter le peuple et de nous écouter, nous. Si nous sommes arrivés là, et qu’il n’arrive pas en tête dans les quartiers sud au second tour, c’est qu’il y a un problème. Il doit se saisir des questions : immigration, insécurité, logement, HLM. Il doit faire une politique pour les Bastiais.

- Dans son discours d’installation, Gilles Simeoni a avancé une première mesure pour les quartiers sud : un adjoint au maire dédié à ces quartiers. Satisfaisant pour vous ?
- Oui, on va avoir un interlocuteur. Et après les quartiers sud, ce seront les autres quartiers.


- Votre chef de groupe, Nicolas Battini, a expliqué : « une opposition constructive et en accord sur l’identité corse, mais ferme sur les questions d’immigration et des problématiques du quotidien ». Ça va être votre position tout au long de la mandature ?
- Évidemment, ça a été très bien résumé par Nicolas Battini. Nous allons proposer et voter des textes qui iront dans le bon sens. Mais après, nous allons être une opposition ferme sur l’immigration, l’écriture inclusive, l’attribution des logements sociaux. Si nous pouvons favoriser les Corses et les Français qui sont là depuis des années, nous allons le faire sans problème.


- Vous dites également que vous allez tirer la sonnette d’alarme sur les problématiques du quotidien ?
- Ma première élection, en 2004, quand j’étais à la rue Droite, je m’étais présenté comme conseiller général. Je m’étais présenté car, quand j’allais voir les adjoints, personne ne me répondait sur les sujets d’insalubrité, d’insécurité. Et j’avais remarqué qu’il n’y avait que le combat au niveau municipal ou du conseil général, à l’époque, qui faisait peur aux politiques. Ils voyaient la population se tourner vers quelqu’un d’autre. Faute de perdre leur siège, ils s’intéressaient à ces questions-là et on a eu une amélioration. Nous espérons être entendus, sinon aux prochaines élections ce sera une sanction.


- Le conseil municipal, c’est aussi une tribune pour vos idées et votre programme.
- Comme nous l’avons dit : « nous serons maire ou des opposants farouches ». Comme nous n’avons pas été élus, nous serons des opposants constructifs. Nous n’allons pas tout boycotter si des textes sont intéressants. Si des textes ne nous semblent pas aller dans le bon sens, nous voterons contre. Aussi, faire de chaque conseil municipal une tribune et en rendre compte à la population.

- La mairie de Bastia a été un marchepied pour les nationalistes. Est-ce que, du côté du RN, on espère la même chose ?
- Les prochaines élections vont donner le ton : ce seront les présidentielles. Ensuite, il y aura les législatives, mais aussi les sénatoriales. Et puis les régionales, qui vont apporter beaucoup de surprises.